Mercredi 12 avril 2006



A EUGÈNE DABIT

A MES POTES DU "THÉATRE EN TOILE"

 

 

 

 Il est vilain, il n'ira pas au paradis,

celui qui décède sans avoir réglé tous

ses comptes

Almanach des Bons-Enfants
 


Le monde est plein de gens qui se disent des raffinés et puis qui ne sont pas, je l'affirme, raffinés pour un sou. Moi, votre serviteur, je crois bien que moi, je suis un raffiné ! Tel quel ! Authentiquement raffiné. Jusqu'à ces derniers temps j'avais peine à l'admettre... Je résistais... Et puis un jour je me rendis... Tant pis !... Je suis tout de même un peu gêné par mon raffinement... Que va-t-on dire ? Prétendre ?... Insinuer ?...

Un raffiné valable, raffiné de droit, de coutume, officiel, d'habitude doit écrire au moins comme M. Gide, M. Vanderem, M. Benda, M. Duhamel, Mme Colette, Mme Fémina, Mme Valéry, les "Théâtres Français"... pâmer sur la nuance... Mallarmé, Bergson, Alain... troufignoliser l'adjectif... goncourtiser... merde ! enculagailler la moumouche, frénétiser l'Insignifiance, babiller ténu dans la pompe, plastroniser, cocoriquer dans les micros... Révéler mes "disques favoris" ... mes projets de conférences...

Je pourrais, je pourrais bien devenir aussi moi, un styliste véritable, un académique "pertinent". C'est une affaire de travail, une application de mois... peut-être d'années... On arrive à tout... comme dit le proverbe espagnol : "Beaucoup de vaseline, encore plus de patience, Eléphant encugule fourmi."

Mais je suis quand même trop vieux, trop avancé, trop salope sur la route maudite du raffinement spontané... après une dure carrière "de dur dans les durs" pour rebrousser maintenant chemin ! et puis venir me présenter à l'agrégation des dentelles !... Impossible ! Le drame est là. Comment je fus saisi étranglé d'émoi... par mon propre raffinement ? Voici les faits, les circonstances...

Je m'ouvrais tout récemment à un petit pote à moi, un bon petit médecin dans mon genre, en mieux, Léo Gutman, de ce goût de plus en plus vivace, prononcé, virulent, que dis-je, absolument despotique qui me venait pour les danseuses... Je lui demandais son avis... Qu'allais-je devenir ? moi, chargé de famille ! Je lui avouai toute ma passion ravageuse...

"Dans une jambe de danseuse le monde, ses ondes, tous ses rythmes, ses folies, ses vux sont inscrits !... Jamais écrits !... Le plus nuancé poème du monde !... émouvant ! Gutman ! Tout ! Le poème inouï, chaud et fragile comme une jambe de danseuse en mouvant équilibre est en ligne, Gutman mon ami, aux écoutes du plus grand secret, c'est Dieu ! C'est Dieu lui-même ! Tout simplement ! Voilà le fond de ma pensée ! A partir de la semaine prochaine, Gutman, après le terme... je ne veux plus travailler que pour les danseuses... Tout pour la danse ! Rien que pour la danse ! La vie les saisit, pures... les emporte... au moindre élan, je veux aller me perdre avec elles... toute la vie... frémissante... onduleuse... Gutman ! Elles m'appellent !... Je ne suis plus moi-même... Je me rends... Je veux pas qu'on me bascule dans l'infini !... à la source de tout... de toutes les ondes... La raison du monde est là... Pas ailleurs... Périr par la danseuse !... Je suis vieux, je vais crever bientôt... Je veux m'écrouler, m'effondrer, me dissiper, me vaporiser, tendre nuage... en arabesques... dans le néant... dans les fontaines du mirage... je veux périr par la plus belle... Je veux qu'elle souffle sur mon cœur... Il s'arrêtera de battre... Je te promets ! Fais en sorte Gutman que je me rapproche du danseuses !... Je veux bien calancher, tu sais, comme tout le monde... mais pas dans un vase de nuit... par une onde... par une belle onde... la plus dansante... la plus émue..."

Je savais à qui je m'adressais, Léo Gutman pouvait me comprendre... Confrère de haut parage, Gutman !... achalandé comme bien peu... quelles relations !... frayant dans tout le haut Paris... subtil, cavaleur, optimiste, insinuant, savant, fin comme l'ambre, connaissant plus de métrites, de véroles, de baronnes par le menu, de bismuthées, d'acidosiques, d'assassinats bien mondains, d'agonies truquées, de faux seins, d'ulcères douteux, de glandes inouïes, que vingt notaires, cinq Lacassagnes, dix-huit commissaires de police, quinze confesseurs. Au surplus et par lui-même, du cul comme trente-six flics, ce qui ne gâte rien et facilite énormément toute la compréhension des choses.

"Ah ! qu'il me réplique, Ferdinand, te voilà un nouveau vice ! tu veux lutiner les étoiles ? à ton âge ! c'est la pente fatale !... Tu n'as pas beaucoup d'argent... Comme tu serais plutôt repoussant... considérant ton physique.. Je te vois mal parti... Comme tu n'es pas distingué... Comme tes livres si grossiers, si sales, te feront sûrement bien du tort, le mieux serait de ne pas les montrer, encore moins que ta figure... Pour commencer je te présenterai anonyme... Ça ne te fait rien ?"

-- Ah ! Je me récriai, mais Gutman, je suis partisan ! Je m'en gafe énormément ! Je veux bien certes... Et même je préfère demeurer aux aguets... Les entrevoir ces adorables, abrité par quelque lourd rideau... Je ne tiens pas du tout à me montrer personnellement... Je voudrais seulement observer en très grand secret ces mignonnes "à la barre"... dans leurs exercices comme on admire à l'église les objets du culte... de très loin... Tout le monde ne communie pas !...

-- C'est cela... C'est cela même ! ne te montre pas ! T'as toujours une tête de satyre.. Les danseuses sont très effroyables... très facilement. Ce sont des oiseaux...

-- Tu crois ?... Tu crois ?...

-- Tout le monde le sait.

Gutman il ruisselle d'idées. Voici l'intermédiaire génial... Il a réfléchi...

-- Tu n'es pas poète des fois, dis donc ? par hasard ?... qu'il me demande à brûle-pourpoint

-- Tu me prends sans vert... (Je ne m'étais jamais à moi-même posé la question.) Poète ? que je dis... Poète ?... Poète comme M. Mallarmé ? Tristan Derème, Valéry, l'Exposition ? Victor Hugo ? Guernesey ? Waterloo ? Les Gorges du Gard ? Saint-Malo ? M. Lifar ?... Comme tout le Frente Popular ? Comme M. Bloch ? Maurice Rostand ? Poète enfin ?...

-- Oui ! Poète enfin !

-- Hum... Hum... C'est bien difficile à répondre... Mais en toute franchise, je ne crois pas... Ça se verrait... La critique me l'aurait dit...

-- Elle a pas dit ça la critique ?...

--Ah ! Pas du tout !... Elle a dit comme trésor de merde qu'on pouvait pas trouver beaucoup mieux... dans les deux hémisphères, à la ronde... que les gros livres à Ferdinand... Que c'était vraiment des vrais chiots... "Forcené, raidi, crispé, qu'ils ont écrit tous, dans une très volontaire obstination à créer le scandale verbal... Monsieur Céline nous dégoûte, nous fatigue, sans nous étonner... Un sous-Zola sans essor... Un pauvre imbécile maniaque de la vulgarité gratuite... une grossièreté plate et funèbre... M. Céline est un plagiaire des graffiti d'édicules... rien n'est plus artificiel, plus vain que sa perpétuelle recherche de l'ignoble... même un fou s'en serait lassé... M. Céline n'est même pas fou... Cet hystérique est un malin... Il spécule sur toute la niaiserie, la jobardise des esthètes... factice, tordu au possible son style est un écurement, une perversion, une outrance affligeante et morne. Aucune lueur dans cet égout !... pas la moindre accalmie... la moindre fleurette poétique... Il faut être un snob "tout en bronze" pour résister à deux pages de cette lecture forcenée... Il faut plaindre de tout cœur, les malheureux courriéristes obligés (le devoir professionnel !) de parcourir, avec quelle peine ! de telles étendues d'ordures !... Lecteurs ! Lecteurs !... Gardez-vous bien d'acheter un seul livre de ce cochon ! Vous êtes prévenus ! Vous auriez tout à regretter ! Votre argent ! Votre temps !… et puis un extraordinaire dégoût, définitif peut-être pour toute la littérature !... Acheter un livre de M. Céline au moment où tant de nos auteurs, de grands, nerveux et loyaux talents, honneur de notre langue (la plus belle de toutes) pleinement en possession de leur plus belle maîtrise, surabondamment doués, se morfondent, souffrent de la cruelle mévente ! (ils en savent quelque chose). Ce serait commettre une bien vilaine action, encourager le plus terne, le plus dégradant des "snobismes", la "Célinomanie", le culte des ordures plates... Ce serait poignarder dans un moment si grave pour tous nos Arts, nos Belles-Lettres Françaises !(les plus belles de toutes !)"

-- Ils ont dit tout ça les critiques ? Je n'avais pas tout lu, je ne reçois pas l'Argus.

-- Ah ! Mais dis donc ils se régalent ! Ils sont pas Juifs ? Qui c'est tes critiques ?...

-- Mais la fine fleur de la critique !... Tous les grands critiques français !... Ceux qui se décernent les Grands Prix!... "Monsieur, vous êtes un grand critique"... "Un jeune critique de grand talent !..."

-- Ce sont des cons ! Tous des sales cons, des Juifs ! Tous des ratés ! des suçons ! des outres ! ils ont chacun tué sous eux, au moins quinze ouvrages.. Ils se vengent... Ils crèvent... Ils dépitent... Pustulents !...

-- Ah ! Si j'étais camelot du roi... ventriloque... stalinien... Célineman rabineux... comme ils me trouveraient aimable... Si je rinçais tout simplement.. table, zinc ouverts... Les critiques se sont toujours inévitablement gourés.. leur élément c'est l'Erreur... Ils n'ont jamais fait autre chose dans le cours des temps historiques : se gourer... Par connerie ? Par jalousie ?... Les deux seuls plateaux de ces juges. La critique est un condé fameux des Juifs.. La grande vengeance des impuissants, mégalomanes, de tous les âges de décadence... Ils cadavérisent... La tyrannie sans risque, sans peine... Ce sont les ratés les plus rances qui décrètent le goût du jour !... Qui ne sait rien foutre, loupe toutes ses entreprises possède encore un merveilleux recours : Critique !... Trouvaille inouïe des temps modernes, plus aucun compte jamais à rendre. Critique ne relève que de son propre culot, de ses sales petites gardiens des plus fienteux égouts... Tout en ombres, baves, toxines, immondices, curées...

-- Un seul te découvre un petit peu d'intérêt...

-- Oui ?

-- Marsan.

-- Il en est mort.

-- Fernandez...

-- C'est un pote.

-- Et puis Sabord.

-- Je tremble pour sa vie ! mon parrain !...

-- Et puis Strowsky...

-- Il ne recommencera pas.

-- Et Daudet ?

-- Il te crache !

-- Serait-il Juif ?

-- Tout va mal !

Ce qu'il m'apprenait Gutman, tout d'un coup, sans préparation, me bouleversait de fond en comble...

-- Gutman ! Gutman ! Je t'ai offensé mon pauvre ! Je parie, avec tous ces "Juifs"... et ces "Juifs"...

--Rien ne m'offense de ta part... Rien ne me blesse Ferdinand ! Réponds plutôt à ma question... es-tu poète oui ou merde ?

-- Ah ! Léo, Léo, mon petit djibouk, pour m'en aller aux danseuses... je me ferai poète 1... C'est juré !... pour aller au déduit divin, je ferai de cette terre, de ce cadavre au fond des nuages, une étoile de première grandeur ! Je ne recule devant aucun miracle...

-- Alors vas-y ! ne parle plus ! au tapin ! saisis ta plume... Torche-moi un joli ballet, quelque chose de net et de fringant... j'irai le porter moi-même... à l'Opéra... M. Rouché est mon ami !... Moi-même !...

--Ah ! Ah ! je reste ébaubi... Vrai ? Vrai ?...

--Officiel !... Il fait tout ce que je lui demande...

-- Ah ! Léo... (je me jetai à ses genoux) Gutman ! Gutman ! mon vieux prépuce ! Tu m'exaltes ! Je vois le ciel ! La danse c'est le paradis !...

- Oui mais fais bien attention... Un poème !... Les danseuses sont difficiles... susceptibles... délicates...

-- Bluff de Juifs !... Imposteurs ! je me récrie !... Publicité !... Les valets sont devenus les maîtres ?... En quelle époque tombons-nous ? C'est grand pitié ! L'or salit tout ! Les veaux d'or ! Les Juifs sont à l'Opéra !... Théophile Gautier ! frémis ! sale hirsute. Tu serais viré avec Gisèle !... Il n'était pas Juif... déconnai-je.

-- Tu dis trop de mal...

-- Je jure ! je n'en dirai plus ! pour que mon ballet passe !

-- Tu te vantes comme un Juif, Ferdinand !... Mais attention ! pas d'ordures ! Tous les prétextes seront valables pour t'éliminer ! Ta presse est détestable... tu es vénal... perfide, faux, puant, retors, vulgaire, sourd et médisant!... Maintenant antisémite c'est complet ! C'est le comble !.. Opéra ! Temple de la Musique ! la Tradition !... les Précautions !... Beaucoup de délicatesse ! de l'envol certes ! mais point de violence !... de ces fatras répugnants... Mr. Rouché, le Directeur, est un homme de goût parfait... Souci du maintien de la sublimité des mélodies dans le Temple... Il ne me pardonnerait jamais de lui avoir recommandé quelque polissonnerie... d'avoir attiré son attention vénérable sur les fariboles d'un goujat... Ferdinand ! Sens et mesure !. . Charme... tendresse... tradition... mélodie... les vrais poèmes sont à ce prix... les danseuses !

La fièvre me vint... j'y cédai... Voici :

 

LA NAISSANCE UNE FÉE

Ballet en plusieurs actes

 

Epoque : Louis XV.

Lieu : Où l'on voudra.

Décor : Une clairière dans un bois, des rochers, une rivière dans le fond.

Action : Au lever du rideau, les petits esprits de la forêt dansent, sautent, virevoltent... C'est la ronde des lutins, des farfadets, des elfes... Leur chef est un lutin couronné, le Roi des Lutins agile, preste, toujours aux aguets... Ils jouent... saute-mouton... Avec eux, dans la ronde joyeuse... une biche frêle et timide... leur petite compagne... Et puis un gros compagnon, le gros hibou... Il danse aussi par ci, par là... mais tranquillement, un peu en retrait toujours... Il est le conseiller, le sage de la petite bande... toujours un peu boudeur... Le petit lapin est là aussi... avec son tambour... On entend les cris d'une bande joyeuse... Jeunes gens et jeunes filles... qui se rapprochent de la clairière... la première de ces jeunes filles apparaît entre les buissons : Evelyne... Une très belle, très joyeuse, très gaie, très étincelante jeune fille. Elle aperçoit tout juste le dernier des petits lutins... qui s'enfuient à l'approche... effrayés par les humains...

Les lutins disparaissent dans le bois... Evelyne fait signe à ses amis, de la rejoindre vite, dans la clairière... Vite ! Vite!... Elle fait signe qu'elle a vu les lutins danser dans la clairière... Les autres rient... incrédules... Ils sont nombreux, jeunes et beaux... garçons et filles... Ils dansent à leur tour dans la clairière... Jeux... Colin-maillard... Bouderies... Agaceries... L'un des garçons est plus particulièrement pressant... Il fait une cour ardente à Evelyne... C'est le Poète... Il est habillé en "poète"... Habit réséda, maillot collant... Cheveux blonds et bouclés... Rouleaux de poèmes sous son bras... C'est le fiancé d'Evelyne... Danses encore... Toujours danses joyeuses!..

 

2e Tableau :

Devant l'auberge du village... Le jour de la Foire... Groupes agités, affairés... bigarrés... Bateleurs, paysans, animaux, etc. Sous le grand porche de l'auberge, la vieille Karalik accroupie, dit la bonne aventure aux paysans, marchands. etc. La mère Karalik est une vieille gitane méchante... envieuse sorcière... Elle sait lire l'avenir dans les lignes de la main... Les villageois s'approchent. A droite... à gauche... les bateleurs font des tours... Orgues... musiciens... montreurs d'animaux... etc.

Evelyne et le poète suivis par toute la bande des jeunesses joyeuses débouchent en ce moment sur l'esplanade du marché... Leurs rires... leurs gambades font fuir les clients de la vieille Karalik... Son éventaire est renversé... la vieille Karalik maudit leur farandole. Elle jure... elle sacre... elle menace... les jeunes gens ripostent et se moquent d'elle... Et puis on se réconcilie un peu.. Les jeunes filles se rapprochent... Le Poète aussi... La vieille ne veut plus lire dans leurs mains... Elle est fâchée... vexée... Disputes encore... La vieille saisit alors la main d'Evelyne... Tous les autres se moquent de la vieille... lui font des grimaces... La vieille jette un sort à Evelyne... au Poète... A ce moment l'orage gronde... la pluie tombe... La foule se disperse... la ronde s'éparpille... Jeunes gens et villageois s'enfuient... rentrent chez eux... la vieille demeure seule sur la grande place du marché... elle est seule sous l'orage... elle ricane... elle danse les "maléfices"... Elle se moque des jeunes gens... elle mime leurs petites manières... leurs coquetteries... Leurs manèges amoureux... Elle danse en boitant la danse des sorcières"... La vieillesse méchante... tout autour de la scène... traversée d'éclairs et du vacarme de la foudre...

 

3e Tableau :

Le même endroit, encore devant l'auberge... Un autre jour de foire... Foule... Bateleurs, etc. Des grands panneaux décoratifs sont disposés sur les murs de l'auberge... d'autres devins racontent des histoires aux paysans... leur vantent et leur vendent des médicaments... boniments.

Dans les remous de cette foule... Une grande berline (8 chevaux) veut se frayer un chemin... Lourdement chargée... La foule veut empêcher la berline de passer... d'avancer... Des grappes de gamins se pendent aux portières... après les bagages... La grande berline penche alors et s'effondre d'un côté... Un essieu vient de se briser... La foule toute heureuse s'amuse de l'accident... (Cet accident survient juste devant l'auberge.) Le cocher de la berline dégringole rapidement de son siège... C'est un petit homme tout brun, tout pétulant, visage bistré sous son grand tricorne, sourcils, moustaches à la Méphisto... (Attention ! en réalité, c'est le Diable lui-même, travesti !)

Il va tout de suite trouver le gros hôtelier, surgi sur le seuil de sa porte, attiré par la grande rumeur... Très grands saluts réciproques... Aux portières de la berline... apparaissent vingt têtes charmantes, minois rieurs espiègles... bouclées... vingt jeunes filles en voyage... Figures animées... pétillantes, malicieuses... Elles veulent descendre à tout prix... Le petit cocher ne veut pas... leur défend bien... Quiproquo... La foule prend fait et cause... "Descendez !... Descendez !..." La foule se presse... s'agite... On ouvre la berline... "Descendez!" Sautent gracieusement sur le sol les vingt demoiselles (capelines de voyage, chacune un menu bagage, petite ombrelle... etc...) A peine à terre, elles gloussent... s'échappent furtives... mutines... Le petit cocher Méphisto est débordé... Il jure... Il se démène... Il les rattrape dans la foule... Enfin, il peut rassembler sa troupe... mais la lourde berline ne peut plus rouler... Cassée !...

"Pressons, Mesdemoiselles !... pressons !"... Ayant enfin réuni, rassemblé à grand peine cette folle escorte, il sermonne ces demoiselles !... Il explique aussi au gros hôtelier qu'il est, lui, le responsable !... Qu'il est le maître ! Qu'on doit lui obéir !... Le "Maître des Ballets du Roi !" Il doit conduire sa mutine troupe au château voisin pour les fêtes du mariage du Prince !... Le Corps de Ballet ! Les petites font encore mille espiègleries... Tout heureuses de l'incident... Grand tohu-bohu... un cochon... un veau... traversent la scène... Le Maître de Ballet "Méphisto-cocher"... regroupe enfin ses danseuses ; les fait toutes ensemble pénétrer sous le porche de 'auberge... avec son fouet... Il referme derrière lui. cette lourde porte... "Assez ! assez !" La foule s'amuse de sa colère et de son comique désarroi... Ah ! Il est malin quand même !... Il sait bien ce qu'il fait le drôle !... Il est rusé !... Il feint la contrariété... La porte fermée la foule mécontente se disperse... Les épouses entraînent leurs maris... rétifs... Evelyne entraîne son poète... Les jeunes filles sont obligées de tirer un peu sur leurs prétendants... qui soupirent à présent après les danseuses entrevues...

D'ailleurs les hommes ne s'éloignent pas pour longtemps... A peine quelques secondes... Ils reviennent en scène les uns après les autres... (les hommes seulement) essayer de surprendre ce qui se passe à l'intérieur de l'auberge... Ils frappent à la porte... On ne répond plus... Ils essayent d'ouvrir la porte... Ils collent l'il au volet... Ils sont tous revenus là... Le poète, le gros magistrat, le notaire, le médecin, le professeur du collège, L'épicier, le maréchal ferrant, le gendarme, le général, tous les notables, les ouvriers, le croquemort même... On entend une musique de danse... qui vient de l'intérieur de l'auberge... Ils voient par des trous les curieux... Ils miment en cadence en "petits pas" ce qu'ils aperçoivent... Les demoiselles du Ballet sont en train de répéter une figure dans l'intérieur de l'Auberge...

 

4e Tableau :

 

Obscurité d'abord... pendant que les notables évacuent la scène... Le mur antérieur de l'auberge est soulevé... on voit donc à présent la grande salle de l'auberge à l'intérieur... convertie pour la circonstance en studio de danse... Le petit maître de ballet ne veut pas de paresseuses. Il presse ses élèves. Il fait reculer les chaises le long du mur... les tables... Il ordonne qu'elles se mettent toutes en tenue de ballet... Elles se déshabillent... toutes... lentement... Les voici prêtes pour la leçon... Il sort son petit violon de sa poche... Barre... Positions... Entrechats... Ensembles... Badines !... Variations... Il fustige, il mène la danse...

On voit pendant ce temps par un pan coupé à droite que les gros notables sont revenus peur épier... de l'extérieur... Ils se rincent l'il... Ils s'excitent... Scandale des épouses qui essayent de les arracher des persiennes. Ils se trémoussent comiquement les notables, se déhanchent... Ils s'écrabouillent aux fenêtres... Mais l'un d'eux, le gros magistrat d'abord, entre-bâille une. porte dérobée... Il se glisse dans l'intérieur de l'auberge. Le voici dans la pièce tout ravi... tout émerveillé !... Les petites font les effarouchées... Le diable les rassure... "Entrez.... Entrez donc..." invite-t-il le magistrat... Il l'installe dans un fauteuil bien commodément près du mur... qu'il ne perde pas un détail de la belle leçon. Par la même porte le médecin se glisse... Même accueil... le facteur, le notaire, le général... Tous bientôt s'infiltrent un par un... Ils sont installés... sous le charme de la danse et des danseuses... Tous les "représentants" des grands et petits métiers... et les notables hypnotisés par la leçon... Ils miment les gestes, les positions, les arabesques... les variations... Le diable est ravi... Le poète arrive enfin le dernier... Il est bientôt le plus exalté de tous ! Il en oublie son Evelyne... Il fait une déclaration brûlante à la première danseuse... Il ne veut plus la quitter... Il lui dédie tout de suite un magnifique poème...


5e Tableau :

A nouveau devant l'auberge... Le carrosse est à présent réparé... On l'amène devant la porte... Tout est prêt pour le départ... Le gros hôtelier salue le diable-cocher-maître de ballet. Celui-ci précède sa fraîche pépiante troupe... On amène les bagages... La foule se reforme autour de la lourde berline. On vient voir ce départ !... Les danseuses en voiture !... Mais les notables... juge, poète, médecin, etc... ne peuvent se résoudre à quitter les danseuses... Ils sont tous ensorcelés... ni plus ni moins !... Leurs épouses pourtant mènent gros vacarme... Ils prennent aussi d'assaut la voiture... Le scandale est à son comble ! On n'a jamais vu chose pareille ! Tous les époux, d'un coup ! oublier tous leurs devoirs !... La honte !... Elles essayent de retenir leurs maris... Mais en vain... Elles s'accrochent après les bagages ! aux portières ! aux courroies !... n'importe où !... Les époux grimpent sur le toit de la berline... escaladent... la lourde voiture... On démarre... Le Poète s'arrache aux bras d'Evelyne... Il court après la voiture... après l'"Etoile"...

La voiture déjà loin.... grande colère, grand dépit des épouses... Haines !... vengeances !... poings crispés... anathèmes !... Karalik la vieille sorcière mène, attise la furie... Et puis toutes les épouses évacuent la scène... Reste seule Evelyne en scène dans la pénombre... Elle s'éloigne à son tour toute triste... Elle est accablée... chagrine. Elle ne maudit personne... elle va se suicider... elle n'en peut plus !


6e Tableau :

Dans la clairière comme au premier tableau... Evelyne entre seule, de plus en plus douloureuse et désespérée... Elle traverse doucement... vers la rivière. Elle pense à la Mort... Entrent les Anges de la Mort... en voiles noirs... Danse de la Mort... les anges entourent... bercent Evelyne... Elle essaye de danser... Elle ne peut plus... Elle défaille... Lents mouvements de regret et d'abandon... au bord de l'eau...

La Mort entre aussi... elle-même danse... elle fascine Evelyne, l'oblige à danser...

A ce moment, un homme, un chasseur traverse toute la scène... Il cherche... il fouille les taillis... Les Anges de la Mort s'enfuient à son approche... Evelyne reste seule sur un rocher, accablée... Le chasseur repasse encore... plusieurs chasseurs... Puis une biche traverse vivement... La biche amie... compagne des petits esprits de la forêt... Elle est poursuivie par les chasseurs... Elle repasse... elle est touchée... une flèche au flanc... du sang... elle s'écroule juste aux pieds d'Evelyne... Evelyne se penche sur la biche... l'emporte... la cache derrière le rocher, sur un lit de mousse

Le chasseur revient sur ses pas... demande à Evelyne si elle n'a rien vu ?... une biche blessée ?... Non !... Elle n'a rien vu... Les chasseurs s'éloignent... Evelyne trempe son voile dans l'eau fraîche... panse la blessure de la biche...

Les petits esprits de la forêt surgissent du bois... fêtent, embrassent Evelyne qui vient de sauver leur petite amie la biche... Reconnaissance... Mais Evelyne n'est pas en train du tout de se réjouir... Elle leur fait part de son désespoir... L'abandon du Poète... Elle ne peut plus vivre... elle ne veut plus vivre... La funeste résolution !... sauter dans la rivière... Les petits esprits protestent... se récrient... s'insurgent... Elle ? Mourir ?... Ah non !... Elle doit demeurer avec ses petits amis... Pourquoi tant de chagrin ?... Elle explique... que le poète a suivi la merveilleuse danseuse... séduit... désormais... sans défense... Evelyne n'a pas su le retenir Comment rivaliser ? C'en est trop !... "Qu'à cela ne tienne ! Danser ?... s'esclaffent les petits esprits... Danser ?... Mais nous allons t'apprendre ! Nous !... Et tu danseras mieux qu'aucune autre danseuse sur terre !... Tiens !... Veux-tu que nous te montrions ?... Veux-tu apprendre les Grands secrets de la Danse ?..." Le petit roi des esprits appelle, invoque, commande les esprits de la Danse... D'abord la "Feuille au Vent"... Danse de la Feuille au Vent... Evelyne chaque fois danse avec l'esprit invoqué... de mieux en mieux... Le "Tourbillon des Feuilles"... "L'Automne"... le "Feu follet"... "Zéphir" lui-même... les "Buées ondoyantes"... la "Brise matinale"... la "Lumière des sous-bois"... etc. Evelyne danse de mieux en mieux !...

Enfin l'un des esprits fait cadeau à Evelyne d'un "Roseau d'Or" qu'il va cueillir sur la berge ; le roseau magique!... Evelyne fixe à son corsage le joli roseau d'or... Elle danse à présent divinement... C'est exact... Tous les petits esprits de la forêt accourent pour l'admirer... Ah ! elle peut retourner vers la vie !... Elle n'a plus à craindre de rivale... Adieux reconnaissants, grande émotion, touchantes effusions... Evelyne quitte ses petits amis pour rejoindre son fiancé volage... Elle quitte la clairière sur les "pointes"... Les petits amis de loin lui envoient mille baisers et tous leurs vux de bonheur !...


7e Tableau :

Encore une fois devant l'auberge...

Evelyne est tout de même un peu désemparée avec son "roseau d'or"... Comment retrouver son fiancé ?... Elle ne connaît pas le chemin... Où peut-il être ?... Elle questionne... elle cherche... Personne ne sait... Puisqu'il s'agit d'une affaire diabolique, elle va s'informer auprès de Karalik la vieille sorcière, si venimeuse, si méchante... Elle doit savoir elle !... Confiante, Evelyne lui explique... ce qui lui est arrivé... Mais qu'elle danse à présent à merveille... "Vraiment ?... vraiment ?... fais-moi voir !..." Evelyne danse quelques pas... C'est exact !... Karalik est étonnée... Elle ameute aussitôt tous les tziganes de sa tribu... Les femmes et les paysans aussi... ils entourent Evelyne... qu'elle danse ! qu'on l'admire !... Evelyne danse... Le charme est infiniment puissant... Irrésistible ! Immédiat !... Les hommes sont tous aussitôt séduits... Les tziganes surtout... L'un d'eux se détache du groupe... Il vient danser avec Evelyne... L'effleure... Il est envoûté... La vieille Karalik, dans la foule pendant ce temps attise la jalousie des femmes... "Tu vois !... Tu vois !... Elle possède le "charme" à présent... Le Grand secret de la danse !... Elle va te prendre ton homme !... Défends-toi gitane !..." Elle force un poignard dans la main d'une des épouses, la femme du tzigane qui danse avec Evelyne à ce moment... Evelyne ne prend garde... Elle est poignardée en plein dos... Evelyne s'écroule... la foule se disperse... Horrible ! Le corps d'Evelyne reste en scène... Morte ! Un pinceau de lumière sur le cadavre... La scène toute noire... Un petit ramoneur s'écoule ainsi... en musique douce... Et puis doucement... l'on voit surgir de l'ombre... un... deux... trois petits esprits de la forêt... Trois... quatre... la biche... la gazelle... les elfes..., le feu-follet... le gros hibou... Conciliabule alarmé... désolé... pathétique des petits esprits de la forêt... Ils arrachent le grand couteau de la plaie... Il essaye de ranimer la pauvre Evelyne... Rien à faire !...

Le petit Roi des elfes est plus désespéré que tous les autres petits "esprits" encore... Il discute avec le gros hibou... lui le sage de la tribu... Elle est bien morte Evelyne... C'est la faute du "roseau d'or"... Elle dansait trop bien pour une vivante... trop bien... posséder un tel charme vous fait trop haïr des vivants !... Faire naître trop de jalousie vous fait tuer très certainement !... Comment faire ?... Le gros hibou a une idée...

Dans la Légende il est écrit... (dans la légende de la Forêt) que si l'on répand trois gouttes de Clair de Lune sur le front d'une vierge morte amoureuse, celle-ci peut ressusciter à l'état de fée...

Les gouttes de Lune sont les gouttes de rosée nocturne qui se trouvent au rebord de certaines orties..., et qui ont subi le rayonnement de certaines phases de la Lune... Hibou connaît dans la forêt certaine araignée "croisade" qui collectionne dans sa toile certaines gouttes de ce cru de Lune rarissime....

Il part à la recherche de l'araignée... Danse d'espoir des petits esprits de la forêt autour du cadavre... Hibou revient avec l'araignée qui presse dans les plis de son ventre une minuscule fiole pleine de "Gouttes de Lune"... Elle verse trois gouttes sur le front d'Evelyne qui reprend tout doucement connaissance Joie des petits esprits...

"Où suis-je ?... Qui suis-je ?" demande Evelyne.

"Tu es notre petite fée Evelyne !..."

"Mais je suis bien vivante ?..."

"Non... tu ne peux plus retourner parmi les vivants... Tu restes avec nous désormais... Tu es devenue Fée..."

"Oh ! Comme je suis légère !... Légère comme un souffle... Comme je danse à présent ! Encore mieux !..."

Danse avec les petits esprits... et l'Araignée aussi... Mais le chagrin étreint malgré tout Evelyne... Elle n'a pas oublié tout à fait son poète... l'infidèle...

Ses petits amis sont bien navrés... la voyant encore un peu triste... Elle voudrait revoir son poète... Le délivrer des remords qui doivent à présent l'accabler... Le sauver de l'emprise de ces démones et du Diable... lui donner enfin cette dernière preuve d'affection... "Soit !... Bien !... Nous irons le voir tous ensemble ton poète... Tu te rendras compte par toi-même..." lui répondent les petits esprits... "Emmenons la méchante Karalik aussi... Elle connaît tous les chemins du vice... tous les itinéraires du diable... Elle peut nous être utile."

Ils partent à la queue leu-leu... Ribambelle des petits esprits, Evelyne et Karalik, à travers les taillis, plaines et buissons... à la recherche du château du diable... Ils passent devant le grand rideau... dansant à la file indienne... Craintes, espiègleries... effrois... etc...

 

8e Tableau :

L'intérieur du Château du Diable...

Beaucoup d'or... des flammes... des couleurs très vives... le petit diable-cocher-maître de ballet, est alors là, chez lui, habillé "nature" en démon véritable... Il préside une table fabuleusement servie... Fraises énormes... poires formidables... poulets comme des bufs... Tous les notables du village sont attablés... Le juge, le notaire, le général, le médecin... L'épicier aussi, le professeur. Entre chacun de ces damnés une danseuse... C'est-à-dire à présent une véritable démone... L'orgie bat son plein !... Tout en haut des marches un énorme Lucifer, lui-même tout en or... mange seul, des âmes toutes crues... à sa table, avec un couvert tout en or... Les âmes ont la forme de crieurs... Il les déchire à pleines dents... Il avale des bijoux aussi... Il sucre les coeurs avec des poudres de diamants... Il boit des larmes... etc... Le Poète est enchaîné à une petite table... Il déjeune aussi... mais il est enchaîné... La démone "première danseuse"... danse devant lui... pour lui... l'ensorcelle. Mais il ne peut jamais la toucher... l'atteindre. Il essaye... Il est au désespoir... Lucifer, en haut, se réjouit énormément de tout ce spectacle infâme... Il en veut toujours davantage... Qu'on se divertisse... Il commande au petit maître de ballet de faire danser tous ces damnés... au fouet. Tous dansent alors comme ils peuvent... chacun dans son genre... Le Juge avec ses condamnés... Le Juge bien rubicond, les condamnés bien maigres, avec leurs boulets et leurs chaînes... leurs femmes qui portent des rançons... Le vieil Avare danse avec les huissiers, avec les emprunteurs ruinés... Le Général avec les soldats morts à la guerre, hâves, avec les squelettes et les mutilés de la guerre, tout sanglants... Le Professeur avec ses élèves morveux, ses garnements les doigts dans le nez... les oreilles d'ânes... Le gros Souteneur avec ses putains et ses vicieuses et les fillettes... L'Epicier avec ses clients volés.... ses faux poids... ses fausses balances... Le Notaire avec les veuves ruinées... ses clients escroqués... Le Curé avec les bonnes surs volages et les petits clercs pédérastes... etc.

A ce moment, Karalik entr'ouvre la porte... elle entre... derrière elle, Evelyne et les petits esprits de la forêt... Surprise des démons... Lucifer n'est pas content... Il gronde... Il tonne... Eclairs... Il exige que ces intrus s'expliquent... Evelyne fait mine de vouloir délivrer le poète enchaîné... "Non ! Non ! Non !... défend Lucifer... qu'Evelyne danse !..." Les démones sont jalouses... Karalik montre à Lucifer qu'Evelyne possède le sortilège des Danses... Le roseau d'or !... Un démon va le lui arracher...

Alors Evelyne fait un geste... un seul... Signe magique !... et tout le château s'écroule !... et toute cette diablerie est dispersée... par un formidable ouragan... Nuit profonde...

Nous nous retrouvons dans la clairière comme au début... Evelyne a délivré le Poète... ses chaînes sont brisées... elles sont aux pieds d'Evelyne... Il implore son pardon... Evelyne pardonne. Il la supplie de ne plus jamais le quitter... qu'elle ne s'éloigne plus jamais... Mais elle ne peut plus demeurer avec lui... Elle est fée à présent... Elle appartient à ses petits amis de la forêt... Elle n'est plus humaine... Il l'embrasse... Il veut l'émouvoir... Mais elle demeure insensible... froide aux approches charnelles... Elle n'est plus que songe... esprit... désir... Elle est devenue fée... Le Poète est déçu... mais toujours amoureux... Pour toujours amoureux... davantage... toujours davantage... de son Evelyne devenue fée... Evelyne s'éloigne tout doucement, entraînée par ses petits amis... Elle disparaît... se dissipe... mousselines... de plus en plus épaisses vers le fond de la scène... devient de plus en plus irréelle... spirituelle... diaphane... Elle disparaît... prise par le flou du décor... mousselines... Le Poète est seul à présent... La vieille Karalik muée en crapaud ! saute, gigote, accompagnera désormais toujours le gracieux essaim des esprits moqueurs de la forêt...

Le Poète sur son rocher... au bord de l'eau... désolé... déroule son grand manuscrit... Il va chanter... il chantera toujours ses amours idéales, poétiques... impossibles... Toujours... toujours... Rideau.

                                                            * * *

On peut toujours dire tout ce que l'on veut sur tout ce que l'on vous présente... Il n'existe pas de critique en soi... C'est une farce la critique en soi. Il existe une critique bienveillante et puis l'autre, poisoneuse. Tout merde ou tout nougat. Question de partialité. Pour moi, je trouve ce divertissement féerique comico-tragique, fort bien venu. Il me satisfait et j'ai meilleur goût. moi tout seul, que toute la critique pantachiote et culacagneuse réunie, j'ai donc décidé, devançant tous commentaires, que mon ballet valait bien mieux, surpassait de loin tous les vieux thèmes... tous les dadas du répertoire... la cavalerie d'Opéra... Gisèle... Bagatelles... Petits Riens... les Lacs... Sylvia... Pas de chichis ! pas de mimique !... Examinez encore un peu l'agencement de toutes ces merveilles... Regardez de plus près l'article... C'est du travail cousu main... absolument authentique... tout s'y enchaîne... dans l'agrément, le charme... tourbillonne... se retrouve... Variantes... reprises... tout s'enlace... dans l'agrément... s'élance... s'échappe encore... Qui veut danser !...

D'abord le critique de moi-même, à partir d'aujourd'hui, c'est moi. Et ça suffit. Magnifiquement... Il faut que j'organise sans désemparer ma défense... Il faut que je devance les Juifs !... tous les Juifs ! racistes, sournois, bornés, frénétiques, maléfiques... Rien qu'eux... tout pour eux !... Toujours et partout ! J'ai prévenu tout de suite Gutman... Attention Léo !... Tais-toi... Sans commentaires ! Va porter ! Il en demeurait ébloui !

"Jamais ! jamais je n'aurais cru Ferdinand..." Il en restait tout rêveur, confondu ! Il l'a relu tout haut deux fois le poème ! Il découvrait le poète enfin !... Poète comme M. Galeries ! poète comme M. Barbès !... et Tino Rossi !... Comme M. Dupanloup !... les machines à sous !... Comme les petits oiseaux !... le chemin de fer de l'Ouest... J'étais poète à ses yeux !... Nous nous embrassâmes... Il a foncé dans les démarches... Je me couche.

Je l'attends comme ça un jour... puis deux... trois... dix... Je faisais déjà un peu la gueule... Le douzième jour il me revient... gêné. "M. Rouché a trouvé que c'était pas mal ton affaire, mais il demande la musique... en même temps... Il ne veut pas entendre parler d'un ballet, comme ça, sans musique !... Un musicien bien en cour..."

Voilà qui compliquait les choses... Bien en cour ? Bien en cour ? Je sursaute... Mais... -- Mais ce sont les Juifs bien en cour !... Exprime-toi clairement...

-- Tu dois aller les voir toi-même...

Je n'aime pas beaucoup tirer les cordons, j'ai fait énormément la "place", dans bien des endroits à Paris, pour placer toutes espèces d'articles... Ah ! je n'ai plus beaucoup d'entrain... Enfin foutre ! tans pis ! J'en ferai encore des démarches ! Je me ferais piler nom de Dieu !.., pour me rapprocher des danseuses... Je suis prêt à n'importe quoi !... Pour la danse ! Je souffrirai deux, trois morts de suite... Je me voyais déjà, il faut que j'avoue admirablement placé... Pour tout dire bien crûment, je mettais l'Evelyne, ma fée... d'une manière ! imaginaire !... j'anticipais !... j'anticipais !... Ah ! ce n'était qu'un trompeux rêve... Quel abîme de la coupe aux lèvres ! Foutre d'azur !... Courage ! Courage ! Gutman soufflait sa trompette... il nasille, quand il s'anime...

J'ai donc été rendre visite, l'un après l'autre, à tous les grands musiciens juifs... puisqu'ils tenaient toutes les avenues... Ils furent tous bien fraternels... tout à fait cordiaux... flatteurs au possible... seulement dans l'instant... occupés... surmenés... par ceci et puis par cela... au fond assez décourageants... évasifs. Ils me firent mille compliments... Mon poème pouvait se défendre certes... Mais cependant un peu long !... trop court peut-être ? trop doux ?... trop dur ?... trop classique ? Enfin tout ce qu'on bafouille pour se débarrasser d'une pelure... d'un foutu fâcheux... Je commençais à l'avoir sec... En rentrant, à mon tour, j'ai dévisagé fort curieusement Léo Gutman... Il m'attendait sur le palier.

-- Tu ne me judaïserais pas, dis donc, par hasard ?... Toi canaille ? comme ça tout à fait sourcilleux... Tu ne me
crosses pas avec des yites ?...

-- Ah ! Ferdinand, ce serait bien mal reconnaître...

-- Rien à faire à l'Opéra...

-- Ecoute j'ai l'idée d'autre chose... (il était jamais à court...)

-- Pour l'Exposition ?... la 37 ?... Ils vont donner des ballets ?

-- Vérité ?

-- Officiel !...

-- Des ballets de Paris ?...

 

Je recommence à respirer en entendant ces paroles...

-- Ah ! Ça tombe joliment pile, dis-donc, mon Léon... Moi je suis né à Courbevoie !... Et puis ensuite grandi sous cloche... dans le Passage Choiseul... (ça ne m'a pas rendu meilleur...) Alors tu te rends compte un peu ! si je la connais la capitale ?... C'est pas le Paris de mes vingt ans... C'est bien le Paris de mes six semaines, sans me forcer... Je ne suis pas arrivé du Cantal pour m'étourdir dans la Grande Roue !... J'avais humé tous les glaviots des plus peuplés quartiers du centre (ils venaient tous cracher dans le Passage) quand les grands "écrivains de Paris" couraient encore derrière leurs oies la paille au cul... Pour être de Paris... j'en suis bien !... Je peux mettre tout ça en valeur... Mon père est flamand, ma mère est bretonne... Elle s'appelle Guillou, lui Destouches...

-- Cache tout ça ! cache tout ça !... Ne va pas raconter ces horreurs... Tu nous ferais un tort énorme... Je vais tout te dire Ferdinand. L'Exposition des "Arts et Techniques" c'est l'exposition juive 1937... La grande youstricave 37. Tout le monde qu'on expose est juif... enfin tout ce qui compte... qui commande... Pas les staffeurs, les jardiniers, les déménageurs, les terrassiers, les forgerons, les mutilés, les gardes aux portes... Non ! les ramasseurs de mégots... les gardiens de latrines enfin... la frime... les biscotos... Non ! Mais tout ce qui ordonne... qui tranche... qui palpe... architectes, mon pote, grands ingénieurs, contractants, directeurs, tous youtres... parfaitement, demi, quart, de youtres... au pire francs-maçons !... Il faut que la France entière vienne admirer le génie youtre... se prosterne... saucissonne... juif !... trinque juif ! paye juif !... Ce sera l'Exposition la plus chère qu'on aura vue depuis toujours... Il faut que la France s'entraîne à crever toute pour, par les Juifs... et puis avec enthousiasme ! à plein coeur... à plein pot !...

Il disait tout ça pour de rire Gutman, question de me narguer... de se moquer un peu... Il m'imitait... Berger et Bergère...

-- Ça va... ça va !... te force pas... dis-moi seulement ce que tu veux... C'est la dernière chance que je te donne... avant la brouille... la haine au sang...

-- Tu vas Ferdinand, qu'il m'indique, me donner alors un véritable boulot, un petit ballet... absolument approprié aux fastes de l'Exposition...

-- Gigot !... que je fais, Gutman, je te prends au mot, pour le mot... Je te laisse pas sortir ! Je te le chie pile ! mon poème... entier ! sur le marbre !... Tu pourras livrer de suite... (Nous étions dans un café)

-- Garçon ! passez l'encre et la plume !...

J'allais pas encore me cailler... comme j'avais fait pour l'autre féerie... et puis que ça finisse en boudin... Je lui bâcle là en trois secousses... mon petit projet... j'avais le sujet tout mijoté... Je lui file en fouille le manuscrit, tout chaud... et je lui mande :

-- Gutman ! Saute ! Mais je te préviens... face de fausse gouine ! Fais attention ! Va pas me revenir encore bredouille!... Tu me fâcherais horriblement...

 

                                              VOYOU PAUL, BRAVE VIRGINIE

                                                        Ballet-Mime


Petit Prologue.

 

Le rideau représente sur toute la hauteur "Paul et Virginie", tableau romantique. Paul et Virginie gambadent gaiement dans un sentier bordé de hautes frondaisons tropicales... s'abritant sous une large feuille de bananier. Musique...

A ce moment, d'un côté de la scène, apparaît une très aimable et fraîche et mignonne commère en tutu, baguette frêle à la main... Elle s'avance jusqu'au milieu de la scène sur les pointes... tout doucement accompagnée en sourdine par la musique... Elle prévient très gentiment les spectateurs... "Certes ! il a couru bien des bruits sur Paul et sur Virginie... La vérité ? oh ! attention !... Tout ne fut pas raconté... Ils ne périrent ni l'un ni l'autre... ne furent noyés qu'un petit peu... au cours du terrible naufrage... Ils furent recueillis sur la rive... Vous allez voir juste comment et pourquoi... Sauvés en somme par miracle... C'est un fait ! toujours enlacés... toujours épris semble-t-il... mais il faudra bien qu'ils se réveillent... Comme il nous tarde de savoir..."

Sur ces mots... et toujours en musique et sur les pointes, la commère file dans la coulisse...

Alors le rideau se lève...

 

1er Tableau :

 

Un rivage... sable... des herbes... Au loin, des palmiers, des orangers. Mille fleurs éclatantes. Paysage tropical... Une tribu de sauvages est en pleine célébration d'une fête... tam-tam... musique... danses furieuses... lascives... puis saccadées... exaspérées... Une sorcière de la tribu, dans un coin, tient une espèce de comptoir : gris-gris, fioles, amulettes, poudres, près du tam-tam... Elle parcourt les rangs... dans la sarabande... femmes, enfants, hommes... tous les âges mêlés... Elle passe à boire aux danseurs... les oblige à boire quelques gouttes de son philtre... chaque fois qu'ils paraissent un peu languissants... épuisés... vite elle les requinque avec son breuvage... elle circule... gambade à travers les rangs avec sa fiole et ses gris-gris... qu'elle agite... elle surexcite le tam-tam. Elle pousse les femmes vers les hommes... les vierges vers les mâles... les petites filles... etc... Elle est le démon de la tribu...

Pendant que les scènes s'enchevêtrent... on voit au loin une petite voile se profiler à l'horizon... qui grandit... on entend mugir la tempête... Le vent... La sarabande des nègres redouble... bacchanale... en mesure avec les rafales... Le navire se rapproche... Il va s'éventrer sur les récifs... Grand émoi chez les sauvages... Ils vont chercher leurs javelots... les haches... prêts au pillage... La tribu entière se précipite vers l'endroit du naufrage... Ils reviennent bientôt avec le butin : barils... coffres... paquets divers... et puis deux corps enlacés... qu'ils déposent sur le sable... près du feu... Deux corps inanimés... Paul et Virginie... toujours enlacés...

Ces sauvages sont de bons sauvages... ils tentent de ranimer Paul et Virginie... Ils ne reviennent pas à la vie... La sorcière écarte la foule... Elle connaît un philtre... Elle leur verse son breuvage... entre les lèvres. Paul et Virginie reprennent conscience... peu à peu. Paul a bientôt complètement retrouvé les sens... Virginie est plus lente à se remettre... Emoi... angoisse... de Paul... Paul demande encore un peu de ce breuvage... Il est avide... La sorcière elle-même le met en garde : "Ce breuvage est d'une ardeur extrême..." Il porte aux sens... au délire ! Paul se lève... Il fait quelques pas sur la plage... Il se sent déjà beaucoup mieux. Ses yeux sont émerveillés... Il ne regarde plus Virginie... plus aussi épris semble-t-il... Mais Virginie se redresse aussi... l'enlace... Elle va mieux... Ils dansent ensemble... La ronde des bons sauvages les entoure... tout heureux d'avoir sauvé ces amoureux ! Paul veut encore boire de ce breuvage... mais Virginie se méfie... ce breuvage lui fait peur... La façon dont Paul lutine à présent les petites sauvageonnes ne lui plaît qu'à moitié... Paul se trouve agacé par cette réserve... cette pudibonderie. Virginie boude... Paul lui fait signe qu'elle l'embête... tout en dansant, frénétique !... Virginie va bouder un peu à l'écart... Première brouille !... Dépit de Virginie lorsque Paul de plus en plus endiablé conduit une farandole éperdue, générale, de tous les sauvages et se tient comme un voyou... Il boit à la régalade le philtre ardent. Encore !... et encore !... Virginie déjà ne le reconnaît plus...


La 2eme partie de "BAGATELLES POUR UN MASSACRE"

de LOUIS-FERDINAND CELINE est ICI

et ICI ses autres pamphlets.

Lundi 10 avril 2006


LOUIS–FERDINAND CÉLINE


L'ÉCOLE DES CADAVRES


8eme et dernière partie


Il se passera en Italie, en France, pour les youtres, exactement ce qui s’est passé pour la pseudo-antisepsie désastreuse. C’est facile à prévoir. Ces semblants de déjudaïsations, ces antisémitismes mitigés, mesurés, littéraires, à mots couverts, feutrés, ne donneront rien du tout.Si vous voulez dératiser un navire, dépunaiser votre maison, vous n’allez pas dératiser à demi, dépunaiser seulement votre premier étage ? Vous seriez certains d’être envahi dans un mois, par dix fois plus de rats, vingt fois plus de punaises. Les déjudaïsations à l’italienne, à la Maurras, à la circonlocution, ne me disent rien qui vaille. Ce ne sont que désinfections littéraires, non efficaces, irréelles. Je suis même persuadéqu’elles font aux Juifs beaucoup plus de bien que de mal. Toute l’histoire ancienne et contemporaine nous prouve que ces simulacres, ces semblantsd’action contre les Juifs réussissent admirablement ! Voyez les résultats ! [242] Deux qui sortent par la porte, trente-six mille rentrent par la fenêtre. Et les demi-juifs ? Pourquoi par les demi-microbes ? les quarts de microbes ? Il faut savoir ce que vous voulez. Vous voulez vous débarrasser des Juifs ou vous voulez qu’ils demeurent ? Si vous voulez vraiment vous débarrasser des Juifs, alors pas trente-six mille moyens, trente-six mille grimaces ! Le Racisme ! Les Juifs n’ont peur que du racisme. L’antisémitisme, ils s’en foutent.Ils peuvent toujours s’arranger avec l’antisémitisme. Le nationalisme est là pour un coup ! et le baptême donc ! Racisme ! Racisme ! Racisme ! Et pas qu’un petit peu, du bout des lèvres, mais intégralement ! absolument ! inexorablement ! comme la stérilisation Pasteur parfaite. Si vous voulez faire seulement joujou, lancez-vous tout de suite dans les “équitables dosages”, les judicieuses mesures, les nuances, l’antipersécutionnisme par exemple. Du coup vous pouvez être tranquilles, vous les garderez tous vos Juifs, mieux encore, tous leurs cousins, leurs connaissances, leurs relations, (et Dieu sait qu’ils en ont !) ne manqueront pas de vous rappliquer des quatre coins de l’Univers attirés par votre renommée libérale, viendront se blottir sous vos ailes, pour vous admirer de plus près, vous et votre si fine, lumineuse compréhension de la dialectique culturelle, des hauts devoirs humanitariens, de la fraternité pro-juive, de l’identité de tous les hommes dans le malheur. Vous serez gâtés ! Ah ! Vous ne serez pas l’ordure totale ! La brute indicible comme Hitler ! Pourquoi Maurras, je me demande, a-t-il peur du racisme ? Il a rien à craindre dans sesorigines ? Peut-être qu’il veut pas faire peur aux Juifs souscripteurs, aux “bons Juifs” ?Conclusion : Par les morales les plus rigides, les mesures les plus terrifiantes on n’arrive pas à grand’chose avec les hommes, mais par les demi faux-semblants, les demi-teintes, les faux-fuyants, qu’est-ce qu’on espère ? Autant bien mieux avouer tout de suite qu’on a rien envie de faire du tout, qu’on s’en fout. Ça serait plus simple, plus honnête. Et puis Amen nom de Dieu ! Et vive l’enfer du Talmud !

Rien de plus juif que la Pape actuel. De son véritable nom Isaac Ratisch. Le Vatican est unGhetto. Le Secrétaire d’État Pacelli, aussi Juif que le pape. L’Église est toujours prête à rebrûler Jeanne d’Arc. Trop heureuse ! L’Église, notre vieille sorcière judaïque, marchande de cierges…

Qui mange du Pape en meurt !

 Alexandre BORGIA

Le monde dans toute sa folie, suit malgré tout, d’assez près, les prédictions juives. Ça peut pas beaucoup nous surprendre puisque les Juifs sont les auteurs de toutes nos musiques, de toutes les danses dont la futile humanité trémousse, s’écartèle. C’est la moindre des chosesqu’ils s’y retrouvent dans les ritournelles du destin. Presque tout est advenu à peu près selon les présages depuis l’Égypte… Rien à dire, l’un dans l’autre, dans l’ensemble, ça colle. Jusqu’en 1940, c’est bien comme ils avaient prévu. Mais où ça ne va plus du tout, où la machine à prédire déglingue, cafouille, foire, déconne horriblement, où les Mages les plus déliés, les plus diserts, les plus surhumains pataugent, louvoyent, se noyent en furieux pataquès, c’est quand ils arrivent aux abords de l’année 1940. Alors, ça va plus du tout. On les comprend plus. Leur charabia s’épaissit, c’est la nuit. C’est plus qu’un ergotage horrible dans les rangs magiques. Ils nous laissent en panne devant les abîmes. Même Nostradamus, le prodige des Vaticinants, le youtre que pas grand’chose démonte (il avait prédit les Saturnales 93, jour pour jour, 300 ans d’avance) s’interrompt, chipote, esquive, désiste, bouffe sa chique. Les plus suprêmes superconscients du bout des siècles se débalonnent aux abords 1940. Rien ne va plus dans [245] l’extra-lucide. Tous les prémoniteurs s’étranglent. 1940 leur coupe le sifflet. L’au-delà 1940 pue les cataclysmes. Ça va trop mal pour qu’on en cause. Tous les voyants louchent ailleurs. Ils préfèrent. La mite les poisse… leur obstrue la divination… Ils se touchent… Ils tortillent… Ils refusent de remettre leurs besicles. La fête est finie. Pour moi, c’est la honte, c’est la chiasse qui les étreint, qui les poigne, qui les interdit… Ils gafent les Mages, (Ils sont tous aux Juifs), dans les horoscopes, les tarots, les marcs, salamandres, que ça sera un grand règlement 1940 ! Ils savent de quoi elle retourne l’Histoire, c’est eux qui l’ont engendrée, que c’est pitié infernale, démoniaque pitrerie, comme les Goyesse sont fait poirer, trucider, spolier, bénarer, hacher, foutriquer toujours et toujours par les Youtres, depuis le commencement des Âges ! La grande escroquerie masochisto-chrétienne, ils la connaissent dans tous les détours, tous les déclics, toutes les ficelles, tous les tréfonds des catacombes, depuis Moïse, depuis Pierre jusqu’à Belisha, de ghettos en ghettos… de cathédrales en Comitern… Tralala ! Je vous l’affirme ! (Des vents ? Des phrases ? Despauvres paroles ?) Boyaux vous-mêmes. Piteux ! Silence ! N’émettez plus ! Émissionscraintives ! Vents du bas ! Je vais vous les conclure moi les Mages ! Vous la remettre la clefdes mystères. Vous en ferez ce que vous voudrez !

« Pulsate et aperietur vobis ! » (Frappez et il vous sera ouvert ! Évangile St. Luc) Je peux pas me compromettre davantage. Je vais tout vous révéler ! Ce que l’on ne vous dit jamais, ne raconte jamais aux enfants. Ce n’est pas depuis hier, c’est bien depuis Charlemagne que tout va si mal en Europe. Depuis Charlemagne, nos carottes sont cuites, recuites, revenues, remises à bouillir au sang goye ! Depuis son fils, le Débonnaire, le débile, l’enviandé fameux, l’illuminé fait chrétien de foi la plus vive, celui des confessions publiques, le comprimé de contrition, de pieuserie, l’empereur bouleversé de remords, l’empereur [246] mortifié, confesseur de toutes ses indignités sur tous les parvis de l’empire. Un cadeau ! L’empereur dévotieux époux, servi ou éperdu de remords mystiques, fondant au possible… servi mollet, servi poreux, servi friable, servi cocu à sa terrible garce, Judith deBavière, l’épouse du démembrement, la fauve judaïque ! Louis le Débonnaire le pâlot ! Louis le Pénitent ! Louis l’Aryen ! tout du confesseux ! Et puis toute sa lignée des envoûtéspusillanimes, toute la kyrielle carolingienne, de plus en plus dévotieux, pâlots, superpénitents, mortifiés, humiliophiles… épongeogènes… torchecuteux… Charles le Chauve… Louis le Bègue… les rejetons de plus en plus gris… les rejetons verdâtres… de plus en plus confesseux… désastreux, délirants d’indignité, de torts, de fictions mortifiantes, de pénitences… de cilices, de manque de couilles… de couillettes… de plus en plus éplorés, déplorés, contrits, capitulants, scrupuleusement angoissés, trifouillants insatiables,inconsolables, de croquemitaineries ratichonnes, branleux excommuniants, mea culpins infinis de plus en plus chevrotants, affolés, de plus en plus éperdus, de plus en plus chauves, de plus en plus bègues. Ah ! Nous avons été soignés ! fignolés… Ah ! Nous fûmes joyeusement lancés dès les premiers siècles dans la belle carrière enculière des abnégations ! soumissions ! repliements ! holocaustes ! détachements ! docilités sublimes ! châtiments !châtiments ! abélardises ! joies sacrificielles ! massacres expiatoires ! Ah ! Nous avons été gâtés dès nos origines pour la pénitence ! la rage des pénitences ! Masochistes attendris pour tous aveux chrétiens ! Nous avons de qui tenir ! La joue ! deux joues ! Trente-six joues ! Tout le buffet ! Trente-six mille chandelles ! Vessies ! Vessies !Toutes les étoiles du ciel ne sont que les lanternes du Temple de notre connerie. La foi ! La foi ! Quelle foi de la merde ! Nous avons de qui tenir pour l’hébétude crédule ! Quel dressage ! La frénésie de souffrir ! Les descendants carolingiens n’ont su tout de suite comment dégénérer, crouler, renoncer davantage, s’émasculer encore un peu mieux, ramper encore un peu plus grotesquement sous tous les bénitiers du Pape, se rendre [247] encore un peu plus dégueulasses par nouvelles renonciations, macérations bêlantes. Le plus éhonté brelan dechristianeux enfifrés qui soit jamais tombé sous la férule des youtres. Quand je dis les youtrescomprenez les évêques aussi, c’est pareil. Tout un empire à genoux ! Quel beurre ! Suppliant ! Implorant les absolutions ! Tout un empire de confesseux ! De l’empereur au dernier des serfs ! Tous à genoux ! Ah ! la savoureuse pharamineuse chariboterie ! Toute la horde aryenne en esclavage volontaire ! Le Masochisme fanatique pour tous ! La religion christianique ? La judéo-talmudo-communiste ? Un gang ! Les Apôtres ? TousJuifs ! Tous gangsters ! Le premier rang ? L’Église ! La première racket ? Le premier commissariat du peuple ? L’Église ! Pierre ? Un Al Capone du Cantique ! Un Trotzky pour moujiks romains ! L’Évangile ? Un code de racket… L’Église catholique ? Un arnaquage auxbonnes paroles consolantes, la plus splendide des rackets qui ait jamais été montée en n’importe quelle époque pour l’embéroutage des Aryens. On ne fera jamais mieux ! Depuis Sésostris c’est le grand jeu ! C’est le nougat miraculeux ! Toujours les Goyes qui sont marrons ! À tous les coups ! à tous les détours ! Des Catacombes en Tartarie ! De Babylone chez Citroën ! De Catalogne à Chicago ! Immanquable ! Le Goye chocolat partout ! Àgenoux ! La nouvelle variété du genre, le stratagème “communiste”, c’est de “l’à genoux” aussi pour tout le monde, bien sûr, forcément, mais ça vaudra jamais l’autre, l’évangélique ! Ça sera jamais si fameux ! Si assuré, si peinard ! Y a plein de “paillons” dans le communisme, des statistiques qui empoisonnent, des mirages de jambonneaux qu’il faut toujours dissiper. Ça sera jamais aussi splendide comme fonctionnement, comme rapport. L’autre, la “Légende catholique” ça se déroulait dans les nuages, jamais de contrôle ! jamais de risques ! Aucun frais ! Tout en rêves ! Ce qui tue le juif  dans le communisme, c’est que l’incrédule peut y aller voir, se rendre compte, en Russie, et revenir dire que c’est pas vrai !... Que rien du Paradis [248] n’existe… Que les jambons tombent pas du ciel. Ça fait mal. Christianisme, foi liquéfiante pour éternels agenouillés transis, prostrés terrifiés, angoisseux empaffés, voués, offerts, évertués à toutes lespriaperies juives, à toutes les foutriqueries judaïques, goulus de tous les foutres, de toutes les ruées d’Abyssins, les miches toujours en bataille, toujours en souffrance ! Résignation ! Lareligion des Soumis ! La croyance faite pot ! Pénitence ! Aveux ! Tendres aveux ! Confidences ! Re-Pénitence ! Macérations ! Abnégations ! Plus d’épreuves ! Sacrées ! Tortures ! Bénies ! Adoration des chères souffrances ! Pleurnichons ! Bas les frocs ! Encore plus de contrition ! Déchirements ! Désolation ! Méticulisation de l’Indignité souffreteuse ! Purgatoire ! Purgations ! Vaticinations confessières ! Douleurs ! Douleurs ! Plus de douleurs ! Flagellations ! Crucifix ! Encore ! Remords éternels ! Larmes ! Larmes ! Deuils ! Mortifications laminantes ! Agoniques ! Merci ! Amen ! Amen ! Quelle mirifique aubaine pour le juif que cette planète surpeuplée d’esclaves éperdument contrits, auto-analyseurs introspecteurs farfouilleur submergés exorbités pour des fantômes en pines de mouches à longueur de cauchemar terrestre. Quelle manne mille fois plus juteuse,délectable, profitable, régalante, que les pauvres sucs candis du Désert d’Horeb ! Cette mirobolante incroyable pullulation des serfs aryens fanatiques en ratiocinages dénigrants ! tout étouffés ! abrutis de haines mutuelles, fébrilement, farouchement ragoteux, scrupuleux de toutes conneries décervelantes, toujours passionnément fiers de se faire mieux englander, saloper toujours davantage par leurs satrapes juifs, plus cruellement si possible, sefaire éventrer de bas en haut pour la jubilance, l’irradiance du Moloch crépu. Jamais assez ! Jamais trop ! Voilà le miracle ! Peut-il exiger davantage de la Terre et du Ciel le juif ? Dieu-Juif partout ! [249] Les Aryens sont immédiatement mordus pour tout ce qui peut les avilir, les asservir davantage, les dégueulasser un peu plus. Ils se feront mettre en charpies pour n’importe quel youtre, encore un peu plus crapule, plus charlatan que les autres… Pierre, Marx, Trotzky, Roosevelt, etc… Constipés en tout, bouchés de partout les Aryens, sauf pour la ravagière bite du juif, toujours admirablement aspirée, sucée, folichonnée, réchauffée, régalée, réjouite adorablement. C’est plus de la rage, c’est de la communion du fondement. La connivence judéo-chrétienne, prélude à la grande curée judéo-maçonnique a toute son origine dans le traité de Verdun (843). Le Traité de Dépiautage, de Démembrement. L’Empirecarolingien tronçonné. Sabotage de l’Empire, découpage de l’Empire en trois lopins idiots : France-Allemagne-Italie. Sabotage de l’Europe. Fagotage de l’Europe en cinquante frontières absurdes. Création de l’Europe impossible. Création de l’éternel conflit franco-germanique, de l’éternelle boucherie franco-gemanique, de l’inépuisable tuerie d’Aryens français contre Aryens allemands. L’Apocalypse en famille, pour la plus grande prospérité, gloire, dévergonderie, rigolade, bacchanale d’Israël.

Le gouvernement du Reich a inauguré hier le canal Rhin-Danube commencé par Charlemagne. Les Journaux, 31 octobre 1938. Caltez avec vos parchemins ! Arrière ! Troubadours ! Luth ! Sornettes ! Oh ! Là ! Là ! Pirette ! Néfaste ! Au musée ! La honte ! L’attirail ! Pauvre peau de lapin ! Fripe ! Défroque ! Cervelle romancière ! Entendez-vous l’Ostrogoth ! 843 ! Pourquoi pas Mathusalem ! C’est à se la dévorer vivante ! ! Quel bouffon ! Pouffons ! Il est trop drôle ! En vérité ! Ferdinand Luminal ! Scandale ! Vendu ! Le vampire d’Aix-la-Chapelle ! Douche ! Douche ! Charlemagne ! Oh ! Oh ! Oh ! Il est impayable ! Véritablement ! Aspersion ! Immersion !... C’est curieux, moi, je ris pas du tout… Je la trouve crépitante, embrasante d’actualité mapetite histoire du Débonnaire. C’est le Tour de France, moi, qui me fait chier, avec ses étapes en mélos, ses apérosdithyrambiques. Je le trouve morne, ampoulé, rampant le Tour, poudreux, fadasse, archaïque, à côté des vicissitudes du Traité de Verdun 843. C’est pas de la réclame, c’est sincère. Il mepossède, moi, âme et substance, le Traité de Verdun 843. Je suis pas seul d’ailleurs, vous mêmes qui gloussez, petits marles espiègles, vous en crèverez bientôt du Traité de Verdun 843. Il a pas fini de vous ébahir, de vous éblouir le Traité de Verdun 843. Vous en baverez des grenades par extraordinaire émotion. C’est autre chose que les Rois de la Jante ! que les [251] duels Byrrh, Suze, Bartali, Pernod, dans tous les cols de la Faucille ! Ah ! Pardon ! jamais rien ne vous fut offert aux “Actualités”, de plus merveilleusement actuel que les fastes du Traité de Verdun 843. C’est Paris-Soir qui nous excède avec ses rabâcheux topos, ses vieilleries d’y a deux heures qui pèsent déjà soixante siècles, les petits détritus de la veille servis pomponnés, judaïques, foisonnants, d’éloquence merdeuse. C’est pas l’écran, c’est pas vos canards vendus qui vont vous mettre à la page. Personne ne vous parlera jamais du Traité de Verdun 843, de nos maudites origines. C’est sûrement pasl’Humanité qui va se mettre à table, Gabriel Péri juif de service, ni la radio, juif de serviceBen Azet, ni la synagogue Populaire, ni le Gallus-Latzarus, ni le reste de la presse française,composite de larbins aux ordres des Grads-Prêtres Bollack-Stern-Havas les Juifs aux sources des Nouvelles ! C’est pas Romier, c’est pas Mauriac, c’est pas Buré, etc… tous hommes de la conjuration, sous-juifs synthétiques. Ça ferait pourtant des beaux chapitres pour leur “Allemagne, bête enragée, nation de Proie” et leur “Conscience Universelle”… Ils nous expliqueraient bien des choses chemin faisant… Ils nous amuseraient certainement… Ils nous émouveraient [sic] peut-être… La catastrophe de Verdun 843, c’est la catastrophe permanente, elle outrepasse toutes les autres, question de sensation, par la violence spectaculaire… Ils en rempliraient les journaux s’ils voulaient rien qu’avec qu’elle, en photos-montages gigantesques, en panoramas hallucinants. On verrait tous les Aryens éclater, tantôt sous les tanks, tantôt sous les barricades, sous les charges de cavalerie, sous les hoplites, sous les marmites de poix bouillante, sous les barbacanes, ça dépendrait des époques, du genre de la croisade en cours. On verrait comme ça toute l’histoire, notre Histoire d’Aryens, en gros plans fondus charniers. Toujours, toujours y en aurait d’autres des cocus à massacrer, toujours d’autres… Pas besoin de tous ces petits crimes de la première page, ça serait plus qu’un vaste abattoir d’un bout à l’autre du cancan. Du vrai journal pour le peuple, dans le peuple, fait avec le peuple.

Nous sommes séparés de l’Allemagne depuis 1 100 ans ; 1 100 ans de merde, de conneries furieuses, 1 100 ans de mensonges sans arrêt, de trémolos ignobles, de palliatifs vaseux, de rémissions louches, de revanches toujours plus infectes, de solutions pourries. Nous n’en sortons pas. Nous sommes les enfants d’un cauchemar, d’un monstre dont tout le sang nous dégouline plein la gueule et plein les yeux. Nous ne parlons plus que de sang, dans le sang. Nous ne voyons plus que du sang. Depuis 1 100 ans, veaux traqués, nous ne faisons que chavirer d’un abattoir dans un autre, d’un charnier dans un autre, toujours plus accablés, plus soumis, plus saignants. Il règne sur toute cette Europe un sale fatalisme de boucherie, une dévotion très prostrée devant toutes les tueries possibles, infiniment répugnante, à en dégoûter Dieu le Père, s’il n’était de par lui-même Jean Foutre si dégueulasse. Plus de 1 100 ans d’éventreries bafouilleuses, de balivernes apocalyptiques, de calembredaines massacrières. Ça suffit pas ?Ça fait peut-être tout de même le compte ? Le poids comme rançon ? Comme pénitence d’un foutu calamiteux parchemin confesseux. D’un Traité de honte et de scrupules débilogènes ? Comme expiation des conneries d’une clique d’empédéreux christianeux carolingiens ! Merde ! [253] C’est un véritable enfer comme dommages et intérêts ! Rideau ! N’est-ce point le moment qu’on s’en torche du Traité de 843 ? L’avons-nous suffisammentfumée l’Europe de nos barbaques françaises et allemandes, depuis 1 100 ans ? Pour les bénéfices judaïques ? On va faire les comptes ! Et surtout depuis quatre siècles pour la sorcière britannique, la Sarah-la-Marmelade de son yite ! après on causera ! Jusqu’à preuve du contraire, c’est une ordure Miss Marmelade, l’atroce Angliche, pas fréquentable, bel et bien maquée, reluisante, avec le plus jeton des doubleurs. C’est même unehonte qu’on lui cause à cette bourrique fourreuse de youtres. Pas des paroles qu’on lui devrait ! rien que des glaves ! Et plein la fiole ! Que ça lui dégouline partout ! Plein l’arrogance ! Pour cent mille livres de bien gluants, à chaque fois qu’elle l’ouvrirait ! Voilà du régime pour sa poire ! C’est une donneuse ! Roule the wouèves ! Roule-the-Merde ! L’Albion roule the ouaives de charognes ! Saloperie ! Sarah Marmelade, la donneuse d’Europe !

De Profundis. Tout le pognon des Français, si paysans, si regardants, il est plus du tout dans leurs poches, il est passé dans les fouilles juives, dans les caves de la Cité. Il a suffi d’un bon petit siècle de triomphale démocratie, de maçonnerie prestigieuse pour accomplir ce miracle, qu’à petit flouze il pousse des ailes, qu’il revienne plus du tout par ici. Question de places, d’emplois, de petites fonctions, de grosses prébendes dans l’industrie, l’artisanat, la presse, les Arts, la médecine, c’est exactement du kif. Y en a plus que pour les Juifs ! Et puis dans les Trusts de même, les fameux trusts vampiriques, dont on arrête pas de nous causer (les deux cents familles…) Il a suffi d’un siècle de Loges pour que tout ça passe aux yites. Les indigènes n’ont plus rien. Ils sont strictement dépouillés, repassés. Le miracle est accompli. Ils ont plus qu’une chose à faire pour se rendre plus utiles encore, c’est s’en aller crever aux guerres, pour défendre l’or de leurs patrons, de leurs youtres, de leurs dieux. À quoi ils serviraient sans ça ? Je vous le demande ? Toutes les viandes françaises indigènes seront demain hachées, grésillées, farcies “petits éclats”, menues grenailles, fondues, revenues “estouffades”, servies chaudes au gaz, sur les champs de bataille des cinq fronts. Ça leur fera faire des Pâques splendides à ces zigotos d’Aryens ! À ces petits émancipateurs ! Prêchez ! Prêchez, [255] mes petits frères ! l’émancipation par les Bases ! Vous allez gagner ! Vousallez tous être régalés dans la Croisade antifasciste ! Personne ne sera oublié dans la distribution des prix. Y en aura pour tous ! Vous avez une chance inouïe ! Ma parole ! Récitez votre “Pater” ! Vos “Dies Irae” ! mot à mot ! Vos propres faire-parts ! Vos “Ave” ! Gâtés ! Pas besoin de retenir vos créneaux ! Vos caveaux ! Tout est prévu ! Organisé ! Au kilo ! Chaque offensive ça pèse tant de viandes ! Tant par fringale expiatrice ! Tant par service rédempteur ! Bien dans vos natures ! Allez-y ! Poitraillez Mordieu ! C’est des vraiscadeaux qui vous tombent du ciel ! Des trépas pareils ! Pour des causes si illuminantes, si pharamineusement humaines ! Des agonies pleines de fusées, des vraies féeries ! Des comaséblouissants ! C’est pas banal ! C’est même suprême ! Tout seuls comment que vousfiniriez ?... Hein ?... Je vous le demande ? De morts naturelles, sans doute… banales… Desagonies de vieillards comme ça… dans des lits ?... lamentablement… Pouah ! Allons ! Deshésitations ? Une offensive qui piétine c’est de la barbaque qui tourne jaune, qui ramollit au péril. Tant de tonnes de plus ! fraîches, c’est gagné ! Le moment critique ! Dare-dare ! Les États-Majorssont guillerets, ne demandent qu’à vous élancer dans les attractions… Et puis d’abord, écoutez-moi, si vraiment ça vous lancine, que vous trouvez que ça traîne de trop, que vous pouvez plus vous retenir d’impatience, vous pouvez toujours rejoindre, sans délai, le Marquis Marty d’Albacete au front gouvernemental. Il a du travail à la main. C’est un vrai père pour les chômeurs le Marquis d’Albacete, lui si mutin de la Mer Noire, si fusilleur en Castille, sifoireux aux gerbes à Toulon mais toujours remarquez-le bien, le Marquis Marty d’Albacete, toujours de l’excellent côté du Conseil de Guerre. C’est à ça qu’on reconnaît la classe, la valeur de l’homme.

Lorsqu’elle sera terminée la prochaine Croisade, Dieu sait comme ! Le Juif pourra sevanter de nous avoir tous possédés jusqu’au dernier millésime de notre croulant fifrelin, jusqu’à l’ultime grelottante goutte de la suprême hémorragie. Tant pis ! Tant mieux ! Le plus tôt sera le mieux ! Le pire serait encore qu’on vous ressuscite dans une telle horde de férus infects furieux cocus, trépignants pour tous abattoirs, irrésistibles d’être égorgés, inassouvibles aux sacrifices. Les États Aryens : Parcs à bestiaux pour tueries juives. Batailles rituelles pour équarisseurs, beuglements, charrois en tous genres, phénomènes sociaux divers, traite desvaches pendant les entractes. Vous avez l’Europe telle quelle depuis l’année 843, l’année du partage, du démembrement. Ça n’a pas cessé le grand sport depuis ce moment, et c’est pas fini, et ça continue. Comprenez-moi bien.

Mais alors, dites donc Ferdinand, vous allez pas terminer ce genre prétentieux ? Ces effets captieux ? Ces paradoxes imprécatoires ? Ce phrasouillis vétilleux ? Où que vous partez en zigzag ? Vous allez pas aboutir ? Abrégez un peu vos facondes ? Venez au fait ! Que voulez-vous ? Moi, je veux qu’on fasse une alliance avec l’Allemagne et tout de suite, et pas une petite alliance, précaire, pour rire, fragile, palliative ! quelque pis aller ! Pas du tout ! Mais non ! Mais non !... Une vraie alliance, solide, colossale, à chaux et à sable ! À la vie ! À la mort !Voilà comme je cause ! Je suis pas en train de cacher mes préférences, mes sentiments. Je trouve que sans cette alliance on est rétamés, on est morts, que c’est la seule solution. On est tous les deux des peuples pauvres, mal dotés en matières premières, riches qu’en courage batailleur. Séparés, hostiles, on ne fait que s’assassiner. Séparés, hostiles, côte à côte, on sera toujours misérables, toujours les esclaves des bourriques, des provocateurs maçons, les soldats des Juifs, les bestiaux des Juifs. Ensemble on commandera l’Europe. Ça vaut bien la peine qu’on essaye. On filera une telle trouille aux Yites qu’ils s’évaporeront de la planète. Même pas besoin de les [258] toucher, on les flambera juste un petit peu… le bout des arpions… On se réveillera comme d’un cauchemar. Ils seront partis !... pour toujours !... On filera Londres en quarantaine, au garde à vous. Ça pourra se faire immédiatement. C’est que des haines artificielles qui existent entre nous et les Boches, ourdies, ranimées, entretenues, propagées par les Traités et les Loges, les journaux, les radios, à la solde du Juif. Ça peut s’arranger en 48 heures. Rien d’irrémédiable. Il faut de la haine aux hommes pour vivre, soit ! c’est indispensable, c’est évident, c’est leur nature. Ils n’ont qu’à l’avoir pour les Juifs, cette haine, pas pour les Allemands. Ça serait une haine normale, salvatrice, défensive, providentielle, comme contre une vérole ravageante, ou les envahissements de la peste, les rats colporteurs de morbus. Ça voudrait dire quelque chose. La haine contre les Allemands, c’est une haine contre nature. C’est une inversion. C’est notre poison, et mortel. On nous l’injecte tous les jours, à doses de plus en plus tragiques.

La France n’est latine que par hasard, par raccroc, par défaites, en réalité elle est celte,germanique pour les trois-quarts. Le latinisme plaît beaucoup aux méridionaux francs-maçons. Le latinisme c’est tout près de la Grèce. La Grèce c’est déjà de l’Orient. L’Orient c’est enplein de la Loge. La Loge c’est déjà du Juif. Le Juif c’est déjà du nègre. Ainsi soit-il. La bougnoulisation du blanc par persuasion latine, par promiscuités maçonniques. La France est aryenne, pas du tout juive, pas du tout nègre. La partie solide de la France, l’anti-discoureuse, a toujours été la partie celte et germanique. La partie qui se fait tuer, la partie qui produit, la partie qui travaille, la partie qui paye, est celte et germanique. Dix départements du Nord payent autant d’impôts que tout le reste de la France. Les fusiliers bretons ont eu autant [259] de tués (1 380) en une seule journée à Dixmude que tous les Juifs de France pendant toute la guerre. La partie non celtique en France, cause et pontifie. Elle donne au pays ses Ministres, ses Vénérables, ses Congressistes hyper-sonores. C’est la partie vinasseuse de la République, la méridionale, profiteuse, resquilleuse, politique, éloquente, creuse. Il n’existe aucune haine fondamentale, irrémédiable entre Français et Allemands. Ce qui existe c’est une machination permanente, implacable, judéo-britannique, pour empêcher à toute force que l’Europe se reforme d’un seul bloc, d’un seul tenant franco-allemand comme avant 843. Tout le génie de la Judéo-Britannie consiste à nous mener d’un conflit vers un autre, d’un carnage dans un autre, étripades dont nous sortons régulièrement, toujours, en effroyable condition, Français et Allemands, saignés à blanc, entièrement à la merci des Juifs de la Cité. L’équilibre européen sous la tyrannie anglaise n’est qu’un infini massacre, à répétitions, franco-allemand. Les bêtes du continent doivent toujours être pour la satisfaction anglaise, plus ou moinsvidées, sonnées, incapables de s’arracher au joug britannique… Une Europe toujours délirante, brûlante, toujours au bord du coma, voici la force de l’Angleterre. Le conflit franco-allemand est la condition même, l’industrie suprême de l’Angleterre. C’est de la prospérité anglaise toute cuite. Le conflit franco-allemand repousse rituellement de ses cendres. C’est du Phénix. Elle a pas besoin de se cailler l’Angleterre. Chaque génération franco-allemande repique au massacre dare-dare, toujours plus conne, plus cocue, plus combustible, toujours encore plus impatiente de se faire roustir, anéantir dans les embrasements cataclysmiques juifs.

Il me semble que c’est assez net. Je suis pas très partisan des allusions voilées, des demi-teintes. Il faut tout dire ou bien se taire. Union franco-allemande. Alliance franco-allemande. Armée franco-allemande. C’est l’armée qui fait les alliances, les alliances solides. Sans armée franco-allemande lesaccords demeurent platoniques, académiques, versatiles, velléitaires… Assez d’abattoirs ! Une armée franco-allemande d’abord ! Le reste viendra tout seul. L’Italie, l’Espagne par-dessus le marché, tout naturellement, rejoindront la Confédération. Confédération des États Aryens d’Europe. Pouvoir exécutif : L’armée franco-allemande. Une alliance franco-allemande à la vie, à la mort. Alors ! et seulement alors, ça sera enfin terminé la plaisanterie judaïque millénaire,l’inépuisable croisade humanitaire, démocratique, l’incessante, l’infatigable, boucherie dite libératrice, humanisatrice, salvatrice, rédemptrice. Le Rhin, fosse commune. Ce sera le glas de l’empire britannique, et ce sera pain béni, de la Tyrannie britannique, l’écroulement de l’Empire ! Tant mieux ! Nom de Dieu tant mieux ! La fin du cauchemar. [261] Tous nos malheurs viennent de Londres, de la Judéo-Britannie. Tout seuls Français, et même alliés aux Italiens, nous demeurons ce que nous sommes, les esclaves de l’Angleterre, les enchaînés aux comptoirs britanniques. Alliés aux Allemands c’est autre chose. On file en l’air enfin nos chaînes. L’Angleterre on la déculotte, on la fixe une bonne fois pour toutes. Nous sommes les maîtres de l’Europe. Nous sommes les maîtres de notre destin. Ce qui, soit dit en passant, ne nous est encore jamais arrivé. L’alliance franco-allemande, c’est la puissance judéo-britannique réduite à zéro. Le fond même du problème atteint, enfin. La Solution. Une seule force anti-juive en ce monde, une seule force pacifique réelle : L’armée franco-allemande. Tout le reste n’est que fariboles, babillages, diversions, entourloupes de Juifs. L’armée franco-allemande, quatre cents divisions d’infanterie parfaitement dérouilleuse, résolues. Qui dit mieux ? Quoi bronche ? rechigne ? rebiffe ? récalcitre ? Travaille du sourcil ? Ergote ? Récrimine ? S’oppose ? Relève le gant ?On attend. Que se déclarent les fortes têtes, les grognons, les intraitables… les petits méchants…

Monsieur le Maréchal Pétain, ce n’est pas aux deux quarterons de quadragénaires artérieux combattants, fléchis, perclus, éclopés rhumatoïdes, émergés par miracle de nos sempiternels charniers franco-allemands qu’il faut maintenant stentoriser vos trop bouleversants “garde à vous” ! Mais non ! Mais non ! Monsieur le Maréchal ! Quart à gauche ! C’est de l’autre côté ! Ce sont les Juifs de la Cité ! Les Puissants de Londres ! Les démoniaques démocrates de“l’Intelligence” qu’il faut figer dans la trouille ! Maldonne Monsieur le Maréchal ! Vous faites erreur, Monsieur le Maréchal ! L’ennemi est au Nord ! Ce n’est pas Berlin ! C’est Londres ! La Cité ! Les casemates-tout-en-or ! La Banque d’Angleterre avec ses laquais “framboise” ! Voilà l’ennemi héréditaire ! Je connais bien les abords, Monsieur le Maréchal !Je m’offre à vous éclairer, à vous précéder, si vous me faites l’honneur… Je connais les meilleurs passages… Vous avez peut-être un peu peur, Monsieur le Maréchal ? Vous redoutez les aventures ?... Ah ! Je ne vous vois pas très mordant !... Il vous manque du monde, Monsieur le Maréchal ! Il vous manque de vrais effectifs ! Il vous manque le prin-[263]cipal ! Les 400 parfaites divisions d’infanterie franco-allemandes. Bien sûr ! Bien sûr !... Carence fatale !... Irréparable !... Rien à faire ! Tout est perdu ! Horriblement ! Aucune chance ! C’était pourtant la seule victoire qui pouvait nous intéresser, le sac de la Banque d’Angleterre et des Juifs de Londres, Monsieur le Maréchal ! Notre suprême recours !... Les autres victoires on s’en fout !... Elles peuvent intéresser personne, que les Juifs. C’est des victoires pour les Juifs, jamais que pour les Juifs, de carnages d’Aryens sans malice, des boucheries de plus en plus lourdes pour Aryens de plus en plus cons. Que c’est même pas la peine du tout de leur expliquer rien du tout aux Aryens. « N’importe quoi et vinasse. » C’est devenu le Credo suprême des Aryens de France. C’est même ça qu’est superbe chez eux. C’est leur sublimité même, leur confiance faite masse, leur confiance faite mort.

Dites donc alors et l’absorption ? Vous en faites rien ? Luberlu ? Vous y songez pas, belle figure ? Si jamais l’on se rapproche, mais c’est réglé ! Mais c’est tout net ! Ils nous absorbent ! Mais c’est l’abomination ! C’est la flétrissure infernale ! Absorbés tout vifs, comme ça, par les boches ! Vous y pensez pas !... Mais vous en crevez pas de honte ? à l’expectative ? Proférer aux quatre vents des parjures pareils ! Vraiment des paroles de vrai fou ! Dégénérésadique idiot ! C’est un monde ! Une alliance ? Voyez-vous ça ? Damnation ! Si l’on se rapproche… Mais ils nous absorbent ! C’est tout cuit ! Ah ! On aimerait mieux tout de suite périr de trois ou quatre mille morts, en très terrifiques batailles, avec des mouvements de menton splendides, être éventrés à qui mieux-mieux, que de survivre comme ça sous lesboches, ignoblement, que de subir leur absorption ! Tout crus ! Mais c’est impossible ! Et douze siècles d’Histoire héroïque ? qu’est-ce que vous en faites ? Rien ? La France pépinière de héros ? Ventre-Dieu ! Engluée ! Absorbée ! Asservie ! Engloutie ! Alliée ! Pouah ! Vous y pensez pas Obscène ! — Pardon ! Pardon ! Ventre-Dieu ! Mais absorbés, asservis, englués, nous pouvons pas l’être davantage que nous le sommes à présent, sous Bloch, sous Blum, sous Daladier, sousRothschild, éperdument… [265] Envahis, dépouillés, rançonnés, ravagés, évincés, pourris, ridiculisés, ensoldatés, bougnoulisés, nous ne pourrons jamais l’être davantage qu’en ces beaux jours de 38… Ce franc pays pour tout dire, sans aucune exagération, n’est plus qu’une très basse colonied’exploitation juive, une sous-Palestine, encore beaucoup plus dégradée. Pour tout droit, pour toute liberté que nous demeure-t-il, indigènes ? Le droit (et précaire) de nous échiner sous le Juif, pour les Juifs, dans les plus rebutants emplois, ceux qui les fatiguent, dont ils ne veulent pas, qui esquintent l’homme et payent infime, et puis de crever pour les Juifs, encore, dans les guerres qu’ils nous aménagent. Et puis c’est marre, et puis c’est tout. Voilà le bilan national. La révolte nous sied comme un gant ! Trésor de rigolade ! Nous qui sommes hypothéqués, trafiqués, survendus jusqu’aux fibres, par tous les Juifs de l’univers ! C’est à périr la bite en bouche de convulsions judicoles d’ouïr des salades aussi sorcières ! Il nous va bien d’être offusqués ! Nous ne possédons rien en propre, plus rien, pas même une chanson, à présenttoutes juives.

Possédés ? Absorbés ? Nous ne le serons jamais plus, et plus honteusement qu’aujourd’hui. En bref, la question qui se pose est celle-ci, elle est tout simple : Resterons-nous esclavesdes Juifs, ou redeviendrons-nous germaniques ? À choisir. Qu’avons-nous à perdre dans une alliance franco-allemande ? Les Juifs. C’est une catastrophe qui se supporte. On se console. Et puis nous avons de bons exemples, parfaitement éprouvés, valables, de mariages franco-allemands. Nous l’a-t-on assez prônée l’édifiante Confédération Suisse ? Qu’est-ce qu’on attend pour essayer ?Je n’ai jamais entendu dire que les cantons de Zurich opprimaient ceux du Tessin, que les Genévois se faisaient brimer, dépouiller par les gens de Bâle. Jamais. 
La France, chef-lieu le Vésinet. Mais les Juifs perdent pas leur temps. Ils vous doublent déjà de plus belle auprès des Allemands, des Anglais, des Italiens, depuis l’affaire de Munich. Ils vous donnent pendant que vous bavez, que vous installez encore, que vous posez aux “terreurs”. Cocorico ! Vous terrifiez plus rien du tout. Le sol s’effondre, vous crânouillez à droite, à gauche. L’Europe se forme contre vous. Vous en savez rien. C’est vous maintenant le prochain “tirage”. Bientôt ça sera plus la question de savoir quels seront vos alliés. Y a plus d’alliés pour les grotesques. Ça sera la question de savoir comment se débiteront vos provinces, qui va se taper la Franche-Comté, s’annexer la Normandie, repopuler l’Aquitaine, s’adjoindre la Corse et Marseille, défranciser l’Algérie. C’est tout. Causez toujours.

Y a pas besoin de se frapper. La Roue tourne. Elle en écrasera, sûr, encore, des hommes et des hommes. Des millions et puis des millions. Ceux-ci, ceux-là et puis bien d’autres, ça n’enfinira jamais. Ils fonceront toujours aux tueries, par torrents de viandes somnambules, aux charniers, de plus en plus colossaux, plantureux. Y a pas de raison que ça se termine. C’est leur nature. Y a pas besoin de les exciter. Ils se précipitent. Personne peut jamais les retenir. Ils parlent que de leurs “avantages”, ils en comprennent pas le premier mot. Ils veulent rien apprendre du tout. Ils sont fainéants d’âme et de tête. Les événements s’accompliront. Ils iront se faire écrabouiller par races entières, par continents. Ainsi de suite.Puisqu’ils veulent rien comprendre, puisqu’ils veulent rien apprendre, puisqu’ils veulent rabâcher toujours, toujours les mêmes conneries, très bien ! Très bien ! Ils seront gâtés ! Ils passeront l’examen quand même ! à la grande kermesse des Têtus ! C’est un monde ! d’unefaçon toute fantastique, par prodigieux écartèlements, feux grégeois munificents,flamboyantes enrageantes mitrailleries, très extravagantes fournaises, gigantesques bengalades, pyrogénies hallucinantes. L’École mirifique ! Tout le monde sera reçu.

Nous sommes au siècle de la suffisance. Il convient de nous prononcer très fatuitement. Je vais couper les ailes d’un canard. Il volera quand même. De tous les côtés l’on m’annonce que j’ai touché des sommes formidables d’Hitler. C’est le canard classique, si j’ose dire. Je m’en fous énormément que l’on m’accuse des pires horreurs. J’ai l’habitude.C’est la bêtise de la supposition qui me blesse. Je me sens tout déprécié. Vous êtes trop cons,suppositeurs, pour inventer autre chose ? Réfléchissez un petit peu que je gagne avec mes livres, mes romans, tout simplement dix fois plus d’argent qu’il ne m’en faut pour vivre. Je connais le monde trop bien, ses façons, je l’ai pratiqué trop longtemps pour ne pas être mithridatisé en long et en large, contre les plus minimes, les plus furtives illusions, les plus fugitives faiblesses. Renoncez. Rien. Aucune prise. J’ai mis de côté un petit paquesson pour les jours périlleux. J’ai planqué suffisamment pour n’avoir plus jamais besoin, devrais-je vivre encore cent ans, des secours de personne. Peau de vache absolue – Est-ce que je suis renseigné sur les conditions humaines ? – Pendant 35 ans j’ai travaillé à la tâche, bouclant ma lourde pour ne pas être viré de partout. À présent, c’est fini, bien fini, je l’ouvre [269] comme je veux, où je veux, ma grande gueule, quand je veux. Ne vous cassez pas le haricot. Ce que j’écris, je le pense, tout seul, et nul ne me paye pour le penser, ne me stimule. Personne, ou presque personne ne peut se vanter d’en faire autant, de se payer ce luxe. Moi je peux. C’est mon luxe. Mon seul luxe. Et ce n’est pas terminé ! Je n’ai pas fini de travailler. Ma mère, à 71 ans, insiste encore pour ne dépendre de personne. Elle continue à travailler, elle gagne sa vie. Je suis pareil. Je ferai de même. Pas de fainéants dans la famille. À 71 ans j’emmerderai encore les Juifs, et les maçons, et les éditeurs, et Hitler par dessus le marché, s’il me provoque. Qu’on se le dise. Je dois être, je crois bien, l’homme le moins achetable du monde. Orgueilleux comme trente-six paons je ne traverserais pas la rue pour ramasser un million à la traîne dans le ruisseau d’en face. Voilà Ferdinand, au poil. Il faudra le tuer. Je nevois pas d’autre moyen. Le malheur, c’est que les gens vous jugent toujours d’après leurs propres tendances, et qu’ils sont presque tous à vendre, n’importe quel jour, par tous les temps.

Même les plus riches, les plus superbes. Ils arrêtent pas de s’offrir. En fait, leur vie n’est qu’un putanat perpétuel plus ou moins chichiteux, somptueux, prétentieux. Et puis je vais vous dire encore une bonne chose. Les véritables fructueuses affaires se font à gauche, pas à droite. C’est même curieux, à ce propos, l’Italie, l’Allemagne, voilà les deux seuls pays qui m’envoyent jamais un croc pour mes traductions. Ils traduisent et puis c’est marre. Croyez-vous que ma petite plume ne vaille rien pour les acheteurs du Kremlin, de l’I.S., de la Banque d’Angleterre, ceux-là mêmes qui couvrent constamment d’or les pires tocards ?Et c’est tellement plus facile, plus opulent, plus licite d’en croquer du côté maçonnique !Tous les honneurs ! [270] Je suis assez bien renseigné. Pensez-vous, à tout prendre, que même en France il meserait très ardu de faire tomber un million par mois dans une petite caisse quelconque ? Sous un prétexte ou sous un autre ? Réfléchissez. Cessez de me juger d’après vous-mêmes, à votre mesure. Enfin pour terminer, si la question vous tracasse, malgré toutes mes explications, que ça vous empêche de dormir, vous obsède, venez donc m’interroger, personnellement, bien en face, carrément, l’un de ces jours. Ne vous touchez plus dans les coins.

DÉJÀ…

L’influence directe du juif était si puissante à la cour de Louis le Débonnaire que l’évêque de Lyon, saint Agobard, y fut traité avec le plus grossier mépris quand il alla présenter à l’Empereur ses justes doléances contre Israël. Lorsqu’il déclara au Souverain que ses fonctionnaires, à Lyon, étaient aussi terribles pour les chrétiens que doux pour les juifs, ce fut dans cette cour judaïsée un scandaleux tollé contre le grand Évêque.

Louis DASTÉ

les Sociétés secrètes et les Juifs.


DERNIÈRES NOUVELLES


l’Humanité du 5 novembre 1938. « Hier a été inauguré le dispensaire du Syndicat des Métaux de la région parisienne… Plus que jamais cette organisation mérite le titre que notre journal naguère lui décerna : Le plusbeau Syndicat de France… Au cours du vin d’honneur qui suivit la visite prirent la parole lesdocteurs Kalmanovitch, Oppman, Rouquès, Lecain, Bli, etc… (tous juifs), les principaux artisans de cette réalisation. […] Après eux, M. Dreyfus, directeur du Service Régional des Assurances sociales, exprima sa satisfaction et déclara que l’administration… etc., etc. »

l’Action Française du 5 novembre 1938. « Le Ministre de notre Éducation Nationale Jean Zay (de son véritable nom Zacharie) va présider effectivement une cérémonie remarquable. « Lundi prochain, à 17 h 30, il se rendra à l’hôtel Salomon Rothschild pour honorer de sa présence une fête assez audacieuse où l’on doit célébrer la transformation en citoyen françaisdu chef d’orchestre Bruno Walter, qui a quitté l’Allemagne, où son manque de titres aryens entravait sa carrière musicale. »


BOUQUET

Le DrLogre, médecin de l’Infirmerie spéciale de la Préfecture de Police, signale que lescas de delirium tremens ont presque doublé depuis l’application des nouvelles lois sociales. L’absinthe est à présent servie dans les grands “démis” jadis réservés à la bière (lePopulaire ; 27 décembre 37) Les aliénistes signalent une aggravation et une augmentation des cas de folie qui placent notre pays au premier rang des statistiques européennes de l’aliénation mentale. La “Bénédictine” dont l’action de capital payée 750 francs vaut aujourd’hui 6 860 francs a élevé régulièrement ses dividendes de 200 francs 80 en 1935 à 355 francs en 1938.


TOUT EST DIT

Le Front Populaire, auquel tous les culots réussissent, débusque enfin toutes ses batteries et nous déclare très carrément que nous ne sommes plus désormais qu’une très sale piteuse idiote racaille, très justement asservie par les Juifs. « Le front Populaire de la région parisienne, ému par l’agitation antisémite qui se manifeste dans certains milieux et notamment en Alsace-Lorraine et dans la région parisienne, met en garde la population parisienne contre les agents de Hitler en France. Il demande que les pouvoirs publics interdisent les journaux faisant des appels au meurtre, et déclare que, dans les heures graves que nous traversons, l’union des forces démocratiques est nécessaire pour barrer la route au fascisme international, fauteur de guerre et de misère. Il rappelle que, depuis 1789, la France ne fait aucune différence entre les Français et les Juifs, et qu’il ne laissera pas s’instaurer dans notre pays les mœurs qui déshonorent les pays dits totalitaires…

" SI LES FRANÇAIS NE SONT PAS CAPABLES DE CONCURRENCER LES JUIFS QUI PRENNENTLEURS PLACES DANS TOUS [275] LES DOMAINES, DEPUIS L’USINE JUSQU’AU GOUVERNEMENT,C’EST QUE LE JUIF EST MIEUX DOUÉ ET, PAR CONSÉQUENT, IL EST JUSTE QU’IL COMMANDE ET DIRIGE LES FRANÇAIS INFÉRIEURS À LEUR TACHE. » (Motion votée à l’unanimité par le Front Populaire de la Région Parisienne, le 23 septembre 1938).


À quand nos rouelles ?


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