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Mercredi 12 avril 3 12 /04 /Avr 19:22



A EUGÈNE DABIT

A MES POTES DU "THÉATRE EN TOILE"

 

 

 

 Il est vilain, il n'ira pas au paradis,

celui qui décède sans avoir réglé tous

ses comptes

Almanach des Bons-Enfants
 


Le monde est plein de gens qui se disent des raffinés et puis qui ne sont pas, je l'affirme, raffinés pour un sou. Moi, votre serviteur, je crois bien que moi, je suis un raffiné ! Tel quel ! Authentiquement raffiné. Jusqu'à ces derniers temps j'avais peine à l'admettre... Je résistais... Et puis un jour je me rendis... Tant pis !... Je suis tout de même un peu gêné par mon raffinement... Que va-t-on dire ? Prétendre ?... Insinuer ?...

Un raffiné valable, raffiné de droit, de coutume, officiel, d'habitude doit écrire au moins comme M. Gide, M. Vanderem, M. Benda, M. Duhamel, Mme Colette, Mme Fémina, Mme Valéry, les "Théâtres Français"... pâmer sur la nuance... Mallarmé, Bergson, Alain... troufignoliser l'adjectif... goncourtiser... merde ! enculagailler la moumouche, frénétiser l'Insignifiance, babiller ténu dans la pompe, plastroniser, cocoriquer dans les micros... Révéler mes "disques favoris" ... mes projets de conférences...

Je pourrais, je pourrais bien devenir aussi moi, un styliste véritable, un académique "pertinent". C'est une affaire de travail, une application de mois... peut-être d'années... On arrive à tout... comme dit le proverbe espagnol : "Beaucoup de vaseline, encore plus de patience, Eléphant encugule fourmi."

Mais je suis quand même trop vieux, trop avancé, trop salope sur la route maudite du raffinement spontané... après une dure carrière "de dur dans les durs" pour rebrousser maintenant chemin ! et puis venir me présenter à l'agrégation des dentelles !... Impossible ! Le drame est là. Comment je fus saisi étranglé d'émoi... par mon propre raffinement ? Voici les faits, les circonstances...

Je m'ouvrais tout récemment à un petit pote à moi, un bon petit médecin dans mon genre, en mieux, Léo Gutman, de ce goût de plus en plus vivace, prononcé, virulent, que dis-je, absolument despotique qui me venait pour les danseuses... Je lui demandais son avis... Qu'allais-je devenir ? moi, chargé de famille ! Je lui avouai toute ma passion ravageuse...

"Dans une jambe de danseuse le monde, ses ondes, tous ses rythmes, ses folies, ses vux sont inscrits !... Jamais écrits !... Le plus nuancé poème du monde !... émouvant ! Gutman ! Tout ! Le poème inouï, chaud et fragile comme une jambe de danseuse en mouvant équilibre est en ligne, Gutman mon ami, aux écoutes du plus grand secret, c'est Dieu ! C'est Dieu lui-même ! Tout simplement ! Voilà le fond de ma pensée ! A partir de la semaine prochaine, Gutman, après le terme... je ne veux plus travailler que pour les danseuses... Tout pour la danse ! Rien que pour la danse ! La vie les saisit, pures... les emporte... au moindre élan, je veux aller me perdre avec elles... toute la vie... frémissante... onduleuse... Gutman ! Elles m'appellent !... Je ne suis plus moi-même... Je me rends... Je veux pas qu'on me bascule dans l'infini !... à la source de tout... de toutes les ondes... La raison du monde est là... Pas ailleurs... Périr par la danseuse !... Je suis vieux, je vais crever bientôt... Je veux m'écrouler, m'effondrer, me dissiper, me vaporiser, tendre nuage... en arabesques... dans le néant... dans les fontaines du mirage... je veux périr par la plus belle... Je veux qu'elle souffle sur mon cœur... Il s'arrêtera de battre... Je te promets ! Fais en sorte Gutman que je me rapproche du danseuses !... Je veux bien calancher, tu sais, comme tout le monde... mais pas dans un vase de nuit... par une onde... par une belle onde... la plus dansante... la plus émue..."

Je savais à qui je m'adressais, Léo Gutman pouvait me comprendre... Confrère de haut parage, Gutman !... achalandé comme bien peu... quelles relations !... frayant dans tout le haut Paris... subtil, cavaleur, optimiste, insinuant, savant, fin comme l'ambre, connaissant plus de métrites, de véroles, de baronnes par le menu, de bismuthées, d'acidosiques, d'assassinats bien mondains, d'agonies truquées, de faux seins, d'ulcères douteux, de glandes inouïes, que vingt notaires, cinq Lacassagnes, dix-huit commissaires de police, quinze confesseurs. Au surplus et par lui-même, du cul comme trente-six flics, ce qui ne gâte rien et facilite énormément toute la compréhension des choses.

"Ah ! qu'il me réplique, Ferdinand, te voilà un nouveau vice ! tu veux lutiner les étoiles ? à ton âge ! c'est la pente fatale !... Tu n'as pas beaucoup d'argent... Comme tu serais plutôt repoussant... considérant ton physique.. Je te vois mal parti... Comme tu n'es pas distingué... Comme tes livres si grossiers, si sales, te feront sûrement bien du tort, le mieux serait de ne pas les montrer, encore moins que ta figure... Pour commencer je te présenterai anonyme... Ça ne te fait rien ?"

-- Ah ! Je me récriai, mais Gutman, je suis partisan ! Je m'en gafe énormément ! Je veux bien certes... Et même je préfère demeurer aux aguets... Les entrevoir ces adorables, abrité par quelque lourd rideau... Je ne tiens pas du tout à me montrer personnellement... Je voudrais seulement observer en très grand secret ces mignonnes "à la barre"... dans leurs exercices comme on admire à l'église les objets du culte... de très loin... Tout le monde ne communie pas !...

-- C'est cela... C'est cela même ! ne te montre pas ! T'as toujours une tête de satyre.. Les danseuses sont très effroyables... très facilement. Ce sont des oiseaux...

-- Tu crois ?... Tu crois ?...

-- Tout le monde le sait.

Gutman il ruisselle d'idées. Voici l'intermédiaire génial... Il a réfléchi...

-- Tu n'es pas poète des fois, dis donc ? par hasard ?... qu'il me demande à brûle-pourpoint

-- Tu me prends sans vert... (Je ne m'étais jamais à moi-même posé la question.) Poète ? que je dis... Poète ?... Poète comme M. Mallarmé ? Tristan Derème, Valéry, l'Exposition ? Victor Hugo ? Guernesey ? Waterloo ? Les Gorges du Gard ? Saint-Malo ? M. Lifar ?... Comme tout le Frente Popular ? Comme M. Bloch ? Maurice Rostand ? Poète enfin ?...

-- Oui ! Poète enfin !

-- Hum... Hum... C'est bien difficile à répondre... Mais en toute franchise, je ne crois pas... Ça se verrait... La critique me l'aurait dit...

-- Elle a pas dit ça la critique ?...

--Ah ! Pas du tout !... Elle a dit comme trésor de merde qu'on pouvait pas trouver beaucoup mieux... dans les deux hémisphères, à la ronde... que les gros livres à Ferdinand... Que c'était vraiment des vrais chiots... "Forcené, raidi, crispé, qu'ils ont écrit tous, dans une très volontaire obstination à créer le scandale verbal... Monsieur Céline nous dégoûte, nous fatigue, sans nous étonner... Un sous-Zola sans essor... Un pauvre imbécile maniaque de la vulgarité gratuite... une grossièreté plate et funèbre... M. Céline est un plagiaire des graffiti d'édicules... rien n'est plus artificiel, plus vain que sa perpétuelle recherche de l'ignoble... même un fou s'en serait lassé... M. Céline n'est même pas fou... Cet hystérique est un malin... Il spécule sur toute la niaiserie, la jobardise des esthètes... factice, tordu au possible son style est un écurement, une perversion, une outrance affligeante et morne. Aucune lueur dans cet égout !... pas la moindre accalmie... la moindre fleurette poétique... Il faut être un snob "tout en bronze" pour résister à deux pages de cette lecture forcenée... Il faut plaindre de tout cœur, les malheureux courriéristes obligés (le devoir professionnel !) de parcourir, avec quelle peine ! de telles étendues d'ordures !... Lecteurs ! Lecteurs !... Gardez-vous bien d'acheter un seul livre de ce cochon ! Vous êtes prévenus ! Vous auriez tout à regretter ! Votre argent ! Votre temps !… et puis un extraordinaire dégoût, définitif peut-être pour toute la littérature !... Acheter un livre de M. Céline au moment où tant de nos auteurs, de grands, nerveux et loyaux talents, honneur de notre langue (la plus belle de toutes) pleinement en possession de leur plus belle maîtrise, surabondamment doués, se morfondent, souffrent de la cruelle mévente ! (ils en savent quelque chose). Ce serait commettre une bien vilaine action, encourager le plus terne, le plus dégradant des "snobismes", la "Célinomanie", le culte des ordures plates... Ce serait poignarder dans un moment si grave pour tous nos Arts, nos Belles-Lettres Françaises !(les plus belles de toutes !)"

-- Ils ont dit tout ça les critiques ? Je n'avais pas tout lu, je ne reçois pas l'Argus.

-- Ah ! Mais dis donc ils se régalent ! Ils sont pas Juifs ? Qui c'est tes critiques ?...

-- Mais la fine fleur de la critique !... Tous les grands critiques français !... Ceux qui se décernent les Grands Prix!... "Monsieur, vous êtes un grand critique"... "Un jeune critique de grand talent !..."

-- Ce sont des cons ! Tous des sales cons, des Juifs ! Tous des ratés ! des suçons ! des outres ! ils ont chacun tué sous eux, au moins quinze ouvrages.. Ils se vengent... Ils crèvent... Ils dépitent... Pustulents !...

-- Ah ! Si j'étais camelot du roi... ventriloque... stalinien... Célineman rabineux... comme ils me trouveraient aimable... Si je rinçais tout simplement.. table, zinc ouverts... Les critiques se sont toujours inévitablement gourés.. leur élément c'est l'Erreur... Ils n'ont jamais fait autre chose dans le cours des temps historiques : se gourer... Par connerie ? Par jalousie ?... Les deux seuls plateaux de ces juges. La critique est un condé fameux des Juifs.. La grande vengeance des impuissants, mégalomanes, de tous les âges de décadence... Ils cadavérisent... La tyrannie sans risque, sans peine... Ce sont les ratés les plus rances qui décrètent le goût du jour !... Qui ne sait rien foutre, loupe toutes ses entreprises possède encore un merveilleux recours : Critique !... Trouvaille inouïe des temps modernes, plus aucun compte jamais à rendre. Critique ne relève que de son propre culot, de ses sales petites gardiens des plus fienteux égouts... Tout en ombres, baves, toxines, immondices, curées...

-- Un seul te découvre un petit peu d'intérêt...

-- Oui ?

-- Marsan.

-- Il en est mort.

-- Fernandez...

-- C'est un pote.

-- Et puis Sabord.

-- Je tremble pour sa vie ! mon parrain !...

-- Et puis Strowsky...

-- Il ne recommencera pas.

-- Et Daudet ?

-- Il te crache !

-- Serait-il Juif ?

-- Tout va mal !

Ce qu'il m'apprenait Gutman, tout d'un coup, sans préparation, me bouleversait de fond en comble...

-- Gutman ! Gutman ! Je t'ai offensé mon pauvre ! Je parie, avec tous ces "Juifs"... et ces "Juifs"...

--Rien ne m'offense de ta part... Rien ne me blesse Ferdinand ! Réponds plutôt à ma question... es-tu poète oui ou merde ?

-- Ah ! Léo, Léo, mon petit djibouk, pour m'en aller aux danseuses... je me ferai poète 1... C'est juré !... pour aller au déduit divin, je ferai de cette terre, de ce cadavre au fond des nuages, une étoile de première grandeur ! Je ne recule devant aucun miracle...

-- Alors vas-y ! ne parle plus ! au tapin ! saisis ta plume... Torche-moi un joli ballet, quelque chose de net et de fringant... j'irai le porter moi-même... à l'Opéra... M. Rouché est mon ami !... Moi-même !...

--Ah ! Ah ! je reste ébaubi... Vrai ? Vrai ?...

--Officiel !... Il fait tout ce que je lui demande...

-- Ah ! Léo... (je me jetai à ses genoux) Gutman ! Gutman ! mon vieux prépuce ! Tu m'exaltes ! Je vois le ciel ! La danse c'est le paradis !...

- Oui mais fais bien attention... Un poème !... Les danseuses sont difficiles... susceptibles... délicates...

-- Bluff de Juifs !... Imposteurs ! je me récrie !... Publicité !... Les valets sont devenus les maîtres ?... En quelle époque tombons-nous ? C'est grand pitié ! L'or salit tout ! Les veaux d'or ! Les Juifs sont à l'Opéra !... Théophile Gautier ! frémis ! sale hirsute. Tu serais viré avec Gisèle !... Il n'était pas Juif... déconnai-je.

-- Tu dis trop de mal...

-- Je jure ! je n'en dirai plus ! pour que mon ballet passe !

-- Tu te vantes comme un Juif, Ferdinand !... Mais attention ! pas d'ordures ! Tous les prétextes seront valables pour t'éliminer ! Ta presse est détestable... tu es vénal... perfide, faux, puant, retors, vulgaire, sourd et médisant!... Maintenant antisémite c'est complet ! C'est le comble !.. Opéra ! Temple de la Musique ! la Tradition !... les Précautions !... Beaucoup de délicatesse ! de l'envol certes ! mais point de violence !... de ces fatras répugnants... Mr. Rouché, le Directeur, est un homme de goût parfait... Souci du maintien de la sublimité des mélodies dans le Temple... Il ne me pardonnerait jamais de lui avoir recommandé quelque polissonnerie... d'avoir attiré son attention vénérable sur les fariboles d'un goujat... Ferdinand ! Sens et mesure !. . Charme... tendresse... tradition... mélodie... les vrais poèmes sont à ce prix... les danseuses !

La fièvre me vint... j'y cédai... Voici :

 

LA NAISSANCE UNE FÉE

Ballet en plusieurs actes

 

Epoque : Louis XV.

Lieu : Où l'on voudra.

Décor : Une clairière dans un bois, des rochers, une rivière dans le fond.

Action : Au lever du rideau, les petits esprits de la forêt dansent, sautent, virevoltent... C'est la ronde des lutins, des farfadets, des elfes... Leur chef est un lutin couronné, le Roi des Lutins agile, preste, toujours aux aguets... Ils jouent... saute-mouton... Avec eux, dans la ronde joyeuse... une biche frêle et timide... leur petite compagne... Et puis un gros compagnon, le gros hibou... Il danse aussi par ci, par là... mais tranquillement, un peu en retrait toujours... Il est le conseiller, le sage de la petite bande... toujours un peu boudeur... Le petit lapin est là aussi... avec son tambour... On entend les cris d'une bande joyeuse... Jeunes gens et jeunes filles... qui se rapprochent de la clairière... la première de ces jeunes filles apparaît entre les buissons : Evelyne... Une très belle, très joyeuse, très gaie, très étincelante jeune fille. Elle aperçoit tout juste le dernier des petits lutins... qui s'enfuient à l'approche... effrayés par les humains...

Les lutins disparaissent dans le bois... Evelyne fait signe à ses amis, de la rejoindre vite, dans la clairière... Vite ! Vite!... Elle fait signe qu'elle a vu les lutins danser dans la clairière... Les autres rient... incrédules... Ils sont nombreux, jeunes et beaux... garçons et filles... Ils dansent à leur tour dans la clairière... Jeux... Colin-maillard... Bouderies... Agaceries... L'un des garçons est plus particulièrement pressant... Il fait une cour ardente à Evelyne... C'est le Poète... Il est habillé en "poète"... Habit réséda, maillot collant... Cheveux blonds et bouclés... Rouleaux de poèmes sous son bras... C'est le fiancé d'Evelyne... Danses encore... Toujours danses joyeuses!..

 

2e Tableau :

Devant l'auberge du village... Le jour de la Foire... Groupes agités, affairés... bigarrés... Bateleurs, paysans, animaux, etc. Sous le grand porche de l'auberge, la vieille Karalik accroupie, dit la bonne aventure aux paysans, marchands. etc. La mère Karalik est une vieille gitane méchante... envieuse sorcière... Elle sait lire l'avenir dans les lignes de la main... Les villageois s'approchent. A droite... à gauche... les bateleurs font des tours... Orgues... musiciens... montreurs d'animaux... etc.

Evelyne et le poète suivis par toute la bande des jeunesses joyeuses débouchent en ce moment sur l'esplanade du marché... Leurs rires... leurs gambades font fuir les clients de la vieille Karalik... Son éventaire est renversé... la vieille Karalik maudit leur farandole. Elle jure... elle sacre... elle menace... les jeunes gens ripostent et se moquent d'elle... Et puis on se réconcilie un peu.. Les jeunes filles se rapprochent... Le Poète aussi... La vieille ne veut plus lire dans leurs mains... Elle est fâchée... vexée... Disputes encore... La vieille saisit alors la main d'Evelyne... Tous les autres se moquent de la vieille... lui font des grimaces... La vieille jette un sort à Evelyne... au Poète... A ce moment l'orage gronde... la pluie tombe... La foule se disperse... la ronde s'éparpille... Jeunes gens et villageois s'enfuient... rentrent chez eux... la vieille demeure seule sur la grande place du marché... elle est seule sous l'orage... elle ricane... elle danse les "maléfices"... Elle se moque des jeunes gens... elle mime leurs petites manières... leurs coquetteries... Leurs manèges amoureux... Elle danse en boitant la danse des sorcières"... La vieillesse méchante... tout autour de la scène... traversée d'éclairs et du vacarme de la foudre...

 

3e Tableau :

Le même endroit, encore devant l'auberge... Un autre jour de foire... Foule... Bateleurs, etc. Des grands panneaux décoratifs sont disposés sur les murs de l'auberge... d'autres devins racontent des histoires aux paysans... leur vantent et leur vendent des médicaments... boniments.

Dans les remous de cette foule... Une grande berline (8 chevaux) veut se frayer un chemin... Lourdement chargée... La foule veut empêcher la berline de passer... d'avancer... Des grappes de gamins se pendent aux portières... après les bagages... La grande berline penche alors et s'effondre d'un côté... Un essieu vient de se briser... La foule toute heureuse s'amuse de l'accident... (Cet accident survient juste devant l'auberge.) Le cocher de la berline dégringole rapidement de son siège... C'est un petit homme tout brun, tout pétulant, visage bistré sous son grand tricorne, sourcils, moustaches à la Méphisto... (Attention ! en réalité, c'est le Diable lui-même, travesti !)

Il va tout de suite trouver le gros hôtelier, surgi sur le seuil de sa porte, attiré par la grande rumeur... Très grands saluts réciproques... Aux portières de la berline... apparaissent vingt têtes charmantes, minois rieurs espiègles... bouclées... vingt jeunes filles en voyage... Figures animées... pétillantes, malicieuses... Elles veulent descendre à tout prix... Le petit cocher ne veut pas... leur défend bien... Quiproquo... La foule prend fait et cause... "Descendez !... Descendez !..." La foule se presse... s'agite... On ouvre la berline... "Descendez!" Sautent gracieusement sur le sol les vingt demoiselles (capelines de voyage, chacune un menu bagage, petite ombrelle... etc...) A peine à terre, elles gloussent... s'échappent furtives... mutines... Le petit cocher Méphisto est débordé... Il jure... Il se démène... Il les rattrape dans la foule... Enfin, il peut rassembler sa troupe... mais la lourde berline ne peut plus rouler... Cassée !...

"Pressons, Mesdemoiselles !... pressons !"... Ayant enfin réuni, rassemblé à grand peine cette folle escorte, il sermonne ces demoiselles !... Il explique aussi au gros hôtelier qu'il est, lui, le responsable !... Qu'il est le maître ! Qu'on doit lui obéir !... Le "Maître des Ballets du Roi !" Il doit conduire sa mutine troupe au château voisin pour les fêtes du mariage du Prince !... Le Corps de Ballet ! Les petites font encore mille espiègleries... Tout heureuses de l'incident... Grand tohu-bohu... un cochon... un veau... traversent la scène... Le Maître de Ballet "Méphisto-cocher"... regroupe enfin ses danseuses ; les fait toutes ensemble pénétrer sous le porche de 'auberge... avec son fouet... Il referme derrière lui. cette lourde porte... "Assez ! assez !" La foule s'amuse de sa colère et de son comique désarroi... Ah ! Il est malin quand même !... Il sait bien ce qu'il fait le drôle !... Il est rusé !... Il feint la contrariété... La porte fermée la foule mécontente se disperse... Les épouses entraînent leurs maris... rétifs... Evelyne entraîne son poète... Les jeunes filles sont obligées de tirer un peu sur leurs prétendants... qui soupirent à présent après les danseuses entrevues...

D'ailleurs les hommes ne s'éloignent pas pour longtemps... A peine quelques secondes... Ils reviennent en scène les uns après les autres... (les hommes seulement) essayer de surprendre ce qui se passe à l'intérieur de l'auberge... Ils frappent à la porte... On ne répond plus... Ils essayent d'ouvrir la porte... Ils collent l'il au volet... Ils sont tous revenus là... Le poète, le gros magistrat, le notaire, le médecin, le professeur du collège, L'épicier, le maréchal ferrant, le gendarme, le général, tous les notables, les ouvriers, le croquemort même... On entend une musique de danse... qui vient de l'intérieur de l'auberge... Ils voient par des trous les curieux... Ils miment en cadence en "petits pas" ce qu'ils aperçoivent... Les demoiselles du Ballet sont en train de répéter une figure dans l'intérieur de l'Auberge...

 

4e Tableau :

 

Obscurité d'abord... pendant que les notables évacuent la scène... Le mur antérieur de l'auberge est soulevé... on voit donc à présent la grande salle de l'auberge à l'intérieur... convertie pour la circonstance en studio de danse... Le petit maître de ballet ne veut pas de paresseuses. Il presse ses élèves. Il fait reculer les chaises le long du mur... les tables... Il ordonne qu'elles se mettent toutes en tenue de ballet... Elles se déshabillent... toutes... lentement... Les voici prêtes pour la leçon... Il sort son petit violon de sa poche... Barre... Positions... Entrechats... Ensembles... Badines !... Variations... Il fustige, il mène la danse...

On voit pendant ce temps par un pan coupé à droite que les gros notables sont revenus peur épier... de l'extérieur... Ils se rincent l'il... Ils s'excitent... Scandale des épouses qui essayent de les arracher des persiennes. Ils se trémoussent comiquement les notables, se déhanchent... Ils s'écrabouillent aux fenêtres... Mais l'un d'eux, le gros magistrat d'abord, entre-bâille une. porte dérobée... Il se glisse dans l'intérieur de l'auberge. Le voici dans la pièce tout ravi... tout émerveillé !... Les petites font les effarouchées... Le diable les rassure... "Entrez.... Entrez donc..." invite-t-il le magistrat... Il l'installe dans un fauteuil bien commodément près du mur... qu'il ne perde pas un détail de la belle leçon. Par la même porte le médecin se glisse... Même accueil... le facteur, le notaire, le général... Tous bientôt s'infiltrent un par un... Ils sont installés... sous le charme de la danse et des danseuses... Tous les "représentants" des grands et petits métiers... et les notables hypnotisés par la leçon... Ils miment les gestes, les positions, les arabesques... les variations... Le diable est ravi... Le poète arrive enfin le dernier... Il est bientôt le plus exalté de tous ! Il en oublie son Evelyne... Il fait une déclaration brûlante à la première danseuse... Il ne veut plus la quitter... Il lui dédie tout de suite un magnifique poème...


5e Tableau :

A nouveau devant l'auberge... Le carrosse est à présent réparé... On l'amène devant la porte... Tout est prêt pour le départ... Le gros hôtelier salue le diable-cocher-maître de ballet. Celui-ci précède sa fraîche pépiante troupe... On amène les bagages... La foule se reforme autour de la lourde berline. On vient voir ce départ !... Les danseuses en voiture !... Mais les notables... juge, poète, médecin, etc... ne peuvent se résoudre à quitter les danseuses... Ils sont tous ensorcelés... ni plus ni moins !... Leurs épouses pourtant mènent gros vacarme... Ils prennent aussi d'assaut la voiture... Le scandale est à son comble ! On n'a jamais vu chose pareille ! Tous les époux, d'un coup ! oublier tous leurs devoirs !... La honte !... Elles essayent de retenir leurs maris... Mais en vain... Elles s'accrochent après les bagages ! aux portières ! aux courroies !... n'importe où !... Les époux grimpent sur le toit de la berline... escaladent... la lourde voiture... On démarre... Le Poète s'arrache aux bras d'Evelyne... Il court après la voiture... après l'"Etoile"...

La voiture déjà loin.... grande colère, grand dépit des épouses... Haines !... vengeances !... poings crispés... anathèmes !... Karalik la vieille sorcière mène, attise la furie... Et puis toutes les épouses évacuent la scène... Reste seule Evelyne en scène dans la pénombre... Elle s'éloigne à son tour toute triste... Elle est accablée... chagrine. Elle ne maudit personne... elle va se suicider... elle n'en peut plus !


6e Tableau :

Dans la clairière comme au premier tableau... Evelyne entre seule, de plus en plus douloureuse et désespérée... Elle traverse doucement... vers la rivière. Elle pense à la Mort... Entrent les Anges de la Mort... en voiles noirs... Danse de la Mort... les anges entourent... bercent Evelyne... Elle essaye de danser... Elle ne peut plus... Elle défaille... Lents mouvements de regret et d'abandon... au bord de l'eau...

La Mort entre aussi... elle-même danse... elle fascine Evelyne, l'oblige à danser...

A ce moment, un homme, un chasseur traverse toute la scène... Il cherche... il fouille les taillis... Les Anges de la Mort s'enfuient à son approche... Evelyne reste seule sur un rocher, accablée... Le chasseur repasse encore... plusieurs chasseurs... Puis une biche traverse vivement... La biche amie... compagne des petits esprits de la forêt... Elle est poursuivie par les chasseurs... Elle repasse... elle est touchée... une flèche au flanc... du sang... elle s'écroule juste aux pieds d'Evelyne... Evelyne se penche sur la biche... l'emporte... la cache derrière le rocher, sur un lit de mousse

Le chasseur revient sur ses pas... demande à Evelyne si elle n'a rien vu ?... une biche blessée ?... Non !... Elle n'a rien vu... Les chasseurs s'éloignent... Evelyne trempe son voile dans l'eau fraîche... panse la blessure de la biche...

Les petits esprits de la forêt surgissent du bois... fêtent, embrassent Evelyne qui vient de sauver leur petite amie la biche... Reconnaissance... Mais Evelyne n'est pas en train du tout de se réjouir... Elle leur fait part de son désespoir... L'abandon du Poète... Elle ne peut plus vivre... elle ne veut plus vivre... La funeste résolution !... sauter dans la rivière... Les petits esprits protestent... se récrient... s'insurgent... Elle ? Mourir ?... Ah non !... Elle doit demeurer avec ses petits amis... Pourquoi tant de chagrin ?... Elle explique... que le poète a suivi la merveilleuse danseuse... séduit... désormais... sans défense... Evelyne n'a pas su le retenir Comment rivaliser ? C'en est trop !... "Qu'à cela ne tienne ! Danser ?... s'esclaffent les petits esprits... Danser ?... Mais nous allons t'apprendre ! Nous !... Et tu danseras mieux qu'aucune autre danseuse sur terre !... Tiens !... Veux-tu que nous te montrions ?... Veux-tu apprendre les Grands secrets de la Danse ?..." Le petit roi des esprits appelle, invoque, commande les esprits de la Danse... D'abord la "Feuille au Vent"... Danse de la Feuille au Vent... Evelyne chaque fois danse avec l'esprit invoqué... de mieux en mieux... Le "Tourbillon des Feuilles"... "L'Automne"... le "Feu follet"... "Zéphir" lui-même... les "Buées ondoyantes"... la "Brise matinale"... la "Lumière des sous-bois"... etc. Evelyne danse de mieux en mieux !...

Enfin l'un des esprits fait cadeau à Evelyne d'un "Roseau d'Or" qu'il va cueillir sur la berge ; le roseau magique!... Evelyne fixe à son corsage le joli roseau d'or... Elle danse à présent divinement... C'est exact... Tous les petits esprits de la forêt accourent pour l'admirer... Ah ! elle peut retourner vers la vie !... Elle n'a plus à craindre de rivale... Adieux reconnaissants, grande émotion, touchantes effusions... Evelyne quitte ses petits amis pour rejoindre son fiancé volage... Elle quitte la clairière sur les "pointes"... Les petits amis de loin lui envoient mille baisers et tous leurs vux de bonheur !...


7e Tableau :

Encore une fois devant l'auberge...

Evelyne est tout de même un peu désemparée avec son "roseau d'or"... Comment retrouver son fiancé ?... Elle ne connaît pas le chemin... Où peut-il être ?... Elle questionne... elle cherche... Personne ne sait... Puisqu'il s'agit d'une affaire diabolique, elle va s'informer auprès de Karalik la vieille sorcière, si venimeuse, si méchante... Elle doit savoir elle !... Confiante, Evelyne lui explique... ce qui lui est arrivé... Mais qu'elle danse à présent à merveille... "Vraiment ?... vraiment ?... fais-moi voir !..." Evelyne danse quelques pas... C'est exact !... Karalik est étonnée... Elle ameute aussitôt tous les tziganes de sa tribu... Les femmes et les paysans aussi... ils entourent Evelyne... qu'elle danse ! qu'on l'admire !... Evelyne danse... Le charme est infiniment puissant... Irrésistible ! Immédiat !... Les hommes sont tous aussitôt séduits... Les tziganes surtout... L'un d'eux se détache du groupe... Il vient danser avec Evelyne... L'effleure... Il est envoûté... La vieille Karalik, dans la foule pendant ce temps attise la jalousie des femmes... "Tu vois !... Tu vois !... Elle possède le "charme" à présent... Le Grand secret de la danse !... Elle va te prendre ton homme !... Défends-toi gitane !..." Elle force un poignard dans la main d'une des épouses, la femme du tzigane qui danse avec Evelyne à ce moment... Evelyne ne prend garde... Elle est poignardée en plein dos... Evelyne s'écroule... la foule se disperse... Horrible ! Le corps d'Evelyne reste en scène... Morte ! Un pinceau de lumière sur le cadavre... La scène toute noire... Un petit ramoneur s'écoule ainsi... en musique douce... Et puis doucement... l'on voit surgir de l'ombre... un... deux... trois petits esprits de la forêt... Trois... quatre... la biche... la gazelle... les elfes..., le feu-follet... le gros hibou... Conciliabule alarmé... désolé... pathétique des petits esprits de la forêt... Ils arrachent le grand couteau de la plaie... Il essaye de ranimer la pauvre Evelyne... Rien à faire !...

Le petit Roi des elfes est plus désespéré que tous les autres petits "esprits" encore... Il discute avec le gros hibou... lui le sage de la tribu... Elle est bien morte Evelyne... C'est la faute du "roseau d'or"... Elle dansait trop bien pour une vivante... trop bien... posséder un tel charme vous fait trop haïr des vivants !... Faire naître trop de jalousie vous fait tuer très certainement !... Comment faire ?... Le gros hibou a une idée...

Dans la Légende il est écrit... (dans la légende de la Forêt) que si l'on répand trois gouttes de Clair de Lune sur le front d'une vierge morte amoureuse, celle-ci peut ressusciter à l'état de fée...

Les gouttes de Lune sont les gouttes de rosée nocturne qui se trouvent au rebord de certaines orties..., et qui ont subi le rayonnement de certaines phases de la Lune... Hibou connaît dans la forêt certaine araignée "croisade" qui collectionne dans sa toile certaines gouttes de ce cru de Lune rarissime....

Il part à la recherche de l'araignée... Danse d'espoir des petits esprits de la forêt autour du cadavre... Hibou revient avec l'araignée qui presse dans les plis de son ventre une minuscule fiole pleine de "Gouttes de Lune"... Elle verse trois gouttes sur le front d'Evelyne qui reprend tout doucement connaissance Joie des petits esprits...

"Où suis-je ?... Qui suis-je ?" demande Evelyne.

"Tu es notre petite fée Evelyne !..."

"Mais je suis bien vivante ?..."

"Non... tu ne peux plus retourner parmi les vivants... Tu restes avec nous désormais... Tu es devenue Fée..."

"Oh ! Comme je suis légère !... Légère comme un souffle... Comme je danse à présent ! Encore mieux !..."

Danse avec les petits esprits... et l'Araignée aussi... Mais le chagrin étreint malgré tout Evelyne... Elle n'a pas oublié tout à fait son poète... l'infidèle...

Ses petits amis sont bien navrés... la voyant encore un peu triste... Elle voudrait revoir son poète... Le délivrer des remords qui doivent à présent l'accabler... Le sauver de l'emprise de ces démones et du Diable... lui donner enfin cette dernière preuve d'affection... "Soit !... Bien !... Nous irons le voir tous ensemble ton poète... Tu te rendras compte par toi-même..." lui répondent les petits esprits... "Emmenons la méchante Karalik aussi... Elle connaît tous les chemins du vice... tous les itinéraires du diable... Elle peut nous être utile."

Ils partent à la queue leu-leu... Ribambelle des petits esprits, Evelyne et Karalik, à travers les taillis, plaines et buissons... à la recherche du château du diable... Ils passent devant le grand rideau... dansant à la file indienne... Craintes, espiègleries... effrois... etc...

 

8e Tableau :

L'intérieur du Château du Diable...

Beaucoup d'or... des flammes... des couleurs très vives... le petit diable-cocher-maître de ballet, est alors là, chez lui, habillé "nature" en démon véritable... Il préside une table fabuleusement servie... Fraises énormes... poires formidables... poulets comme des bufs... Tous les notables du village sont attablés... Le juge, le notaire, le général, le médecin... L'épicier aussi, le professeur. Entre chacun de ces damnés une danseuse... C'est-à-dire à présent une véritable démone... L'orgie bat son plein !... Tout en haut des marches un énorme Lucifer, lui-même tout en or... mange seul, des âmes toutes crues... à sa table, avec un couvert tout en or... Les âmes ont la forme de crieurs... Il les déchire à pleines dents... Il avale des bijoux aussi... Il sucre les coeurs avec des poudres de diamants... Il boit des larmes... etc... Le Poète est enchaîné à une petite table... Il déjeune aussi... mais il est enchaîné... La démone "première danseuse"... danse devant lui... pour lui... l'ensorcelle. Mais il ne peut jamais la toucher... l'atteindre. Il essaye... Il est au désespoir... Lucifer, en haut, se réjouit énormément de tout ce spectacle infâme... Il en veut toujours davantage... Qu'on se divertisse... Il commande au petit maître de ballet de faire danser tous ces damnés... au fouet. Tous dansent alors comme ils peuvent... chacun dans son genre... Le Juge avec ses condamnés... Le Juge bien rubicond, les condamnés bien maigres, avec leurs boulets et leurs chaînes... leurs femmes qui portent des rançons... Le vieil Avare danse avec les huissiers, avec les emprunteurs ruinés... Le Général avec les soldats morts à la guerre, hâves, avec les squelettes et les mutilés de la guerre, tout sanglants... Le Professeur avec ses élèves morveux, ses garnements les doigts dans le nez... les oreilles d'ânes... Le gros Souteneur avec ses putains et ses vicieuses et les fillettes... L'Epicier avec ses clients volés.... ses faux poids... ses fausses balances... Le Notaire avec les veuves ruinées... ses clients escroqués... Le Curé avec les bonnes surs volages et les petits clercs pédérastes... etc.

A ce moment, Karalik entr'ouvre la porte... elle entre... derrière elle, Evelyne et les petits esprits de la forêt... Surprise des démons... Lucifer n'est pas content... Il gronde... Il tonne... Eclairs... Il exige que ces intrus s'expliquent... Evelyne fait mine de vouloir délivrer le poète enchaîné... "Non ! Non ! Non !... défend Lucifer... qu'Evelyne danse !..." Les démones sont jalouses... Karalik montre à Lucifer qu'Evelyne possède le sortilège des Danses... Le roseau d'or !... Un démon va le lui arracher...

Alors Evelyne fait un geste... un seul... Signe magique !... et tout le château s'écroule !... et toute cette diablerie est dispersée... par un formidable ouragan... Nuit profonde...

Nous nous retrouvons dans la clairière comme au début... Evelyne a délivré le Poète... ses chaînes sont brisées... elles sont aux pieds d'Evelyne... Il implore son pardon... Evelyne pardonne. Il la supplie de ne plus jamais le quitter... qu'elle ne s'éloigne plus jamais... Mais elle ne peut plus demeurer avec lui... Elle est fée à présent... Elle appartient à ses petits amis de la forêt... Elle n'est plus humaine... Il l'embrasse... Il veut l'émouvoir... Mais elle demeure insensible... froide aux approches charnelles... Elle n'est plus que songe... esprit... désir... Elle est devenue fée... Le Poète est déçu... mais toujours amoureux... Pour toujours amoureux... davantage... toujours davantage... de son Evelyne devenue fée... Evelyne s'éloigne tout doucement, entraînée par ses petits amis... Elle disparaît... se dissipe... mousselines... de plus en plus épaisses vers le fond de la scène... devient de plus en plus irréelle... spirituelle... diaphane... Elle disparaît... prise par le flou du décor... mousselines... Le Poète est seul à présent... La vieille Karalik muée en crapaud ! saute, gigote, accompagnera désormais toujours le gracieux essaim des esprits moqueurs de la forêt...

Le Poète sur son rocher... au bord de l'eau... désolé... déroule son grand manuscrit... Il va chanter... il chantera toujours ses amours idéales, poétiques... impossibles... Toujours... toujours... Rideau.

                                                            * * *

On peut toujours dire tout ce que l'on veut sur tout ce que l'on vous présente... Il n'existe pas de critique en soi... C'est une farce la critique en soi. Il existe une critique bienveillante et puis l'autre, poisoneuse. Tout merde ou tout nougat. Question de partialité. Pour moi, je trouve ce divertissement féerique comico-tragique, fort bien venu. Il me satisfait et j'ai meilleur goût. moi tout seul, que toute la critique pantachiote et culacagneuse réunie, j'ai donc décidé, devançant tous commentaires, que mon ballet valait bien mieux, surpassait de loin tous les vieux thèmes... tous les dadas du répertoire... la cavalerie d'Opéra... Gisèle... Bagatelles... Petits Riens... les Lacs... Sylvia... Pas de chichis ! pas de mimique !... Examinez encore un peu l'agencement de toutes ces merveilles... Regardez de plus près l'article... C'est du travail cousu main... absolument authentique... tout s'y enchaîne... dans l'agrément, le charme... tourbillonne... se retrouve... Variantes... reprises... tout s'enlace... dans l'agrément... s'élance... s'échappe encore... Qui veut danser !...

D'abord le critique de moi-même, à partir d'aujourd'hui, c'est moi. Et ça suffit. Magnifiquement... Il faut que j'organise sans désemparer ma défense... Il faut que je devance les Juifs !... tous les Juifs ! racistes, sournois, bornés, frénétiques, maléfiques... Rien qu'eux... tout pour eux !... Toujours et partout ! J'ai prévenu tout de suite Gutman... Attention Léo !... Tais-toi... Sans commentaires ! Va porter ! Il en demeurait ébloui !

"Jamais ! jamais je n'aurais cru Ferdinand..." Il en restait tout rêveur, confondu ! Il l'a relu tout haut deux fois le poème ! Il découvrait le poète enfin !... Poète comme M. Galeries ! poète comme M. Barbès !... et Tino Rossi !... Comme M. Dupanloup !... les machines à sous !... Comme les petits oiseaux !... le chemin de fer de l'Ouest... J'étais poète à ses yeux !... Nous nous embrassâmes... Il a foncé dans les démarches... Je me couche.

Je l'attends comme ça un jour... puis deux... trois... dix... Je faisais déjà un peu la gueule... Le douzième jour il me revient... gêné. "M. Rouché a trouvé que c'était pas mal ton affaire, mais il demande la musique... en même temps... Il ne veut pas entendre parler d'un ballet, comme ça, sans musique !... Un musicien bien en cour..."

Voilà qui compliquait les choses... Bien en cour ? Bien en cour ? Je sursaute... Mais... -- Mais ce sont les Juifs bien en cour !... Exprime-toi clairement...

-- Tu dois aller les voir toi-même...

Je n'aime pas beaucoup tirer les cordons, j'ai fait énormément la "place", dans bien des endroits à Paris, pour placer toutes espèces d'articles... Ah ! je n'ai plus beaucoup d'entrain... Enfin foutre ! tans pis ! J'en ferai encore des démarches ! Je me ferais piler nom de Dieu !.., pour me rapprocher des danseuses... Je suis prêt à n'importe quoi !... Pour la danse ! Je souffrirai deux, trois morts de suite... Je me voyais déjà, il faut que j'avoue admirablement placé... Pour tout dire bien crûment, je mettais l'Evelyne, ma fée... d'une manière ! imaginaire !... j'anticipais !... j'anticipais !... Ah ! ce n'était qu'un trompeux rêve... Quel abîme de la coupe aux lèvres ! Foutre d'azur !... Courage ! Courage ! Gutman soufflait sa trompette... il nasille, quand il s'anime...

J'ai donc été rendre visite, l'un après l'autre, à tous les grands musiciens juifs... puisqu'ils tenaient toutes les avenues... Ils furent tous bien fraternels... tout à fait cordiaux... flatteurs au possible... seulement dans l'instant... occupés... surmenés... par ceci et puis par cela... au fond assez décourageants... évasifs. Ils me firent mille compliments... Mon poème pouvait se défendre certes... Mais cependant un peu long !... trop court peut-être ? trop doux ?... trop dur ?... trop classique ? Enfin tout ce qu'on bafouille pour se débarrasser d'une pelure... d'un foutu fâcheux... Je commençais à l'avoir sec... En rentrant, à mon tour, j'ai dévisagé fort curieusement Léo Gutman... Il m'attendait sur le palier.

-- Tu ne me judaïserais pas, dis donc, par hasard ?... Toi canaille ? comme ça tout à fait sourcilleux... Tu ne me
crosses pas avec des yites ?...

-- Ah ! Ferdinand, ce serait bien mal reconnaître...

-- Rien à faire à l'Opéra...

-- Ecoute j'ai l'idée d'autre chose... (il était jamais à court...)

-- Pour l'Exposition ?... la 37 ?... Ils vont donner des ballets ?

-- Vérité ?

-- Officiel !...

-- Des ballets de Paris ?...

 

Je recommence à respirer en entendant ces paroles...

-- Ah ! Ça tombe joliment pile, dis-donc, mon Léon... Moi je suis né à Courbevoie !... Et puis ensuite grandi sous cloche... dans le Passage Choiseul... (ça ne m'a pas rendu meilleur...) Alors tu te rends compte un peu ! si je la connais la capitale ?... C'est pas le Paris de mes vingt ans... C'est bien le Paris de mes six semaines, sans me forcer... Je ne suis pas arrivé du Cantal pour m'étourdir dans la Grande Roue !... J'avais humé tous les glaviots des plus peuplés quartiers du centre (ils venaient tous cracher dans le Passage) quand les grands "écrivains de Paris" couraient encore derrière leurs oies la paille au cul... Pour être de Paris... j'en suis bien !... Je peux mettre tout ça en valeur... Mon père est flamand, ma mère est bretonne... Elle s'appelle Guillou, lui Destouches...

-- Cache tout ça ! cache tout ça !... Ne va pas raconter ces horreurs... Tu nous ferais un tort énorme... Je vais tout te dire Ferdinand. L'Exposition des "Arts et Techniques" c'est l'exposition juive 1937... La grande youstricave 37. Tout le monde qu'on expose est juif... enfin tout ce qui compte... qui commande... Pas les staffeurs, les jardiniers, les déménageurs, les terrassiers, les forgerons, les mutilés, les gardes aux portes... Non ! les ramasseurs de mégots... les gardiens de latrines enfin... la frime... les biscotos... Non ! Mais tout ce qui ordonne... qui tranche... qui palpe... architectes, mon pote, grands ingénieurs, contractants, directeurs, tous youtres... parfaitement, demi, quart, de youtres... au pire francs-maçons !... Il faut que la France entière vienne admirer le génie youtre... se prosterne... saucissonne... juif !... trinque juif ! paye juif !... Ce sera l'Exposition la plus chère qu'on aura vue depuis toujours... Il faut que la France s'entraîne à crever toute pour, par les Juifs... et puis avec enthousiasme ! à plein coeur... à plein pot !...

Il disait tout ça pour de rire Gutman, question de me narguer... de se moquer un peu... Il m'imitait... Berger et Bergère...

-- Ça va... ça va !... te force pas... dis-moi seulement ce que tu veux... C'est la dernière chance que je te donne... avant la brouille... la haine au sang...

-- Tu vas Ferdinand, qu'il m'indique, me donner alors un véritable boulot, un petit ballet... absolument approprié aux fastes de l'Exposition...

-- Gigot !... que je fais, Gutman, je te prends au mot, pour le mot... Je te laisse pas sortir ! Je te le chie pile ! mon poème... entier ! sur le marbre !... Tu pourras livrer de suite... (Nous étions dans un café)

-- Garçon ! passez l'encre et la plume !...

J'allais pas encore me cailler... comme j'avais fait pour l'autre féerie... et puis que ça finisse en boudin... Je lui bâcle là en trois secousses... mon petit projet... j'avais le sujet tout mijoté... Je lui file en fouille le manuscrit, tout chaud... et je lui mande :

-- Gutman ! Saute ! Mais je te préviens... face de fausse gouine ! Fais attention ! Va pas me revenir encore bredouille!... Tu me fâcherais horriblement...

 

                                              VOYOU PAUL, BRAVE VIRGINIE

                                                        Ballet-Mime


Petit Prologue.

 

Le rideau représente sur toute la hauteur "Paul et Virginie", tableau romantique. Paul et Virginie gambadent gaiement dans un sentier bordé de hautes frondaisons tropicales... s'abritant sous une large feuille de bananier. Musique...

A ce moment, d'un côté de la scène, apparaît une très aimable et fraîche et mignonne commère en tutu, baguette frêle à la main... Elle s'avance jusqu'au milieu de la scène sur les pointes... tout doucement accompagnée en sourdine par la musique... Elle prévient très gentiment les spectateurs... "Certes ! il a couru bien des bruits sur Paul et sur Virginie... La vérité ? oh ! attention !... Tout ne fut pas raconté... Ils ne périrent ni l'un ni l'autre... ne furent noyés qu'un petit peu... au cours du terrible naufrage... Ils furent recueillis sur la rive... Vous allez voir juste comment et pourquoi... Sauvés en somme par miracle... C'est un fait ! toujours enlacés... toujours épris semble-t-il... mais il faudra bien qu'ils se réveillent... Comme il nous tarde de savoir..."

Sur ces mots... et toujours en musique et sur les pointes, la commère file dans la coulisse...

Alors le rideau se lève...

 

1er Tableau :

 

Un rivage... sable... des herbes... Au loin, des palmiers, des orangers. Mille fleurs éclatantes. Paysage tropical... Une tribu de sauvages est en pleine célébration d'une fête... tam-tam... musique... danses furieuses... lascives... puis saccadées... exaspérées... Une sorcière de la tribu, dans un coin, tient une espèce de comptoir : gris-gris, fioles, amulettes, poudres, près du tam-tam... Elle parcourt les rangs... dans la sarabande... femmes, enfants, hommes... tous les âges mêlés... Elle passe à boire aux danseurs... les oblige à boire quelques gouttes de son philtre... chaque fois qu'ils paraissent un peu languissants... épuisés... vite elle les requinque avec son breuvage... elle circule... gambade à travers les rangs avec sa fiole et ses gris-gris... qu'elle agite... elle surexcite le tam-tam. Elle pousse les femmes vers les hommes... les vierges vers les mâles... les petites filles... etc... Elle est le démon de la tribu...

Pendant que les scènes s'enchevêtrent... on voit au loin une petite voile se profiler à l'horizon... qui grandit... on entend mugir la tempête... Le vent... La sarabande des nègres redouble... bacchanale... en mesure avec les rafales... Le navire se rapproche... Il va s'éventrer sur les récifs... Grand émoi chez les sauvages... Ils vont chercher leurs javelots... les haches... prêts au pillage... La tribu entière se précipite vers l'endroit du naufrage... Ils reviennent bientôt avec le butin : barils... coffres... paquets divers... et puis deux corps enlacés... qu'ils déposent sur le sable... près du feu... Deux corps inanimés... Paul et Virginie... toujours enlacés...

Ces sauvages sont de bons sauvages... ils tentent de ranimer Paul et Virginie... Ils ne reviennent pas à la vie... La sorcière écarte la foule... Elle connaît un philtre... Elle leur verse son breuvage... entre les lèvres. Paul et Virginie reprennent conscience... peu à peu. Paul a bientôt complètement retrouvé les sens... Virginie est plus lente à se remettre... Emoi... angoisse... de Paul... Paul demande encore un peu de ce breuvage... Il est avide... La sorcière elle-même le met en garde : "Ce breuvage est d'une ardeur extrême..." Il porte aux sens... au délire ! Paul se lève... Il fait quelques pas sur la plage... Il se sent déjà beaucoup mieux. Ses yeux sont émerveillés... Il ne regarde plus Virginie... plus aussi épris semble-t-il... Mais Virginie se redresse aussi... l'enlace... Elle va mieux... Ils dansent ensemble... La ronde des bons sauvages les entoure... tout heureux d'avoir sauvé ces amoureux ! Paul veut encore boire de ce breuvage... mais Virginie se méfie... ce breuvage lui fait peur... La façon dont Paul lutine à présent les petites sauvageonnes ne lui plaît qu'à moitié... Paul se trouve agacé par cette réserve... cette pudibonderie. Virginie boude... Paul lui fait signe qu'elle l'embête... tout en dansant, frénétique !... Virginie va bouder un peu à l'écart... Première brouille !... Dépit de Virginie lorsque Paul de plus en plus endiablé conduit une farandole éperdue, générale, de tous les sauvages et se tient comme un voyou... Il boit à la régalade le philtre ardent. Encore !... et encore !... Virginie déjà ne le reconnaît plus...


La 2eme partie de "BAGATELLES POUR UN MASSACRE"

de LOUIS-FERDINAND CELINE est ICI

et ICI ses autres pamphlets.

Par Zoso - Publié dans : LOUIS FERDINAND CÉLINE
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Lundi 10 avril 1 10 /04 /Avr 17:38


LOUIS–FERDINAND CÉLINE


L'ÉCOLE DES CADAVRES


8eme et dernière partie


Il se passera en Italie, en France, pour les youtres, exactement ce qui s’est passé pour la pseudo-antisepsie désastreuse. C’est facile à prévoir. Ces semblants de déjudaïsations, ces antisémitismes mitigés, mesurés, littéraires, à mots couverts, feutrés, ne donneront rien du tout.Si vous voulez dératiser un navire, dépunaiser votre maison, vous n’allez pas dératiser à demi, dépunaiser seulement votre premier étage ? Vous seriez certains d’être envahi dans un mois, par dix fois plus de rats, vingt fois plus de punaises. Les déjudaïsations à l’italienne, à la Maurras, à la circonlocution, ne me disent rien qui vaille. Ce ne sont que désinfections littéraires, non efficaces, irréelles. Je suis même persuadéqu’elles font aux Juifs beaucoup plus de bien que de mal. Toute l’histoire ancienne et contemporaine nous prouve que ces simulacres, ces semblantsd’action contre les Juifs réussissent admirablement ! Voyez les résultats ! [242] Deux qui sortent par la porte, trente-six mille rentrent par la fenêtre. Et les demi-juifs ? Pourquoi par les demi-microbes ? les quarts de microbes ? Il faut savoir ce que vous voulez. Vous voulez vous débarrasser des Juifs ou vous voulez qu’ils demeurent ? Si vous voulez vraiment vous débarrasser des Juifs, alors pas trente-six mille moyens, trente-six mille grimaces ! Le Racisme ! Les Juifs n’ont peur que du racisme. L’antisémitisme, ils s’en foutent.Ils peuvent toujours s’arranger avec l’antisémitisme. Le nationalisme est là pour un coup ! et le baptême donc ! Racisme ! Racisme ! Racisme ! Et pas qu’un petit peu, du bout des lèvres, mais intégralement ! absolument ! inexorablement ! comme la stérilisation Pasteur parfaite. Si vous voulez faire seulement joujou, lancez-vous tout de suite dans les “équitables dosages”, les judicieuses mesures, les nuances, l’antipersécutionnisme par exemple. Du coup vous pouvez être tranquilles, vous les garderez tous vos Juifs, mieux encore, tous leurs cousins, leurs connaissances, leurs relations, (et Dieu sait qu’ils en ont !) ne manqueront pas de vous rappliquer des quatre coins de l’Univers attirés par votre renommée libérale, viendront se blottir sous vos ailes, pour vous admirer de plus près, vous et votre si fine, lumineuse compréhension de la dialectique culturelle, des hauts devoirs humanitariens, de la fraternité pro-juive, de l’identité de tous les hommes dans le malheur. Vous serez gâtés ! Ah ! Vous ne serez pas l’ordure totale ! La brute indicible comme Hitler ! Pourquoi Maurras, je me demande, a-t-il peur du racisme ? Il a rien à craindre dans sesorigines ? Peut-être qu’il veut pas faire peur aux Juifs souscripteurs, aux “bons Juifs” ?Conclusion : Par les morales les plus rigides, les mesures les plus terrifiantes on n’arrive pas à grand’chose avec les hommes, mais par les demi faux-semblants, les demi-teintes, les faux-fuyants, qu’est-ce qu’on espère ? Autant bien mieux avouer tout de suite qu’on a rien envie de faire du tout, qu’on s’en fout. Ça serait plus simple, plus honnête. Et puis Amen nom de Dieu ! Et vive l’enfer du Talmud !

Rien de plus juif que la Pape actuel. De son véritable nom Isaac Ratisch. Le Vatican est unGhetto. Le Secrétaire d’État Pacelli, aussi Juif que le pape. L’Église est toujours prête à rebrûler Jeanne d’Arc. Trop heureuse ! L’Église, notre vieille sorcière judaïque, marchande de cierges…

Qui mange du Pape en meurt !

 Alexandre BORGIA

Le monde dans toute sa folie, suit malgré tout, d’assez près, les prédictions juives. Ça peut pas beaucoup nous surprendre puisque les Juifs sont les auteurs de toutes nos musiques, de toutes les danses dont la futile humanité trémousse, s’écartèle. C’est la moindre des chosesqu’ils s’y retrouvent dans les ritournelles du destin. Presque tout est advenu à peu près selon les présages depuis l’Égypte… Rien à dire, l’un dans l’autre, dans l’ensemble, ça colle. Jusqu’en 1940, c’est bien comme ils avaient prévu. Mais où ça ne va plus du tout, où la machine à prédire déglingue, cafouille, foire, déconne horriblement, où les Mages les plus déliés, les plus diserts, les plus surhumains pataugent, louvoyent, se noyent en furieux pataquès, c’est quand ils arrivent aux abords de l’année 1940. Alors, ça va plus du tout. On les comprend plus. Leur charabia s’épaissit, c’est la nuit. C’est plus qu’un ergotage horrible dans les rangs magiques. Ils nous laissent en panne devant les abîmes. Même Nostradamus, le prodige des Vaticinants, le youtre que pas grand’chose démonte (il avait prédit les Saturnales 93, jour pour jour, 300 ans d’avance) s’interrompt, chipote, esquive, désiste, bouffe sa chique. Les plus suprêmes superconscients du bout des siècles se débalonnent aux abords 1940. Rien ne va plus dans [245] l’extra-lucide. Tous les prémoniteurs s’étranglent. 1940 leur coupe le sifflet. L’au-delà 1940 pue les cataclysmes. Ça va trop mal pour qu’on en cause. Tous les voyants louchent ailleurs. Ils préfèrent. La mite les poisse… leur obstrue la divination… Ils se touchent… Ils tortillent… Ils refusent de remettre leurs besicles. La fête est finie. Pour moi, c’est la honte, c’est la chiasse qui les étreint, qui les poigne, qui les interdit… Ils gafent les Mages, (Ils sont tous aux Juifs), dans les horoscopes, les tarots, les marcs, salamandres, que ça sera un grand règlement 1940 ! Ils savent de quoi elle retourne l’Histoire, c’est eux qui l’ont engendrée, que c’est pitié infernale, démoniaque pitrerie, comme les Goyesse sont fait poirer, trucider, spolier, bénarer, hacher, foutriquer toujours et toujours par les Youtres, depuis le commencement des Âges ! La grande escroquerie masochisto-chrétienne, ils la connaissent dans tous les détours, tous les déclics, toutes les ficelles, tous les tréfonds des catacombes, depuis Moïse, depuis Pierre jusqu’à Belisha, de ghettos en ghettos… de cathédrales en Comitern… Tralala ! Je vous l’affirme ! (Des vents ? Des phrases ? Despauvres paroles ?) Boyaux vous-mêmes. Piteux ! Silence ! N’émettez plus ! Émissionscraintives ! Vents du bas ! Je vais vous les conclure moi les Mages ! Vous la remettre la clefdes mystères. Vous en ferez ce que vous voudrez !

« Pulsate et aperietur vobis ! » (Frappez et il vous sera ouvert ! Évangile St. Luc) Je peux pas me compromettre davantage. Je vais tout vous révéler ! Ce que l’on ne vous dit jamais, ne raconte jamais aux enfants. Ce n’est pas depuis hier, c’est bien depuis Charlemagne que tout va si mal en Europe. Depuis Charlemagne, nos carottes sont cuites, recuites, revenues, remises à bouillir au sang goye ! Depuis son fils, le Débonnaire, le débile, l’enviandé fameux, l’illuminé fait chrétien de foi la plus vive, celui des confessions publiques, le comprimé de contrition, de pieuserie, l’empereur bouleversé de remords, l’empereur [246] mortifié, confesseur de toutes ses indignités sur tous les parvis de l’empire. Un cadeau ! L’empereur dévotieux époux, servi ou éperdu de remords mystiques, fondant au possible… servi mollet, servi poreux, servi friable, servi cocu à sa terrible garce, Judith deBavière, l’épouse du démembrement, la fauve judaïque ! Louis le Débonnaire le pâlot ! Louis le Pénitent ! Louis l’Aryen ! tout du confesseux ! Et puis toute sa lignée des envoûtéspusillanimes, toute la kyrielle carolingienne, de plus en plus dévotieux, pâlots, superpénitents, mortifiés, humiliophiles… épongeogènes… torchecuteux… Charles le Chauve… Louis le Bègue… les rejetons de plus en plus gris… les rejetons verdâtres… de plus en plus confesseux… désastreux, délirants d’indignité, de torts, de fictions mortifiantes, de pénitences… de cilices, de manque de couilles… de couillettes… de plus en plus éplorés, déplorés, contrits, capitulants, scrupuleusement angoissés, trifouillants insatiables,inconsolables, de croquemitaineries ratichonnes, branleux excommuniants, mea culpins infinis de plus en plus chevrotants, affolés, de plus en plus éperdus, de plus en plus chauves, de plus en plus bègues. Ah ! Nous avons été soignés ! fignolés… Ah ! Nous fûmes joyeusement lancés dès les premiers siècles dans la belle carrière enculière des abnégations ! soumissions ! repliements ! holocaustes ! détachements ! docilités sublimes ! châtiments !châtiments ! abélardises ! joies sacrificielles ! massacres expiatoires ! Ah ! Nous avons été gâtés dès nos origines pour la pénitence ! la rage des pénitences ! Masochistes attendris pour tous aveux chrétiens ! Nous avons de qui tenir ! La joue ! deux joues ! Trente-six joues ! Tout le buffet ! Trente-six mille chandelles ! Vessies ! Vessies !Toutes les étoiles du ciel ne sont que les lanternes du Temple de notre connerie. La foi ! La foi ! Quelle foi de la merde ! Nous avons de qui tenir pour l’hébétude crédule ! Quel dressage ! La frénésie de souffrir ! Les descendants carolingiens n’ont su tout de suite comment dégénérer, crouler, renoncer davantage, s’émasculer encore un peu mieux, ramper encore un peu plus grotesquement sous tous les bénitiers du Pape, se rendre [247] encore un peu plus dégueulasses par nouvelles renonciations, macérations bêlantes. Le plus éhonté brelan dechristianeux enfifrés qui soit jamais tombé sous la férule des youtres. Quand je dis les youtrescomprenez les évêques aussi, c’est pareil. Tout un empire à genoux ! Quel beurre ! Suppliant ! Implorant les absolutions ! Tout un empire de confesseux ! De l’empereur au dernier des serfs ! Tous à genoux ! Ah ! la savoureuse pharamineuse chariboterie ! Toute la horde aryenne en esclavage volontaire ! Le Masochisme fanatique pour tous ! La religion christianique ? La judéo-talmudo-communiste ? Un gang ! Les Apôtres ? TousJuifs ! Tous gangsters ! Le premier rang ? L’Église ! La première racket ? Le premier commissariat du peuple ? L’Église ! Pierre ? Un Al Capone du Cantique ! Un Trotzky pour moujiks romains ! L’Évangile ? Un code de racket… L’Église catholique ? Un arnaquage auxbonnes paroles consolantes, la plus splendide des rackets qui ait jamais été montée en n’importe quelle époque pour l’embéroutage des Aryens. On ne fera jamais mieux ! Depuis Sésostris c’est le grand jeu ! C’est le nougat miraculeux ! Toujours les Goyes qui sont marrons ! À tous les coups ! à tous les détours ! Des Catacombes en Tartarie ! De Babylone chez Citroën ! De Catalogne à Chicago ! Immanquable ! Le Goye chocolat partout ! Àgenoux ! La nouvelle variété du genre, le stratagème “communiste”, c’est de “l’à genoux” aussi pour tout le monde, bien sûr, forcément, mais ça vaudra jamais l’autre, l’évangélique ! Ça sera jamais si fameux ! Si assuré, si peinard ! Y a plein de “paillons” dans le communisme, des statistiques qui empoisonnent, des mirages de jambonneaux qu’il faut toujours dissiper. Ça sera jamais aussi splendide comme fonctionnement, comme rapport. L’autre, la “Légende catholique” ça se déroulait dans les nuages, jamais de contrôle ! jamais de risques ! Aucun frais ! Tout en rêves ! Ce qui tue le juif  dans le communisme, c’est que l’incrédule peut y aller voir, se rendre compte, en Russie, et revenir dire que c’est pas vrai !... Que rien du Paradis [248] n’existe… Que les jambons tombent pas du ciel. Ça fait mal. Christianisme, foi liquéfiante pour éternels agenouillés transis, prostrés terrifiés, angoisseux empaffés, voués, offerts, évertués à toutes lespriaperies juives, à toutes les foutriqueries judaïques, goulus de tous les foutres, de toutes les ruées d’Abyssins, les miches toujours en bataille, toujours en souffrance ! Résignation ! Lareligion des Soumis ! La croyance faite pot ! Pénitence ! Aveux ! Tendres aveux ! Confidences ! Re-Pénitence ! Macérations ! Abnégations ! Plus d’épreuves ! Sacrées ! Tortures ! Bénies ! Adoration des chères souffrances ! Pleurnichons ! Bas les frocs ! Encore plus de contrition ! Déchirements ! Désolation ! Méticulisation de l’Indignité souffreteuse ! Purgatoire ! Purgations ! Vaticinations confessières ! Douleurs ! Douleurs ! Plus de douleurs ! Flagellations ! Crucifix ! Encore ! Remords éternels ! Larmes ! Larmes ! Deuils ! Mortifications laminantes ! Agoniques ! Merci ! Amen ! Amen ! Quelle mirifique aubaine pour le juif que cette planète surpeuplée d’esclaves éperdument contrits, auto-analyseurs introspecteurs farfouilleur submergés exorbités pour des fantômes en pines de mouches à longueur de cauchemar terrestre. Quelle manne mille fois plus juteuse,délectable, profitable, régalante, que les pauvres sucs candis du Désert d’Horeb ! Cette mirobolante incroyable pullulation des serfs aryens fanatiques en ratiocinages dénigrants ! tout étouffés ! abrutis de haines mutuelles, fébrilement, farouchement ragoteux, scrupuleux de toutes conneries décervelantes, toujours passionnément fiers de se faire mieux englander, saloper toujours davantage par leurs satrapes juifs, plus cruellement si possible, sefaire éventrer de bas en haut pour la jubilance, l’irradiance du Moloch crépu. Jamais assez ! Jamais trop ! Voilà le miracle ! Peut-il exiger davantage de la Terre et du Ciel le juif ? Dieu-Juif partout ! [249] Les Aryens sont immédiatement mordus pour tout ce qui peut les avilir, les asservir davantage, les dégueulasser un peu plus. Ils se feront mettre en charpies pour n’importe quel youtre, encore un peu plus crapule, plus charlatan que les autres… Pierre, Marx, Trotzky, Roosevelt, etc… Constipés en tout, bouchés de partout les Aryens, sauf pour la ravagière bite du juif, toujours admirablement aspirée, sucée, folichonnée, réchauffée, régalée, réjouite adorablement. C’est plus de la rage, c’est de la communion du fondement. La connivence judéo-chrétienne, prélude à la grande curée judéo-maçonnique a toute son origine dans le traité de Verdun (843). Le Traité de Dépiautage, de Démembrement. L’Empirecarolingien tronçonné. Sabotage de l’Empire, découpage de l’Empire en trois lopins idiots : France-Allemagne-Italie. Sabotage de l’Europe. Fagotage de l’Europe en cinquante frontières absurdes. Création de l’Europe impossible. Création de l’éternel conflit franco-germanique, de l’éternelle boucherie franco-gemanique, de l’inépuisable tuerie d’Aryens français contre Aryens allemands. L’Apocalypse en famille, pour la plus grande prospérité, gloire, dévergonderie, rigolade, bacchanale d’Israël.

Le gouvernement du Reich a inauguré hier le canal Rhin-Danube commencé par Charlemagne. Les Journaux, 31 octobre 1938. Caltez avec vos parchemins ! Arrière ! Troubadours ! Luth ! Sornettes ! Oh ! Là ! Là ! Pirette ! Néfaste ! Au musée ! La honte ! L’attirail ! Pauvre peau de lapin ! Fripe ! Défroque ! Cervelle romancière ! Entendez-vous l’Ostrogoth ! 843 ! Pourquoi pas Mathusalem ! C’est à se la dévorer vivante ! ! Quel bouffon ! Pouffons ! Il est trop drôle ! En vérité ! Ferdinand Luminal ! Scandale ! Vendu ! Le vampire d’Aix-la-Chapelle ! Douche ! Douche ! Charlemagne ! Oh ! Oh ! Oh ! Il est impayable ! Véritablement ! Aspersion ! Immersion !... C’est curieux, moi, je ris pas du tout… Je la trouve crépitante, embrasante d’actualité mapetite histoire du Débonnaire. C’est le Tour de France, moi, qui me fait chier, avec ses étapes en mélos, ses apérosdithyrambiques. Je le trouve morne, ampoulé, rampant le Tour, poudreux, fadasse, archaïque, à côté des vicissitudes du Traité de Verdun 843. C’est pas de la réclame, c’est sincère. Il mepossède, moi, âme et substance, le Traité de Verdun 843. Je suis pas seul d’ailleurs, vous mêmes qui gloussez, petits marles espiègles, vous en crèverez bientôt du Traité de Verdun 843. Il a pas fini de vous ébahir, de vous éblouir le Traité de Verdun 843. Vous en baverez des grenades par extraordinaire émotion. C’est autre chose que les Rois de la Jante ! que les [251] duels Byrrh, Suze, Bartali, Pernod, dans tous les cols de la Faucille ! Ah ! Pardon ! jamais rien ne vous fut offert aux “Actualités”, de plus merveilleusement actuel que les fastes du Traité de Verdun 843. C’est Paris-Soir qui nous excède avec ses rabâcheux topos, ses vieilleries d’y a deux heures qui pèsent déjà soixante siècles, les petits détritus de la veille servis pomponnés, judaïques, foisonnants, d’éloquence merdeuse. C’est pas l’écran, c’est pas vos canards vendus qui vont vous mettre à la page. Personne ne vous parlera jamais du Traité de Verdun 843, de nos maudites origines. C’est sûrement pasl’Humanité qui va se mettre à table, Gabriel Péri juif de service, ni la radio, juif de serviceBen Azet, ni la synagogue Populaire, ni le Gallus-Latzarus, ni le reste de la presse française,composite de larbins aux ordres des Grads-Prêtres Bollack-Stern-Havas les Juifs aux sources des Nouvelles ! C’est pas Romier, c’est pas Mauriac, c’est pas Buré, etc… tous hommes de la conjuration, sous-juifs synthétiques. Ça ferait pourtant des beaux chapitres pour leur “Allemagne, bête enragée, nation de Proie” et leur “Conscience Universelle”… Ils nous expliqueraient bien des choses chemin faisant… Ils nous amuseraient certainement… Ils nous émouveraient [sic] peut-être… La catastrophe de Verdun 843, c’est la catastrophe permanente, elle outrepasse toutes les autres, question de sensation, par la violence spectaculaire… Ils en rempliraient les journaux s’ils voulaient rien qu’avec qu’elle, en photos-montages gigantesques, en panoramas hallucinants. On verrait tous les Aryens éclater, tantôt sous les tanks, tantôt sous les barricades, sous les charges de cavalerie, sous les hoplites, sous les marmites de poix bouillante, sous les barbacanes, ça dépendrait des époques, du genre de la croisade en cours. On verrait comme ça toute l’histoire, notre Histoire d’Aryens, en gros plans fondus charniers. Toujours, toujours y en aurait d’autres des cocus à massacrer, toujours d’autres… Pas besoin de tous ces petits crimes de la première page, ça serait plus qu’un vaste abattoir d’un bout à l’autre du cancan. Du vrai journal pour le peuple, dans le peuple, fait avec le peuple.

Nous sommes séparés de l’Allemagne depuis 1 100 ans ; 1 100 ans de merde, de conneries furieuses, 1 100 ans de mensonges sans arrêt, de trémolos ignobles, de palliatifs vaseux, de rémissions louches, de revanches toujours plus infectes, de solutions pourries. Nous n’en sortons pas. Nous sommes les enfants d’un cauchemar, d’un monstre dont tout le sang nous dégouline plein la gueule et plein les yeux. Nous ne parlons plus que de sang, dans le sang. Nous ne voyons plus que du sang. Depuis 1 100 ans, veaux traqués, nous ne faisons que chavirer d’un abattoir dans un autre, d’un charnier dans un autre, toujours plus accablés, plus soumis, plus saignants. Il règne sur toute cette Europe un sale fatalisme de boucherie, une dévotion très prostrée devant toutes les tueries possibles, infiniment répugnante, à en dégoûter Dieu le Père, s’il n’était de par lui-même Jean Foutre si dégueulasse. Plus de 1 100 ans d’éventreries bafouilleuses, de balivernes apocalyptiques, de calembredaines massacrières. Ça suffit pas ?Ça fait peut-être tout de même le compte ? Le poids comme rançon ? Comme pénitence d’un foutu calamiteux parchemin confesseux. D’un Traité de honte et de scrupules débilogènes ? Comme expiation des conneries d’une clique d’empédéreux christianeux carolingiens ! Merde ! [253] C’est un véritable enfer comme dommages et intérêts ! Rideau ! N’est-ce point le moment qu’on s’en torche du Traité de 843 ? L’avons-nous suffisammentfumée l’Europe de nos barbaques françaises et allemandes, depuis 1 100 ans ? Pour les bénéfices judaïques ? On va faire les comptes ! Et surtout depuis quatre siècles pour la sorcière britannique, la Sarah-la-Marmelade de son yite ! après on causera ! Jusqu’à preuve du contraire, c’est une ordure Miss Marmelade, l’atroce Angliche, pas fréquentable, bel et bien maquée, reluisante, avec le plus jeton des doubleurs. C’est même unehonte qu’on lui cause à cette bourrique fourreuse de youtres. Pas des paroles qu’on lui devrait ! rien que des glaves ! Et plein la fiole ! Que ça lui dégouline partout ! Plein l’arrogance ! Pour cent mille livres de bien gluants, à chaque fois qu’elle l’ouvrirait ! Voilà du régime pour sa poire ! C’est une donneuse ! Roule the wouèves ! Roule-the-Merde ! L’Albion roule the ouaives de charognes ! Saloperie ! Sarah Marmelade, la donneuse d’Europe !

De Profundis. Tout le pognon des Français, si paysans, si regardants, il est plus du tout dans leurs poches, il est passé dans les fouilles juives, dans les caves de la Cité. Il a suffi d’un bon petit siècle de triomphale démocratie, de maçonnerie prestigieuse pour accomplir ce miracle, qu’à petit flouze il pousse des ailes, qu’il revienne plus du tout par ici. Question de places, d’emplois, de petites fonctions, de grosses prébendes dans l’industrie, l’artisanat, la presse, les Arts, la médecine, c’est exactement du kif. Y en a plus que pour les Juifs ! Et puis dans les Trusts de même, les fameux trusts vampiriques, dont on arrête pas de nous causer (les deux cents familles…) Il a suffi d’un siècle de Loges pour que tout ça passe aux yites. Les indigènes n’ont plus rien. Ils sont strictement dépouillés, repassés. Le miracle est accompli. Ils ont plus qu’une chose à faire pour se rendre plus utiles encore, c’est s’en aller crever aux guerres, pour défendre l’or de leurs patrons, de leurs youtres, de leurs dieux. À quoi ils serviraient sans ça ? Je vous le demande ? Toutes les viandes françaises indigènes seront demain hachées, grésillées, farcies “petits éclats”, menues grenailles, fondues, revenues “estouffades”, servies chaudes au gaz, sur les champs de bataille des cinq fronts. Ça leur fera faire des Pâques splendides à ces zigotos d’Aryens ! À ces petits émancipateurs ! Prêchez ! Prêchez, [255] mes petits frères ! l’émancipation par les Bases ! Vous allez gagner ! Vousallez tous être régalés dans la Croisade antifasciste ! Personne ne sera oublié dans la distribution des prix. Y en aura pour tous ! Vous avez une chance inouïe ! Ma parole ! Récitez votre “Pater” ! Vos “Dies Irae” ! mot à mot ! Vos propres faire-parts ! Vos “Ave” ! Gâtés ! Pas besoin de retenir vos créneaux ! Vos caveaux ! Tout est prévu ! Organisé ! Au kilo ! Chaque offensive ça pèse tant de viandes ! Tant par fringale expiatrice ! Tant par service rédempteur ! Bien dans vos natures ! Allez-y ! Poitraillez Mordieu ! C’est des vraiscadeaux qui vous tombent du ciel ! Des trépas pareils ! Pour des causes si illuminantes, si pharamineusement humaines ! Des agonies pleines de fusées, des vraies féeries ! Des comaséblouissants ! C’est pas banal ! C’est même suprême ! Tout seuls comment que vousfiniriez ?... Hein ?... Je vous le demande ? De morts naturelles, sans doute… banales… Desagonies de vieillards comme ça… dans des lits ?... lamentablement… Pouah ! Allons ! Deshésitations ? Une offensive qui piétine c’est de la barbaque qui tourne jaune, qui ramollit au péril. Tant de tonnes de plus ! fraîches, c’est gagné ! Le moment critique ! Dare-dare ! Les États-Majorssont guillerets, ne demandent qu’à vous élancer dans les attractions… Et puis d’abord, écoutez-moi, si vraiment ça vous lancine, que vous trouvez que ça traîne de trop, que vous pouvez plus vous retenir d’impatience, vous pouvez toujours rejoindre, sans délai, le Marquis Marty d’Albacete au front gouvernemental. Il a du travail à la main. C’est un vrai père pour les chômeurs le Marquis d’Albacete, lui si mutin de la Mer Noire, si fusilleur en Castille, sifoireux aux gerbes à Toulon mais toujours remarquez-le bien, le Marquis Marty d’Albacete, toujours de l’excellent côté du Conseil de Guerre. C’est à ça qu’on reconnaît la classe, la valeur de l’homme.

Lorsqu’elle sera terminée la prochaine Croisade, Dieu sait comme ! Le Juif pourra sevanter de nous avoir tous possédés jusqu’au dernier millésime de notre croulant fifrelin, jusqu’à l’ultime grelottante goutte de la suprême hémorragie. Tant pis ! Tant mieux ! Le plus tôt sera le mieux ! Le pire serait encore qu’on vous ressuscite dans une telle horde de férus infects furieux cocus, trépignants pour tous abattoirs, irrésistibles d’être égorgés, inassouvibles aux sacrifices. Les États Aryens : Parcs à bestiaux pour tueries juives. Batailles rituelles pour équarisseurs, beuglements, charrois en tous genres, phénomènes sociaux divers, traite desvaches pendant les entractes. Vous avez l’Europe telle quelle depuis l’année 843, l’année du partage, du démembrement. Ça n’a pas cessé le grand sport depuis ce moment, et c’est pas fini, et ça continue. Comprenez-moi bien.

Mais alors, dites donc Ferdinand, vous allez pas terminer ce genre prétentieux ? Ces effets captieux ? Ces paradoxes imprécatoires ? Ce phrasouillis vétilleux ? Où que vous partez en zigzag ? Vous allez pas aboutir ? Abrégez un peu vos facondes ? Venez au fait ! Que voulez-vous ? Moi, je veux qu’on fasse une alliance avec l’Allemagne et tout de suite, et pas une petite alliance, précaire, pour rire, fragile, palliative ! quelque pis aller ! Pas du tout ! Mais non ! Mais non !... Une vraie alliance, solide, colossale, à chaux et à sable ! À la vie ! À la mort !Voilà comme je cause ! Je suis pas en train de cacher mes préférences, mes sentiments. Je trouve que sans cette alliance on est rétamés, on est morts, que c’est la seule solution. On est tous les deux des peuples pauvres, mal dotés en matières premières, riches qu’en courage batailleur. Séparés, hostiles, on ne fait que s’assassiner. Séparés, hostiles, côte à côte, on sera toujours misérables, toujours les esclaves des bourriques, des provocateurs maçons, les soldats des Juifs, les bestiaux des Juifs. Ensemble on commandera l’Europe. Ça vaut bien la peine qu’on essaye. On filera une telle trouille aux Yites qu’ils s’évaporeront de la planète. Même pas besoin de les [258] toucher, on les flambera juste un petit peu… le bout des arpions… On se réveillera comme d’un cauchemar. Ils seront partis !... pour toujours !... On filera Londres en quarantaine, au garde à vous. Ça pourra se faire immédiatement. C’est que des haines artificielles qui existent entre nous et les Boches, ourdies, ranimées, entretenues, propagées par les Traités et les Loges, les journaux, les radios, à la solde du Juif. Ça peut s’arranger en 48 heures. Rien d’irrémédiable. Il faut de la haine aux hommes pour vivre, soit ! c’est indispensable, c’est évident, c’est leur nature. Ils n’ont qu’à l’avoir pour les Juifs, cette haine, pas pour les Allemands. Ça serait une haine normale, salvatrice, défensive, providentielle, comme contre une vérole ravageante, ou les envahissements de la peste, les rats colporteurs de morbus. Ça voudrait dire quelque chose. La haine contre les Allemands, c’est une haine contre nature. C’est une inversion. C’est notre poison, et mortel. On nous l’injecte tous les jours, à doses de plus en plus tragiques.

La France n’est latine que par hasard, par raccroc, par défaites, en réalité elle est celte,germanique pour les trois-quarts. Le latinisme plaît beaucoup aux méridionaux francs-maçons. Le latinisme c’est tout près de la Grèce. La Grèce c’est déjà de l’Orient. L’Orient c’est enplein de la Loge. La Loge c’est déjà du Juif. Le Juif c’est déjà du nègre. Ainsi soit-il. La bougnoulisation du blanc par persuasion latine, par promiscuités maçonniques. La France est aryenne, pas du tout juive, pas du tout nègre. La partie solide de la France, l’anti-discoureuse, a toujours été la partie celte et germanique. La partie qui se fait tuer, la partie qui produit, la partie qui travaille, la partie qui paye, est celte et germanique. Dix départements du Nord payent autant d’impôts que tout le reste de la France. Les fusiliers bretons ont eu autant [259] de tués (1 380) en une seule journée à Dixmude que tous les Juifs de France pendant toute la guerre. La partie non celtique en France, cause et pontifie. Elle donne au pays ses Ministres, ses Vénérables, ses Congressistes hyper-sonores. C’est la partie vinasseuse de la République, la méridionale, profiteuse, resquilleuse, politique, éloquente, creuse. Il n’existe aucune haine fondamentale, irrémédiable entre Français et Allemands. Ce qui existe c’est une machination permanente, implacable, judéo-britannique, pour empêcher à toute force que l’Europe se reforme d’un seul bloc, d’un seul tenant franco-allemand comme avant 843. Tout le génie de la Judéo-Britannie consiste à nous mener d’un conflit vers un autre, d’un carnage dans un autre, étripades dont nous sortons régulièrement, toujours, en effroyable condition, Français et Allemands, saignés à blanc, entièrement à la merci des Juifs de la Cité. L’équilibre européen sous la tyrannie anglaise n’est qu’un infini massacre, à répétitions, franco-allemand. Les bêtes du continent doivent toujours être pour la satisfaction anglaise, plus ou moinsvidées, sonnées, incapables de s’arracher au joug britannique… Une Europe toujours délirante, brûlante, toujours au bord du coma, voici la force de l’Angleterre. Le conflit franco-allemand est la condition même, l’industrie suprême de l’Angleterre. C’est de la prospérité anglaise toute cuite. Le conflit franco-allemand repousse rituellement de ses cendres. C’est du Phénix. Elle a pas besoin de se cailler l’Angleterre. Chaque génération franco-allemande repique au massacre dare-dare, toujours plus conne, plus cocue, plus combustible, toujours encore plus impatiente de se faire roustir, anéantir dans les embrasements cataclysmiques juifs.

Il me semble que c’est assez net. Je suis pas très partisan des allusions voilées, des demi-teintes. Il faut tout dire ou bien se taire. Union franco-allemande. Alliance franco-allemande. Armée franco-allemande. C’est l’armée qui fait les alliances, les alliances solides. Sans armée franco-allemande lesaccords demeurent platoniques, académiques, versatiles, velléitaires… Assez d’abattoirs ! Une armée franco-allemande d’abord ! Le reste viendra tout seul. L’Italie, l’Espagne par-dessus le marché, tout naturellement, rejoindront la Confédération. Confédération des États Aryens d’Europe. Pouvoir exécutif : L’armée franco-allemande. Une alliance franco-allemande à la vie, à la mort. Alors ! et seulement alors, ça sera enfin terminé la plaisanterie judaïque millénaire,l’inépuisable croisade humanitaire, démocratique, l’incessante, l’infatigable, boucherie dite libératrice, humanisatrice, salvatrice, rédemptrice. Le Rhin, fosse commune. Ce sera le glas de l’empire britannique, et ce sera pain béni, de la Tyrannie britannique, l’écroulement de l’Empire ! Tant mieux ! Nom de Dieu tant mieux ! La fin du cauchemar. [261] Tous nos malheurs viennent de Londres, de la Judéo-Britannie. Tout seuls Français, et même alliés aux Italiens, nous demeurons ce que nous sommes, les esclaves de l’Angleterre, les enchaînés aux comptoirs britanniques. Alliés aux Allemands c’est autre chose. On file en l’air enfin nos chaînes. L’Angleterre on la déculotte, on la fixe une bonne fois pour toutes. Nous sommes les maîtres de l’Europe. Nous sommes les maîtres de notre destin. Ce qui, soit dit en passant, ne nous est encore jamais arrivé. L’alliance franco-allemande, c’est la puissance judéo-britannique réduite à zéro. Le fond même du problème atteint, enfin. La Solution. Une seule force anti-juive en ce monde, une seule force pacifique réelle : L’armée franco-allemande. Tout le reste n’est que fariboles, babillages, diversions, entourloupes de Juifs. L’armée franco-allemande, quatre cents divisions d’infanterie parfaitement dérouilleuse, résolues. Qui dit mieux ? Quoi bronche ? rechigne ? rebiffe ? récalcitre ? Travaille du sourcil ? Ergote ? Récrimine ? S’oppose ? Relève le gant ?On attend. Que se déclarent les fortes têtes, les grognons, les intraitables… les petits méchants…

Monsieur le Maréchal Pétain, ce n’est pas aux deux quarterons de quadragénaires artérieux combattants, fléchis, perclus, éclopés rhumatoïdes, émergés par miracle de nos sempiternels charniers franco-allemands qu’il faut maintenant stentoriser vos trop bouleversants “garde à vous” ! Mais non ! Mais non ! Monsieur le Maréchal ! Quart à gauche ! C’est de l’autre côté ! Ce sont les Juifs de la Cité ! Les Puissants de Londres ! Les démoniaques démocrates de“l’Intelligence” qu’il faut figer dans la trouille ! Maldonne Monsieur le Maréchal ! Vous faites erreur, Monsieur le Maréchal ! L’ennemi est au Nord ! Ce n’est pas Berlin ! C’est Londres ! La Cité ! Les casemates-tout-en-or ! La Banque d’Angleterre avec ses laquais “framboise” ! Voilà l’ennemi héréditaire ! Je connais bien les abords, Monsieur le Maréchal !Je m’offre à vous éclairer, à vous précéder, si vous me faites l’honneur… Je connais les meilleurs passages… Vous avez peut-être un peu peur, Monsieur le Maréchal ? Vous redoutez les aventures ?... Ah ! Je ne vous vois pas très mordant !... Il vous manque du monde, Monsieur le Maréchal ! Il vous manque de vrais effectifs ! Il vous manque le prin-[263]cipal ! Les 400 parfaites divisions d’infanterie franco-allemandes. Bien sûr ! Bien sûr !... Carence fatale !... Irréparable !... Rien à faire ! Tout est perdu ! Horriblement ! Aucune chance ! C’était pourtant la seule victoire qui pouvait nous intéresser, le sac de la Banque d’Angleterre et des Juifs de Londres, Monsieur le Maréchal ! Notre suprême recours !... Les autres victoires on s’en fout !... Elles peuvent intéresser personne, que les Juifs. C’est des victoires pour les Juifs, jamais que pour les Juifs, de carnages d’Aryens sans malice, des boucheries de plus en plus lourdes pour Aryens de plus en plus cons. Que c’est même pas la peine du tout de leur expliquer rien du tout aux Aryens. « N’importe quoi et vinasse. » C’est devenu le Credo suprême des Aryens de France. C’est même ça qu’est superbe chez eux. C’est leur sublimité même, leur confiance faite masse, leur confiance faite mort.

Dites donc alors et l’absorption ? Vous en faites rien ? Luberlu ? Vous y songez pas, belle figure ? Si jamais l’on se rapproche, mais c’est réglé ! Mais c’est tout net ! Ils nous absorbent ! Mais c’est l’abomination ! C’est la flétrissure infernale ! Absorbés tout vifs, comme ça, par les boches ! Vous y pensez pas !... Mais vous en crevez pas de honte ? à l’expectative ? Proférer aux quatre vents des parjures pareils ! Vraiment des paroles de vrai fou ! Dégénérésadique idiot ! C’est un monde ! Une alliance ? Voyez-vous ça ? Damnation ! Si l’on se rapproche… Mais ils nous absorbent ! C’est tout cuit ! Ah ! On aimerait mieux tout de suite périr de trois ou quatre mille morts, en très terrifiques batailles, avec des mouvements de menton splendides, être éventrés à qui mieux-mieux, que de survivre comme ça sous lesboches, ignoblement, que de subir leur absorption ! Tout crus ! Mais c’est impossible ! Et douze siècles d’Histoire héroïque ? qu’est-ce que vous en faites ? Rien ? La France pépinière de héros ? Ventre-Dieu ! Engluée ! Absorbée ! Asservie ! Engloutie ! Alliée ! Pouah ! Vous y pensez pas Obscène ! — Pardon ! Pardon ! Ventre-Dieu ! Mais absorbés, asservis, englués, nous pouvons pas l’être davantage que nous le sommes à présent, sous Bloch, sous Blum, sous Daladier, sousRothschild, éperdument… [265] Envahis, dépouillés, rançonnés, ravagés, évincés, pourris, ridiculisés, ensoldatés, bougnoulisés, nous ne pourrons jamais l’être davantage qu’en ces beaux jours de 38… Ce franc pays pour tout dire, sans aucune exagération, n’est plus qu’une très basse colonied’exploitation juive, une sous-Palestine, encore beaucoup plus dégradée. Pour tout droit, pour toute liberté que nous demeure-t-il, indigènes ? Le droit (et précaire) de nous échiner sous le Juif, pour les Juifs, dans les plus rebutants emplois, ceux qui les fatiguent, dont ils ne veulent pas, qui esquintent l’homme et payent infime, et puis de crever pour les Juifs, encore, dans les guerres qu’ils nous aménagent. Et puis c’est marre, et puis c’est tout. Voilà le bilan national. La révolte nous sied comme un gant ! Trésor de rigolade ! Nous qui sommes hypothéqués, trafiqués, survendus jusqu’aux fibres, par tous les Juifs de l’univers ! C’est à périr la bite en bouche de convulsions judicoles d’ouïr des salades aussi sorcières ! Il nous va bien d’être offusqués ! Nous ne possédons rien en propre, plus rien, pas même une chanson, à présenttoutes juives.

Possédés ? Absorbés ? Nous ne le serons jamais plus, et plus honteusement qu’aujourd’hui. En bref, la question qui se pose est celle-ci, elle est tout simple : Resterons-nous esclavesdes Juifs, ou redeviendrons-nous germaniques ? À choisir. Qu’avons-nous à perdre dans une alliance franco-allemande ? Les Juifs. C’est une catastrophe qui se supporte. On se console. Et puis nous avons de bons exemples, parfaitement éprouvés, valables, de mariages franco-allemands. Nous l’a-t-on assez prônée l’édifiante Confédération Suisse ? Qu’est-ce qu’on attend pour essayer ?Je n’ai jamais entendu dire que les cantons de Zurich opprimaient ceux du Tessin, que les Genévois se faisaient brimer, dépouiller par les gens de Bâle. Jamais. 
La France, chef-lieu le Vésinet. Mais les Juifs perdent pas leur temps. Ils vous doublent déjà de plus belle auprès des Allemands, des Anglais, des Italiens, depuis l’affaire de Munich. Ils vous donnent pendant que vous bavez, que vous installez encore, que vous posez aux “terreurs”. Cocorico ! Vous terrifiez plus rien du tout. Le sol s’effondre, vous crânouillez à droite, à gauche. L’Europe se forme contre vous. Vous en savez rien. C’est vous maintenant le prochain “tirage”. Bientôt ça sera plus la question de savoir quels seront vos alliés. Y a plus d’alliés pour les grotesques. Ça sera la question de savoir comment se débiteront vos provinces, qui va se taper la Franche-Comté, s’annexer la Normandie, repopuler l’Aquitaine, s’adjoindre la Corse et Marseille, défranciser l’Algérie. C’est tout. Causez toujours.

Y a pas besoin de se frapper. La Roue tourne. Elle en écrasera, sûr, encore, des hommes et des hommes. Des millions et puis des millions. Ceux-ci, ceux-là et puis bien d’autres, ça n’enfinira jamais. Ils fonceront toujours aux tueries, par torrents de viandes somnambules, aux charniers, de plus en plus colossaux, plantureux. Y a pas de raison que ça se termine. C’est leur nature. Y a pas besoin de les exciter. Ils se précipitent. Personne peut jamais les retenir. Ils parlent que de leurs “avantages”, ils en comprennent pas le premier mot. Ils veulent rien apprendre du tout. Ils sont fainéants d’âme et de tête. Les événements s’accompliront. Ils iront se faire écrabouiller par races entières, par continents. Ainsi de suite.Puisqu’ils veulent rien comprendre, puisqu’ils veulent rien apprendre, puisqu’ils veulent rabâcher toujours, toujours les mêmes conneries, très bien ! Très bien ! Ils seront gâtés ! Ils passeront l’examen quand même ! à la grande kermesse des Têtus ! C’est un monde ! d’unefaçon toute fantastique, par prodigieux écartèlements, feux grégeois munificents,flamboyantes enrageantes mitrailleries, très extravagantes fournaises, gigantesques bengalades, pyrogénies hallucinantes. L’École mirifique ! Tout le monde sera reçu.

Nous sommes au siècle de la suffisance. Il convient de nous prononcer très fatuitement. Je vais couper les ailes d’un canard. Il volera quand même. De tous les côtés l’on m’annonce que j’ai touché des sommes formidables d’Hitler. C’est le canard classique, si j’ose dire. Je m’en fous énormément que l’on m’accuse des pires horreurs. J’ai l’habitude.C’est la bêtise de la supposition qui me blesse. Je me sens tout déprécié. Vous êtes trop cons,suppositeurs, pour inventer autre chose ? Réfléchissez un petit peu que je gagne avec mes livres, mes romans, tout simplement dix fois plus d’argent qu’il ne m’en faut pour vivre. Je connais le monde trop bien, ses façons, je l’ai pratiqué trop longtemps pour ne pas être mithridatisé en long et en large, contre les plus minimes, les plus furtives illusions, les plus fugitives faiblesses. Renoncez. Rien. Aucune prise. J’ai mis de côté un petit paquesson pour les jours périlleux. J’ai planqué suffisamment pour n’avoir plus jamais besoin, devrais-je vivre encore cent ans, des secours de personne. Peau de vache absolue – Est-ce que je suis renseigné sur les conditions humaines ? – Pendant 35 ans j’ai travaillé à la tâche, bouclant ma lourde pour ne pas être viré de partout. À présent, c’est fini, bien fini, je l’ouvre [269] comme je veux, où je veux, ma grande gueule, quand je veux. Ne vous cassez pas le haricot. Ce que j’écris, je le pense, tout seul, et nul ne me paye pour le penser, ne me stimule. Personne, ou presque personne ne peut se vanter d’en faire autant, de se payer ce luxe. Moi je peux. C’est mon luxe. Mon seul luxe. Et ce n’est pas terminé ! Je n’ai pas fini de travailler. Ma mère, à 71 ans, insiste encore pour ne dépendre de personne. Elle continue à travailler, elle gagne sa vie. Je suis pareil. Je ferai de même. Pas de fainéants dans la famille. À 71 ans j’emmerderai encore les Juifs, et les maçons, et les éditeurs, et Hitler par dessus le marché, s’il me provoque. Qu’on se le dise. Je dois être, je crois bien, l’homme le moins achetable du monde. Orgueilleux comme trente-six paons je ne traverserais pas la rue pour ramasser un million à la traîne dans le ruisseau d’en face. Voilà Ferdinand, au poil. Il faudra le tuer. Je nevois pas d’autre moyen. Le malheur, c’est que les gens vous jugent toujours d’après leurs propres tendances, et qu’ils sont presque tous à vendre, n’importe quel jour, par tous les temps.

Même les plus riches, les plus superbes. Ils arrêtent pas de s’offrir. En fait, leur vie n’est qu’un putanat perpétuel plus ou moins chichiteux, somptueux, prétentieux. Et puis je vais vous dire encore une bonne chose. Les véritables fructueuses affaires se font à gauche, pas à droite. C’est même curieux, à ce propos, l’Italie, l’Allemagne, voilà les deux seuls pays qui m’envoyent jamais un croc pour mes traductions. Ils traduisent et puis c’est marre. Croyez-vous que ma petite plume ne vaille rien pour les acheteurs du Kremlin, de l’I.S., de la Banque d’Angleterre, ceux-là mêmes qui couvrent constamment d’or les pires tocards ?Et c’est tellement plus facile, plus opulent, plus licite d’en croquer du côté maçonnique !Tous les honneurs ! [270] Je suis assez bien renseigné. Pensez-vous, à tout prendre, que même en France il meserait très ardu de faire tomber un million par mois dans une petite caisse quelconque ? Sous un prétexte ou sous un autre ? Réfléchissez. Cessez de me juger d’après vous-mêmes, à votre mesure. Enfin pour terminer, si la question vous tracasse, malgré toutes mes explications, que ça vous empêche de dormir, vous obsède, venez donc m’interroger, personnellement, bien en face, carrément, l’un de ces jours. Ne vous touchez plus dans les coins.

DÉJÀ…

L’influence directe du juif était si puissante à la cour de Louis le Débonnaire que l’évêque de Lyon, saint Agobard, y fut traité avec le plus grossier mépris quand il alla présenter à l’Empereur ses justes doléances contre Israël. Lorsqu’il déclara au Souverain que ses fonctionnaires, à Lyon, étaient aussi terribles pour les chrétiens que doux pour les juifs, ce fut dans cette cour judaïsée un scandaleux tollé contre le grand Évêque.

Louis DASTÉ

les Sociétés secrètes et les Juifs.


DERNIÈRES NOUVELLES


l’Humanité du 5 novembre 1938. « Hier a été inauguré le dispensaire du Syndicat des Métaux de la région parisienne… Plus que jamais cette organisation mérite le titre que notre journal naguère lui décerna : Le plusbeau Syndicat de France… Au cours du vin d’honneur qui suivit la visite prirent la parole lesdocteurs Kalmanovitch, Oppman, Rouquès, Lecain, Bli, etc… (tous juifs), les principaux artisans de cette réalisation. […] Après eux, M. Dreyfus, directeur du Service Régional des Assurances sociales, exprima sa satisfaction et déclara que l’administration… etc., etc. »

l’Action Française du 5 novembre 1938. « Le Ministre de notre Éducation Nationale Jean Zay (de son véritable nom Zacharie) va présider effectivement une cérémonie remarquable. « Lundi prochain, à 17 h 30, il se rendra à l’hôtel Salomon Rothschild pour honorer de sa présence une fête assez audacieuse où l’on doit célébrer la transformation en citoyen françaisdu chef d’orchestre Bruno Walter, qui a quitté l’Allemagne, où son manque de titres aryens entravait sa carrière musicale. »


BOUQUET

Le DrLogre, médecin de l’Infirmerie spéciale de la Préfecture de Police, signale que lescas de delirium tremens ont presque doublé depuis l’application des nouvelles lois sociales. L’absinthe est à présent servie dans les grands “démis” jadis réservés à la bière (lePopulaire ; 27 décembre 37) Les aliénistes signalent une aggravation et une augmentation des cas de folie qui placent notre pays au premier rang des statistiques européennes de l’aliénation mentale. La “Bénédictine” dont l’action de capital payée 750 francs vaut aujourd’hui 6 860 francs a élevé régulièrement ses dividendes de 200 francs 80 en 1935 à 355 francs en 1938.


TOUT EST DIT

Le Front Populaire, auquel tous les culots réussissent, débusque enfin toutes ses batteries et nous déclare très carrément que nous ne sommes plus désormais qu’une très sale piteuse idiote racaille, très justement asservie par les Juifs. « Le front Populaire de la région parisienne, ému par l’agitation antisémite qui se manifeste dans certains milieux et notamment en Alsace-Lorraine et dans la région parisienne, met en garde la population parisienne contre les agents de Hitler en France. Il demande que les pouvoirs publics interdisent les journaux faisant des appels au meurtre, et déclare que, dans les heures graves que nous traversons, l’union des forces démocratiques est nécessaire pour barrer la route au fascisme international, fauteur de guerre et de misère. Il rappelle que, depuis 1789, la France ne fait aucune différence entre les Français et les Juifs, et qu’il ne laissera pas s’instaurer dans notre pays les mœurs qui déshonorent les pays dits totalitaires…

" SI LES FRANÇAIS NE SONT PAS CAPABLES DE CONCURRENCER LES JUIFS QUI PRENNENTLEURS PLACES DANS TOUS [275] LES DOMAINES, DEPUIS L’USINE JUSQU’AU GOUVERNEMENT,C’EST QUE LE JUIF EST MIEUX DOUÉ ET, PAR CONSÉQUENT, IL EST JUSTE QU’IL COMMANDE ET DIRIGE LES FRANÇAIS INFÉRIEURS À LEUR TACHE. » (Motion votée à l’unanimité par le Front Populaire de la Région Parisienne, le 23 septembre 1938).


À quand nos rouelles ?


LES AUTRES PAMPHLETS DE CELINE SONT ICI

Par Zoso - Publié dans : LOUIS FERDINAND CÉLINE
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Lundi 10 avril 1 10 /04 /Avr 16:09


LOUIS–FERDINAND CÉLINE


L'ÉCOLE DES CADAVRES


7eme partie

Heureusement, pour nous faire oublier ces vilains propos, nous trouvons dans une revueanglo-juive Query la déclaration récente d’un véritable expert français, M. Henri de Kérillis. « La France et l’Italie, imprégnées de l’esprit catholique, ont toujours répugné à l’antisémitisme religieux, que les papes ont d’ailleurs toujours condamné à travers les siècles (?). Prenez, par exemple, le dernier article de l’Osservatore Romano qui réprouve la recrudescence d’antisémitisme en Europe Centrale. « Quant au moderne antisémitisme d’inspiration raciste il se peut qu’il trouve un terrain favorable chez ces peuples d’origine barbare, en provenance des hordes primitives, mais il nesaurait s’implanter dans un pays comme la France, constitué par un conglomérat de peuplesabsolument différents les uns des autres. Un Provençal, un Corse, un homme de Narbonne d’origine phénicienne – les Phéniciens étaient les Juifs de la Mer – se trouve au point de vue racial, beaucoup plus près du juif que du breton, du basque ou du flamand. » Et voilà ! La France armée juive ! Tout naturellement ! Par conglomérat ! Combien chaque Phénicien de Narbonne vaut-il de Bretons ? Ça serait agréable de savoir... pour laprochaine pipe ?

Dans ce même numéro du Query nous trouvons encore une étude trèsintéressante (nous semble-t-il !) d’un historien anglais, H. V. Morton, sur le juif dans le monde antique, avant Jésus-Christ. Se référant au portrait que nous ont laissé du juif tous les chroniqueurs et légistes de ce temps, H. M. Morton conclut : « Ce portrait est intéressant parce que c’est le seul que nous possédions du juif tel qu’il apparaissait aux Européens avant l’avènement du christianisme. Les persécutions, dans le sens moderne du mot, n’avaient pas commencé. Le Juif était encore un homme en armes, un soldat qui avait tout frais à son actif cette farouche défense de Jérusalem qui reste un des plus hauts exploits d’endurance, de courage qu’aient enregistré les annales guerrières. Cependant il est clair que le monde, en ces temps reculés, n’aimait pas le Juif. Le Juif apparaissait aux gens de cette époque comme un mystérieux, sinistre misanthrope, arrogant, intolérant. Il était toujours en quête de privilèges, ne cessait d’envoyer des députations en haut lieu pour plaider sa cause derrière le dos des autorités locales et il avait le génie de l’agitation politique. Mais ce qui déconcertait par dessus tout ses contemporains c’était l’exclusivisme qui faisait de lui l’habitant d’une cité, mais jamais un citoyen véritable. C’était un homme qui avait un secret et un secret [212] qui lui était plus précieux que la vie. Le monde antique, dont l’esprit était intensément cosmopolite, découvrait que le Juif était rebelle à tout mélange et, trouvantimpossible de l’incorporer dans les cadres civiques, il le regardait avec méfiance et aversion.Il faut aussi se rendre compte que le Juif, qui n’était pas encore devenu l’opprimé des ghettos moyenâgeux, rendait haine pour haine. « Ainsi nous pouvons constater dans le monde hellénique et gréco-romain des années 300 avant et 100 après Jésus-Christ, l’existence d’une antipathie contre le Juif où l’intolérancechrétienne n’entrait pour rien, l’envie commerciale non plus, fondée, semblerait-il, sur une incompatibilité de tempérament. Peut-être Isaïe l’exprime-t-il par ces quelques mots : Car mespensées ne sont pas vos pensées, ni ma route, votre route. Et ce regrettable manque de compréhension était mutuel. » Ce qui nous prouve que nos très antiques ancêtres étaient beaucoup moins cons que nous. Ils avaient tout compris, tout de suite, admirablement.

Les Français sont bien contents de se rendre ridicules. Vous savez sans doute que sous le patronage du négrite juif Jean Zay, la Sorbonne n’est plus qu’un ghetto. Tout le monde le sait. Mais il existe encore un sous-ghetto, une sorte d’intrait de ghetto, à l’intérieur même de la Sorbonne, que vous entretenez aussi, de vos deniers contribuables, et qui s’intitule (pour les têtards assujettis) « l’École Pratique des Hautes Études ». Une synagogue en surpression ! Le comble des culots juifs ! Le panache de notre insurpassable connerie de
gogos goyes ! « Le juif – nous explique P. Gehen, dans son étude sur l’Université – y règne avec toute l’insolence du faux savant, se diplôme entre coreligionnaires, et se distribue la manneofficielle à raison de mille francs de l’heure. Quant au goïm, il peut travailler dix ans s’il leveut sur quelque ingrat sujet d’érudition, on l’admettra pour faire nombre, toutes ses recherches seront pillées, on recevra narquoisement sa thèse, on fera semblant de l’examiner, mais quelles que soient la forme et la valeur de cette dernière, si l’élève français insiste pour obtenir le diplôme désiré et mérité, il voit immédiatement se dresser devant lui l’arsenal de la perfidie, du mensonge et de l’imposture. Si, sûr de son bon droit et de la justice de sa cause, cet élève veut aller plus loin, on envisage aussitôt de le mettre grossièrement à la [214] porte. » Mais le plus adorable ! Savez-vous qui enseigne dans cet extraordinaire édicule académique le folklore français ? Le juif Marx ! tout simplement et cumulard en plus ! Directeur au Ministère des Affaires Étrangères des Œuvres Françaises à l’Étranger !... Cinquante cours par an à l’École des Hautes Études ! Jamais plus de deux élèves ! « Il reçoit pour chacun de ses cours – nous apprend P. Gehen – une somme très élevée de l’ordre de mille francs l’heure ! » Il faut ajouter que ce Marx ne s’engraisse pas tout seul sur nos impositions. Un Juif n’est jamais tout seul. Il s’est promptement entouré ce Marx nième! dans ce prodigieux bastion de culture, d’autres professeurs, tout aussi français, tout aussi bretons que lui-même, tout aussi frémissants de nous décrasser, de nous élever enfin à la véritable compréhension de nos origines, de nous révéler ce que nous sommes, d’où nous venons, où nous allons, de nousfaire potasser les sources mêmes de notre propre poésie ! ça c’est de l’enculage 100 pour 100 ou je ne m’y connais plus ! Ça vaut quinze défaites à Verdun ! à mon sens ! Quelques noms de ces culottés, invraisemblables professeurs : Messieurs et Mesdames : Maus, Marx encore, Dumézil, Élisser, Grabar, Silvain Lévi, Stoupack (alter ego de MmeBrunschwig), Masson, Oursel, Weill, Puech, etc… Juifs !... Juifs… et contre Juifs ! Le chœur des Français contribuables : « Ah ! Comme ils sont intelligents ! Ah ! Ces professeurs ! Ah ! Ces savants ! Ah ! Ces Juifs ! Sans eux qu’est-ce qu’on deviendrait ? » On finit par se le demander.

Vous êtes bien d’accord ?... Il n’existe vraiment en ce monde qu’une seule internationale qui fonctionne et qui vaille !L’Internationale bancaire, politique, policière, juive. Le monde n’a vraiment qu’une seule pensée, une seule intelligence : l’Intelligence Service. L’Internationale dite ouvrière, l’Internationale de classe, n’est qu’un leurre, une simagrée, un subterfuge démagogique juif dont les Aryens se saoulent et déconnent, Aryens dopés, toujours en position haineuse, toujours prêts à foncer dans les pires catastrophes, les pirescalembredaines guerrières, révolutions, croisades massacrières. Toute la lyre au “delirium”des démocraties en action. Il n’existe pas “d’Intelligence ouvrière”, il n’existe qu’une docilité hurlante ouvrière, un grégarisme aryen vantard, vociférant, que le Juif amuse, entretient, exploite depuis 2 000 années. Il n’existe qu’une fantastique gigantesque connerie aryenne, mondiale que les Juifsutilisent au mieux de leurs intérêts. Et ils s’y entendent ! Tous nos Trusts sont juifs, les fameux “Trusts”, terreurs des enfants de l’Humanité ! Tous nos journaux (sauf rarissime exception) sont juifs. Tous nos banquiers sont juifs. Le travail seul est aryen. [216] Tous les profits du labeur vont toujours aux Juifs. C’est automatique. Voustravaillez juste pour bouffer, vous autres, pour subsister, tout l’excédent passe aux Juifs, au Pouvoir International juif, à la grande famille juive, aux banksters juifs. C’est classique. C’est comme ça. En fait d’Aryens, dans les grands trusts, les grandes affaires, il n’existe que des prête-noms, des paravents, des alibis, des maçons vendus, des prétextes, des caïds, des juifs synthétiques… Pas plus de 200 familles que de beurre au train, une seule réelle grande omnipotence internationale famille : la famille juive, la grande féodalité juive internationale, qui nous rançonne, nous abrutit, nous détrousse, nous tyrannise, cent et mille fois plus cruellement quetous les marquis, les girons, les arrogants, les Petits Maîtres, les Grands Fermiers, les follesputains del’ancien régime. Aucune comparaison. Les sangsues juives sont mille fois plus avides, corrosives, têtues, massacrantes, goulues, que toutes les vermines chatoyantes, des vieilles monarchies frivoles. D’ailleurs tout était déjà prêt, sous les vieilles monarchies frivoles pour la grandepullulation juive, tous les clapiers en batterie. Tous les clubs, toutes les arrière-Loges, aux ordres du Juif Ximenès, eurent tôt fait d’activer la danse en 89, n’eurent qu’à filer quelques tisons sous la grande tambouille philosophe pour que tout ça prenne fantastique ! barde ! fuse ! vrombisse ! bouillonne ! explose ! gicle ! et tout ! Que ça foire partout dégueulasse ! C’était déjà plein de sortilèges encyclopédiques, maçonniques, fraternitaires, bourré à péter. Ce furent des fameuses bâfrances les grandes journées de 93 ! Ils ont briffé des drôles de choses nos grands ancêtres. Ils
étaient pas superstitieux ! La Bastille du monde actuel infiniment plus redoutable que la piteuse déclassée croquemitainerie 93, c’est la Banqued’Angleterre, la Bastille 38 ! d’un pouvoir autrement tyrannique, autrement mondial, autrement rapace, autrement cruel. Un pouvoir organisateur de toutes nos faillites, de toutes nos détresses, de toutes nos tueries. Un pouvoir d’ennemis absolus, implacables, enragés,anonymes, insaisissables. [217] Ce monde est une société anonyme perpétuellement en faillite dont le Conseil d’Administration est entièrement juif et toujours réélu par les Aryens unanimes,enthousiastes, en dépit de la gestion toujours catastrophique. L’Aryen a le goût du malheur, de la souffrance infinie. Les administrateurs juifs du monde, qui ne foutent rien, sont les seuls qui s’enrichissent, sur la misère des États, à coups de faillites. Leur puissance s’accroît à la mesure des catastrophes. Tout l’or du monde est raflé périodiquement par les Juifs, à coups de crises, d’inflations, de révolutions et de guerres. Toutes les décisions mondiales de guerre et de révolutions sont prises par les Juifs. L’or en démocratie commande tout, les hommes, les gouvernants, les choses, la loi, les arts, la musique, le cul, l’armée, la vie, la mort, les âmes. Pour la grande famille juive nous ne sommes qu’autant de bidoches corvéables, plus ou moins fainéantes, plus ou moins vendables, plus ou moins coriaces, plus ou moins dociles. On va vous vendre aux Juifs, rassemblés en partis de droite et de gauche comme on va vendre un troupeau de vaches, bien mugissantes, au Juif encore, le jour de la foire. Les créateurs d’un Parti, de n’importe quel Parti, de droite ou de gauche, n’ont qu’une idée dans la tête, dès le début de leur aventure. À quel prix que je pourrai les revendre, le moment venu, aux juifs, mes branquignols ? Quand ils beugleront assez fort ? C’est tout. Qu’importe la couleur des pelages ? Rouges, verts, jaunes ou résédas ? C’est pas laquestion. C’est pas les opinions qui comptent, c’est la force des beuglements et le nombre de bêtes. Un bon troupeau politique, bien fanatisé, bien hurleur, c’est de l’or en barre. Le Juif est toujours preneur. Pour le Juif c’est tout de la vache, de l’électeur, du soldat, de la bonne qualité de viande aryenne qui lui donnera jamais de déboires. 

 …Il devient très vite le champion très ardent de toutes les causes qu’il embrasse… Le paquebot sur lequel il avait pris passage devait faire escale à New-York pendant cinq jours. Ayant à ce moment grand besoin de repos, il fit connaître au commissaire du Bord qu’il se refusait absolument à tout interview, qu’il ne voulait pas être photographié, qu’il n’apparaîtrait en public à aucun prix. Mais il comptait sans sa propre passion. Le premier reporter sut trouver son point faible. « Vous devriez nous dire quelques mots, Monsieur le Professeur
Einstein, quelques paroles de vous pourraient aider grandement la cause du Sionisme… » Avant que le navire eût quitté la quarantaine, Einstein avait déjà promis un speech pour un déjeuner de gala, un autre discours pour un dîner, une conférence pour la radio, etc… Ses cinq jours à New-York ne furent qu’un tourbillon d’activité pour la cause du Sionisme. Edwin MULLER : Étude sur la vie d’Einstein(The Nation, Septembre 1938)

Wendel ! Wendel ! Rigolade ! Petit Sire ! Diversion miteuse ! (D’ailleurs, tenu, Wendel en parfaite obédience par son propre Conseil juif.) Wendel n’est qu’un insignifiant, le bouc qui pue, le Lustucru qui fait peur aux enfants del’Humanité… Mais les autres, comment qu’ils s’appellent ? L’Humanité ne les nomme jamais, toujours Wendel ! Ça fatigue ! On a bien encore un roi tout de même ! Et joliment puissant,ma parole ! De la grande dynastie mondiale ! Louis XVI quelle fragile pelure ! Mais Rothschild quel monarque ! Maurice ? Arthur ? James ? Cunégond ? Comment qu’on l’appelle ? Lequel de ces Messieurs ? Ah ! Comme il serait agréable qu’on nous le présente au cinéma, très souvent, qu’on nous en cause à la radio, soir et matin, qu’on nous rassure qu’il a vraiment bien déjeuné… qu’on nous donne de ses nouvelles… qu’il a bien dormi… qu’il a bien fait ses petits besoins… Mais jamais rien… que du lugubre silence… Le protocole impitoyable… Et nos Princes, nos potentats de la grande satrapie sémite ? les personnages de Sa Cour ? nous vou-220)lons aussi les connaître ! officiellement !... Toujours Wendel ! C’est fastidieux ! Crochet ! Nous voulons les Princes authentiques !... Pas les frimes ! Les faux-semblants ! Nos DucsLazare ! nos Ras Dreyfus ! C’est à peine si nous les entrevoyons… Quelle cruauté ! Nos Sterns, nos Bollacks, nos Blochs, nos Baders, nos Péreires nous manquent… devant les yeux… là tous les jours… Nos Émirs Foulds, Cohens, Empains, on nous les oublie !... On nous mène donc en bateau !… C’est autre chose que des Wendels !... L’Huma n’en parle jamais cependant… Félonie ! Ni même de ce Rothschild, Louis, qui pourrit là-bas dans les geôles viennoises, sous les verrous de l’ami des capitalistes, l’Hitler. Comme tout ceci est fort étrange ! Suspect !... Le Popu, l’Huma tromperaient-ils leurs lecteurs ? Leurs rédactions seraient-elles juives ? Elles nous cacheraient le principal ? Lesprincipaux ? Nos plus splendides omnipotents seigneurs de France, tous sémites, tous admirablement dotés des plus fantastiques apanages, des plus gigantesques privilèges, tous juifs, tous de branches cousines… Hum ! Hum !... Des potentats quasi-divins ! Pas détenteurs de courants-d’air ! de châteaux en Gascogne, de vermoulues à pignons, de rendez-vous à fantômes ! Non ! Non ! Non ! Des Trusts en plein fonctionnement qu’ils sont les maîtres, qu’ils superordonnent, ces Nom de Dieu de Puissants !... Des forces qui comptent, qui vous assoyent, qui vous foudroyent… Des vraies personnes surnaturelles qui nous tombent directes de l’Olympe, sur les os, irrésistibles, qui nous affament comme elles veulent, qui nous fontvoter comme elles veulent, qui nous font périr comme elles veulent, où elles veulent, quand elles veulent, sans même rien nous expliquer. Juste deux ou trois grognements farouches pour fouailler la meute, les bestiaux baveux, et hop ! d’autor c’est engagé, la guerre commence !... Ou bien c’est la révolution ! La chute de toutes les monnaies ! L’écrabouillage d’un continent ! Ça dépend… Comme ça, tout à leur bon vouloir, très absolument ! Selon leur caprice ! Vous existez pas.

Avant la guerre le peuple au fond il comprenait rien du tout au grand sens des mots terribles Capitalisme… Exploitation… Conscience ouvrière… Trusts… Syndicalismerénovateur… C’était que des mots pour la gueule avant la guerre… On le faisait hurler, bien sûr, le peuple… On l’a toujours fait hurler… N’empêche qu’il y comprenait goutte aux brûlantes questions sociales. C’était du chinois… Y croyait pas beaucoup… Il était pas encore conscient des souffrances horribles de son état d’opprimé martyr, de crucifié des fabriques, de forçat tordu des labours. Tout ça n’est venu que plus tard avec l’or des grandes propagandes, l’or russe en particulier, extrait par d’autres bagnards, des tourbières glacées là-bas vers l’Amour. Le Monde est petit. L’ouvrier d’avant la guerre, bien sûr qu’il avait des accès de très légitime révolte, des bouffées de fièvre vinasseuse, avec crises mélodramatiques “à la Zola”…C’était entendu, classique, ça survenait comme l’urticaire : une fièvre toute rouge après trop d’importants discours, vers la fin des élections, et puis ça lui remontait encore au premier mai, pour le grand drame des Barricades, rien que pour emmerder les bourriques, faire [222] sortir tous les cuirassiers, que ça scintille plein les boulevards. Le grand triomphe prolétarien à cette époque de damnés simples, ça consistait en mitraillades, à toute volée, à coups de culs de bouteilles, en furieuses rafales, plein les écransde cavalerie lourde, que les tessons éclatent horrible, plein les casques, plein les aciers, que çatranche les croupes des gayes, fende les cuirs, que ça foute une pagaye affreuse dans les escadrons. C’était le triomphe prolétaire. J’ai été souvent de la noce au contact des émeutiers, très bien placé pour me souvenir. Il fallait que la grive radine au pas de gymnastique. Çaarrangeait tout de suite les choses. Elle toujours, tout de suite populaire, l’infanterie, bien blairée, en toute occasion sympathique, baïonnettes dardant des éclairs, fringantes au fusil. C’est tout ce qu’elle demandait la foule, qu’on remplace les cuirassiers par de l’infanterie.Elle pouvait pas blairer les chevaux. Immédiatement s’engageaient les parlotes, ça se tassait. Ça finissait en quiproquos, fraternisations scandaleuses, controverses, cafouilleries, canettes et recanettes, rancards, pelotages, litrons encore, à pleins paniers. C’était pas long que ça s’élève autour des troufions, des pires violentes engueulades entre civils et connaisseurs. Ils en arrivaient aux coups, il se défiaient de tous les noms, à propos des menus détails, qu’ils étaient pas du même avis sur les équipements… les manières… la fantaisie dans les cravates… la prestance des officiers, les formes extérieures du respect, les36 portions, paraît-il, qu’il avait le droit le colonel… les traditions régimentaires… la valeurdes troupes en campagne… les progressions si difficiles en terrains meubles découverts. Des véritables stratèges et passionnés pire que Turenne qui se révélaient au contact, pour les manœuvres d’infanterie et le service des forteresses… La foule venue pour mutiner tournait sur place réserviste. Elle avait pas le ferme propos des revendications sociales la foule. Elleoubliait tout son programme à la seule vue des pioupious. C’était pas des foules sérieuses… Mais quand elle est revenue de la pipe !... Ah ! Elle en savait des trucs ! Des machins, tous les secrets formidables ! La [223] foule de foule ! Comment qu’ils s’étaient affranchis les troubadours ! Méconnaissables ! Éclairés ! Fallait voir comme ! « Et que je dis ! Terrible ! Capital ! Le capital ! Les capitaux ! Les Trusts ! Formidable ! Oui que je te dis ! Et que je tecasse ! » Plus rien que des vraies terreurs du Capital ! des Terreurs de Vent ! C’est tout ce qu’elle avait pu retenir des grands abattoirs 14, la masse de masse : un mot ! Capital !Maintenant elle en a plein la gueule de son mot ! Elle peut plus causer d’autre chose ! Capital ! C’est tout ! Elle peut plus comprendre autre chose ! C’est fini ! Jamais qu’une idée à la fois !... Jamais qu’un mot à la fois !... Mais alors vraiment à mort !... Il faut qu’elle en crève ! Capital ! Elle peut plus causer d’autre chose ! Capital ! Et deux cents familles ! Jamais qu’une idée, unehaine à la fois ! Le Vampirisme capitaliste ! Les pressurations de la misère humaine !... Tout l’accessoire du guignol démagogique… L’énorme dégueulasse jérémiade qui ne répond plus àrien en Europe… Les foules démocratiques, cabotines, sournoises, présomptueuses, pourries d’encens, pourries d’encre, archi-pourries, tout empuantées, enfientées par les propagandes, les mensonges juifs et maçons,
dressées par les Juifs et les loges à la muflerie, à la mesquinerie matérialiste, à la revendication éternelle, à l’éternel chantage mandigot sont condamnés à mort. Toute l’Épinalerie des haines absurdes, vaines, qui ne peut s’effacer qu’au sang. Depuis que le peuple est souverain il a jamais changé son disque : Capital ! Capital ! Capital ! Ca ! Ca ! Pi ! Pi !... C’est un monstre à tête d’épingle le peuple, juste de quoi retenir dans son rétriqué cassis une seule rengaine, une seule faribole à la fois. Et c’est marre. C’est toujours la même qu’il rabâche, qu’il ânonnait avant 14, déjà. Jamais qu’une haine à la fois… apprise avec des tels efforts, des telles douleurs infernales qu’il peut plus s’en séparer. Il l’adore à mort sa rengaine. C’est seulement qu’après la prochaine qu’on l’entendra, s’il en reste ça serait du miracle ! hurler quelque chose de nouveau. [224] « Mort pour les Juifs ! Aux chiots les Loges ! Debout les Aryens ! » Mais sans doute qu’il sera trop tard. Ce sera fini les risettes. C’est toujours trop tard quand il s’affranchit le trèpe, trop tard de cinq, dix, vingt années de guerre, de cinq, dix, vingt millions de morts. Le reste du temps qu’est-ce qu’il fabrique le peuple bibineux, pêcheur d’ablettes ? Entre les déluges ? Rien ! Il s’écoute causer, roter, il se fait reluire avec des conneries, comme des vraies gonzesses, des futilités, des babioles. Il compte les verres sur la table… jamais il parle du fond des choses. Jamais. C’est une vraie affaire pour la Mort, le peuple. Un coup de clairon, il s’apporte, y a pas besoin de lui expliquer. Il est toujours là. Il attend.

Pourquoi on la fait pas la guerre ? Tout de suite ? Que ça traîne ? Pourquoi donc Français, petites têtes folettes, petits grelots insoucieux, petits turlupins jacasseurs on vous laisse comme ça au rabiot ? Que vous avez pas encore rejoint tous vos dépôts du sacrifice ? Une bonne fois pour toutes ? Le 4ème, le 202ème, le 624èmeBarbaque ? Hein ? Vous trouvez ça très normal ? De pas être encore en pipe devant Vezoul ? Épinal ? En train de vous faire dépecer sur la frontière espagnole ? En train de soulever les montagnes avec vos tripes dans les Abruzzes ? Ça vous est dû les sursis que vous iriez dire pour un peu !... Perdez donc cette illusion avant de perdre toutes les autres. Si vous êtes encore en vie, c’est pas de votre faute, ni de la mienne. C’est à cause d’une hésitation de l’Intelligence Service. Depuis le moi de Mai déjà que vous devriez être au sport, en train de bouleverser la “Siegfried”, d’écraser les hordes germaniques. Vous perdez rien pour attendre. Si les Anglais tergiversent c’est à cause du ravitaillement des Îles Britanniques. Uniquement. Ils gardent un très mauvais souvenir du dernier blocus. Il faut qu’ils importent la clape ou qu’ils crèvent de faim les Anglais. Ça les agace rien que d’y penser. Rien ne pousse à bouffer sur leurs Îles. Les sous-marins ont bien failli la dernière fois réussir… Il s’en est fallu d’une pichenette. L’Angleterre ne se nourrit [226] qu’à la cuiller, par cargos, il faut que les cargos lui arrivent, lui montent jusque dans la bouche… Qui coule ses cuillers gagne la guerre… L’Angleterre coule sans falbalas, de faim… C’est le danger, le seul, en ce moment, qui fasse encore réfléchir les gouvernements anglais, qui laisse un petit peu perplexe l’I.S… Pour “cargos contre sous-marins”, le problème est résolu, paré, étalé. On a compris. La défense est à la hauteur. Mais “cargos contre avions” ? et surtout contre avions en escadrilles ?... C’est l’inconnu, on ne sait rien… Pas grand’chose… Aucune expérience valable, aucune certitudes. Voilà le hic, le seul. Le Gésier de la vieille Albion se contracte à l’idée… Rien à bouffer dans ses Îles, sauf du charbon. Cargos contre avions en groupe ? L’Aventure ! les experts de l’I.S. se tâtent… Quand ils croiront avoir très raisonnablement résolu ce terrible problème : Protection des convois entre les Açores et Bristol, alors Français, mes petits pères, vous pourrez dire que vos pommes sont cuites, que vous allez sauter dare-dare parmi les mousqueteries folles, les conflagrations à n’en plus finir, les rougeoyantes fascinations. Tout de suite des débris plein la chambre, des cervelles partout !

Il ne faudrait pas croire non plus que ça va suffire désormais d’une méchante petite blessure, un, deux litres d’hémorragie pour vous éloigner des combats ! Ah ! pas du tout ! Des clous ! Vous serez requinqués sur place, refilés “pronto subito” dans l’impétueuse aventure,jusqu’à l’éventrage final : À la gloire de la corrida ! Ça va plus être une excuse d’avoir pissé le sang à glouglous pour se trouver pâle, exemptde sarabande. Ah ! mais pardon ! Mais non ! Mais non ! Tout est prévu ! Et la Science alors ? Et le Progrès ? Ça serait pas la peine… Et la Chirurgie aux Armées ? Et les transfusions d’urgence ? Vous connaissez pas le tout dernier mot de la Science “transfusionnante” ? L’animal humain aux combats, grâce auxtechniques très récentes de transfusions rationnelles, presque instantanées, sur les lieux mêmes de la bataille, a presque plus de raison de mourir. Non. On lui en remet immédiatement du sang, comme ça, sur le tas, la blessure encore ouverte, sang vivant ou sang “de conserve”, selon l’heure, les conditions, l’état du cadavre. On le fait revivre pour combattre. Le rendement de la soldatesque se trouve grâce à cette découverte, formidablementamélioré. Ça va barder les corps à corps ! 10, 20 fois mieux qu’en 14 ! Grâce aux transfusions ! 50 fois plus que sous [228] l’Empire ! N’importe quel soldat pourra survivre désormais à de bien plus terribles blessures, de bien plus grands délabrements qu’en 14, des arrachements, des épanchements d’une gravité surprenante, des hémorragies qu’autrefois on aurait tenues pour fatales. Les services de Santé, qu’une vigilance extrême, seront toujours à point donné avec leur sang “de conserve”, en bonbonnes stérilisées pour remettre du jus dansles veines. Le remède toujours à côté du mal. Les déperditions de forces combatives par hémorragies seront réduites au minimum. Plus de ces massacres empiriques, de ces hécatombes au petit bonheur, de ces boucheries très grotesques comme à Charleroi par exemple, où tant de petits soldats furent éliminés, exsangues, beaucoup trop tôt, qui auraient très bien pu tenir, repompés, encore trois, quatre et cinq jours, sous les avalanches de mitraille. Lacunes de technique ! Impréparation ! Ça n’arrivera plus ! À l’avenir on combattrajusqu’à la dernière goutte de sang, de son propre sang, de sang “injecté”, de sang des autres, de sang d’autres vivants, de sang d’autres morts. Ah ! “le Service des Injections compensatrices” jouera parfaitement son rôle sur les champs de bataille. La guerre est un sport comme un autre. On nous l’a assez répété. On a fini par comprendre. Très bien ! Bravo ! Rappelez-vous la natation… Avant le crawl… après le crawl… Ce fut un monde commedifférence. Le jour et la nuit. Rendement, vitesse, endurance, décuplés ! La transfusion ça fera de même pour la guerre, ça bouleversera tout. Ça sera un miracle. La prolongation du soldat à travers les pires épreuves, comme on aurait jamais cru. Quatre, cinq fois la durée normale. Il suffira qu’on vous remonte avec une injection de sang, dès que vous aurez perdu, du vôtre, trop abondamment. Question d’organisation, c’est tout. C’est simple. Comme on repompe un pneumatique dès qu’il commence à s’affaisser. À chaquefuite : un litre de sang ! Et hop ! Un coup de pompe ! Et ça refoncera de plus belle, la viande à bataille ! C’est fini les excuses faciles, les virées vers les hôpitaux pour une petite nappe de répandue… l’embrochage d’une artère quelconque… le classique broyage des tibias… [229] c’était bon aux temps romantiques, ces petits trucs sentimentaux… les tragiques pérégrinations de ces “blessés très pitoyables pour populations larmoyeuses !” Assez ! Y auramaintenant de la pudeur et de l’efficience aux armées. L’arrière ne voyant plus rien ne pleurnichera plus… Toute la cuisine conservatrice des “saignants” se fera dans les zones des armées, sur les lieux mêmes, à l’économie, à la dernière ampoule, au dernier globule, au dernier soupir. On utilisera tous les restes, impeccablement, toute la viande, le jus, les os, les rognures du soldat, on gaspillera pas un troufion. L’envers vaut l’endroit ! On recoud, ça tient, on injecte, c’est marre. Bonhomme comme tout neuf ! On vous fera durer jusqu’au bout, c’est bien le cas de le dire, vous et votre sang bondisseur, badin, fantasque, gicleur, éclabousseur, à la première écorchure. On arrangera tout ça quand même, on vous remplacera le morceau tout entier (chirurgie Carrel). On vous fera complètement, méconnaissable, mais suffisant, on vous remplacera le sang aussi, et vous refoncerez dare-dare, couper les moustaches à Hitler, clouer les mitrailleuses ennemies. Tous les “Services transfusionnistes” sont parés pour la grande épreuve. Écoutez, c’est un vrai plaisir ce que déclare à ce propos de DrTzanck, hématologiste très distingué, dans le très celtique Paris-Soir : « On ne peut de toute évidence envisager de se servir des combattants (comme donneurs de sang) ce serait les affaiblir, car un donneur de sang doit être un sujet favorable, mener uneexistence tranquille et suivre un régime sain. Faute de mieux, on se résignera au sang “de conserve”, car malgré tout la meilleure manière de conserver le sang humain consiste à le laisser à l’homme. Mais les inconvénients d’un pareil système sont nombreux… etc… » Voilà, n’est-ce pas, de quoi bien vous rassurer ? Vous aurez tout le temps pour conquérir vos citations, à la Brigade, au Corps d’Armée, peut-être même la Médaille, avant qu’on vous relève complètement mort. Et puis ça sera pas fini !... Vous aurez encore de l’espoir ! On vous repompera… Vous pourrez recharger encore… aller reprendre d’autres drapeaux !... [230] Ça devient vraiment trop facile avec des progrès pareils de se tenir héroïques des mois… des mois… des années… Y aura plus de raison que ça finisse.

Quand je lui donne tort, il m’insulte. Quand je lui donne raison, il me congratule. Je ne peux pas considérer Monsieur Maurras comme un véritable antisémite. Emmanuel-Eugène BERLQu’on me pardonne ! Qu’on me lapide ! Mais où veut en venir Maurras ? Je ne comprends rien du tout aux finesses, aux dosotages, aux magnifiques chèvres et chouteries de sa latinissime doctrine. Que préconise-t-ilfinalement ? Une latinité parfaite ? Une alliance avec l’Italie ? Mais certes ! Nous en sommes !Avec Franco ? Mais pourquoi pas ! Et puis alors ? On ne sais plus… tout subsiste ? tout est à refaire ? Latinité par-dessus tout ? Tous félibriges ? Hurrah Vaucluse ! Vive Pétrarque ! En avant Mistral ! Un ban pour Virgile ! Horace à l’action ! Le latinisme je peux pas le souffrir, mais je conçois qu’on l’adore. « Sunt verba et voces, praetereaque nihil » (Horace et pages roses). Peut-on réconcilier l’Europe ? L’unir pour l’amour du latin ? Tout est là. Je ne crois pas. Il faut des raisons plus solides, des raisons de force, d’armées, de foi nouvelle, de race pour unir. Le latinisme est un lien lycéen, un lien de narcissisme académique, de mutuelle admiration pour brillants lauréats du Concours général. L’Allemagne s’est toujours tenue hors du latinisme. Elle s’est terriblement privée ! Elle n’a point participé à la merveilleuseenculerie par les hautaines armées romaines, par les athlètes en rhétorique, prélude à [232] l’autre adorable enculerie par les conjurés déchaînés juifs. Voilà surtout ce qu’on lui reproche à l’Allemagne, nous les nations favorisées sous le rapport “humanisme”, la France, l’Angleterre si hautement civilisées, si admirablement enculées. La Barbarie Germanique ! L’Allemagne nation de proie ! La bête enragée de l’Europe ! La Barbarie teutonne ! que César n’a jamais pu mettre ! Varus non plus ! Teutobochus le Boche ! « Monstrum horrendum informe ingens ! » (Virgile et page roses). Ça le gêne énormément Maurras. Il reprend les crosses de César. Il peut pas quitter le lycée. Il s’y est toujours trouvé trop bien. C’est un lycéen enragé. Il fait de la “retenue” volontaire depuis quarante ans. « Ni Berlin ! ni Moscou ! » Il est très fier de cet adage. Il y tient comme à ses prunelles.Ça vous prend un petit air catégorique… Un petit air seulement… Il ne dit pas notre pétrarquiste la moitié des choses… Il faut tout dire Maurras !... Il faut tout dire !... Ce n’est pas « ni Berlin ni Moscou »… C’est « Avec les Juifs ou contre les Juifs »… Par les temps qui courent celui qui est contre Berlin est avec les Juifs, c’est pur, c’est simple. Maurras vous êtes avec les Juifs en dépit de vos apparences. Ni Berlin, ni Moscou, ça ne veut rien dire ! mais belet bien « Washington-Londres-Moscou » contre « Berlin-Rome-Burgos ». C’est à prendre ou à laisser ! Il faut choisir ! C’est la minute ! c’est l’instant ! Point de marchandages latins. Çaporte pas beaucoup à choisir les “Humanités”, ça porte à circonlocuter, à digresser pompeusement, à s’admirer tout ronronnant dans l’ordonnance d’un beau vide. « Abyssum abyssum invocat. » (L’abîme appelle l’abîme ; David : P. XLI. 8.) Toujours en garde contre l’Allemagne, “nation de proie”, nous retombons, c’est fatal, sous le joug anglais, sous la judéocratie anglaise, dans le célèbre “équilibre”, l’admirable,astucieux “équilibre” que nous payons, bon siècle mauvais siècle, d’une bonne dizaine debanqueroutes, de dix ou quinze millions de cadavres (et demain bien davantage) de tout un infernal surcroît de divagueries, démocratisme épileptique. La folle suiciderie permanente ! [233] L’équilibre européen pour nous, c’est ça, une permanence aux abattoirs. Il est pas difficile, Maurras de trouver le truc très ingénieux, précieux, providentiel, recommandable. Salut ! La Paix par le Désert ! « Ubi solitudinem faciunt pacem appellant » (Tacite). Que veut-il Maurras ? La France toute seule ? toute indépendante ? ne se compromettantavec nul ? seule défenderesse désormais de son irradiante culture gallo-romanique ? de son génie pétrarquisant, rabelaitique, moliéresque, Jeanson de Saillyteux, mazarien, maurrassien pour tout dire ? c’est pas très facile non plus… Ça serait le rêve, mais c’est idiot comme rêve. Nous ne sommes plus sous Louis XIV. Les pets de Monsieur Lebrun ne font plus tressaillir l’Europe. Ils ne font même plus rire personne, ce sont des pets vraiment pour rien. « Cuncta supercilio movemens » (Qui ébranle l’univers d’un froncement de sourcils ; Horace id.) La France toute seule c’est une promenade… Avec l’Italie et l’Espagne ça ne change rien aux conditions, nous pouvons que retomber, une fois de plus, sous l’Angleterre, sous le joug judéo-britannique. C’est tout. Les dignités les plus pointilleuses, les plus respectables, ne changeront rien aux fatalités du fameux équilibre. LaFrance seule ou plus latine encore, par alliance, retombe quand même dans les fontes diplomatiques anglaises. Et nous savons ce que cela signifie. Le monde est actuellement beaucoup plus vache qu’au temps de Louis XIV sur toutes les questions matérielles, alimentaires, ravitaillements, mines, industrie, matières premières. Les États qui ne possèdent sur leurs territoires, en propre, bien à eux, ni pétrole, ni cuivre, ni bois, ni phosphate, ni coton, ni mines d’or, ni même assez de blé pour étaler par tous les temps,n’avoir jamais besoin de personne, et surtout des bateaux de personne, doivent drôlement et en vitesse s’unir, se confédérer, faire peur aux États riches ou disparaître, crever d’épuisementà force d’être rançonnés, pillés, tondus de plus en plus court par les États opulents, périr dans l’esclavage, dans la honte, dans la guerre des tarifs, dans la guerre tout court, dans toutes les révolutions, les calamités, les catastrophes à n’en [234] plus finir. C’est comme ça : c’est pas autrement. Pourquoi crânouiller ? Pourquoi pas l’avouer, les États sans pétrole, sans cuivre, sans coton, sans or, ne s’appartiennent pas. L’indépendance pour eux c’est un mot. Ce sont, ceseront toujours des états esclaves, des états prolétaires, voués corps et âmes à l’exploitation sans limite par les États Riches, naturellement dotés, privilégiés en cuivre, en blé, en coton, en pétrole. Et puis voilà, et puis c’est tout. L’Angleterre au tout premier rang de ces états vautours, l’État vautour et comment ! par excellence ! Il n’existe pas plus d’équilibre durable européen qu’il n’existe de conflit éternel franco-allemand. Ce qui existe c’est un éternel intérêt de la judéocratie anglaise à nous entretenir en perpétuel conflit franco-allemand, par tous les moyens, de siècle en siècle, moyens formidables, bêtes comme chou mais merveilleusement efficaces, la preuve ! « Felix qui potuit rerum cognoscere causas… » (Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses ; Virgile et toujours pages roses). Les Aryens d’Europe n’ont plus trente-six cartes dans leur jeu, deux seulement ! La “carte anglaise”, et ils cèdent une fois de plus à l’Intelligence Service, se jettent une fois de plus dans le massacre franco-allemand, dans la plus pharamineuse, fulgurante, exorbitante folle boucherie qu’on aura jamais déclenchée dans le cours des siècles (peut-être pour la dernière fois ! les jaunes sont aux portes !) Ou bien ils jouent la “carte allemande”, se révoltent,s’unissent, se lèvent contre l’Angleterre, la somment, la sonnent, l’abattent, la rasent. On n’en parle plus. C’est à prendre ou à laisser. Pas trente-six cartes, deux seulement ! « Video cartas et lupos ! » Exclamation très latine (pas dans les pages roses). « Je vois les cartes et les loups ! » Maurras il a pas les page roseschez lui. Il travaille tout de mémoire. “Ad memoriam”.

« Pour abattre Hitler, il faut d’abord écraser Staline. » DORIOT Liberté du 12 octobre1938 Avec quoi, il va abattre Hitler, Doriot ? Avec les régiments français à fils uniques ? Avec quels alliés ? La France n’a plus d’alliés. Elle est bien trop déconfite, galeuse, branleuse, avancée dans les gangrènes, contagieuse, pour qu’on s’acoquine avec elle. Salut. Pendant la grave dernière crise la Belgique a mobilisé contre nous, pas contre l’Allemagne. L’Italie, il ne se passe pas de jour qu’elle nous fasse très nettement comprendre combien nous la dégoûtons, qu’elle en a marre de nos allures, que tout en nous lui répugne, qu’elle attend qu’une occasion pour nous corriger, pour nous montrer ce qu’elle peut faire avec nos os de pourris… Nos nationaux veulent pas comprendre, ils persévèrent dans leurs efforts de séduction… de plus en plus bas putassiers. Alors avec quoi il va l’abattre Hitler, Doriot ? Avec les Juifs de son parti ? Il veut écraser Staline en même temps ? Brave petit gars ! Pourquoi pas ? D’une pierre deux coups ! Et youp !là ! là ! c’est gagné ! Nous sommes en pleine loufoquerie, en plein crânouillage loufoquecreux, venteux, bien français ! Cocorico ! Cocorico ! Les prémices de la paralysie générale, la folie des grandeurs ! Aussi absurde que du Maurras, du Kérillis, ou du Péri, vraiment des raisonnements d’hurluberlus à interner. Vous [236] voyez donc pas que vous êtes en l’air ? Que plus rien vous retient au-dessus des précipices ? Que l’Europe toute entière (y compris les Anglais) attend que de vous voir basculer ? Le plus tôt possible ? À quoi riment toutes ces jactances ? toutes ces proclamations bravaches ? Cesprovocations de piteux, perclus, malthusianistes rentiers ? On se le demande ? Le Vésinet en folie ! À nous faire prendre pour encore un peu plus cons, plus bouffis, plus inconscients, inconsistants, hystériques, présomptueux, gâteux, vétilleux que nous le sommes déjà ?... Et puis aussi la muflerie de tous ces cartels ! Remarquez ! muflerie très typiquementfrançaise ! Mais Doriot ! Mais Maurras ! Faudrait tout de même en rabattre ! de ces plastronnades ! Mais c’est Hitler qui vous a sauvés tous les deux de Staline et de ses bourreaux juifs ! Ni plus ! Ni moins ! C’est pas vos petites grimaces ! Vous lui devez une fière chandelle à Hitler ! Vous seriez déjà fusillés tous les deux (avec tous les Aryens qui causent) depuis belle lurette ! s’il avait pas l’atroce Hitler nettoyé l’Allemagne en 28 ! Y a de beaux jours que sans Hitler c’est les Juifs du Comintern qui feraient la loi par ici, les Prévôts, à Paris même, avec leurs tortionnaires mastards. Vous seriez servis ! Vous auriez plus beaucoup la chance d’installer sur les tréteaux ! Ingrats ! Non ! Certes ! Vous parleriez aux radis par les temps qui courent. Ça serait fini les grands airs, les poses plastiques terrifiantes. C’est grâce à Hitler que vous existez encore, que vous déconner encore. Vous lui devez la vie. « Je vas vous désosser, moi, barbares ! Je vas vous abattre bêtes enragées ! atroces Teutons ! Je vas vous retourner les naseaux, moi ! Je vas vous mettre en poudre ! Moi ! Je ! Moi ! Moi ! Je ! » À force de défier comme ça… de vous rendre insupportables… comme sivous étiez en état… Vous allez voir un de ces jours… la purge… Tous les spectateurs de l’Europe ils sont prêts à se fendre la pipe… Les vantards quand on les dérouille ça fait plaisir à tout le monde. Tout le monde est heureux. C’est un cas [237] sans espoir, le vôtre ? Vous avez perdu toute mémoire tellement que vous êtes abrutis ? ou c’est encore la suffisance ? Vous pouvez plus vous souvenir combien qu’elle aurait duré la France de 14, rien qu’elle, toute seule, devant l’Allemagne ? Quinze jours maximum. Vous vous saoulez à l’eau de la Marne à présent ? C’est complet… Cocorico ! Cocorico ! Cocorico !

Sauvés ! On discute !

Les Juifs.


Je trouve l’antisémitisme italien tiède, pour mon goût, pâle, insuffisant. Je le trouve périlleux. Distinction entre les bons Juifs et les mauvais Juifs ? Ça rime à rien. Les Juifspossibles, patriotes, et les Juifs impossibles, pas patriotes ? Rigolade ! Séparer l’ivraie du bon grain ! Tout de suite nous retombons dans les fines discriminations, les scrupules libéraux, les nuances, les mesures “équitables”, les trouducuteries, les avocasseries, les rhétoriques, les pines de mouche, en plein “latinisme”. Maurras est ravi. Donc pratiquement c’est inepte. Le Juif gagne toujours dès qu’on lui entrouvre la porte des fins dosages, des justifications dialectiques… C’est son métier la dialectique. Un Juif a toujours raison. C’est le principe.
Il aura toujours raison, cent mille raisons, cent mille excuses, toutes meilleures les unes que les autres pour demeurer chez vous, pour attendre, attendre encore, et puis un jour, tout oublié, vous foutre vous dehors, dans
deux ans, dix ans, vingt ans… Toute l’Histoire des Juifs hurle ce principe : « Tout compromis avec les Juifs se termine par le triomphe des Juifs et parl’écrabouillement des Goyes. » C’est classique. Vous n’y couperez pas. On veut se débarrasser du juif, ou on ne veut pas s’en débarrasser. Qui veut la fin veut les moyens, et pas les demi-moyens. [239] Le chirurgien fait-il une distinction entre les bons et les mauvais microbes ? Ceux qu’il entend laisser mijoter dans le champ opératoire, les microbes tranquilles, les “dénués de virulence”, les inoffensifs saprophytes et puis les germes qu’il doit éliminer tout de suite, faire bouillir, détruire inexorablement, sous peine des plus graves pépins, des septicémies mortelles ? Non. Cette attitude serait inepte, désastreuse. Il passe à bouillir tous ses instruments avant d’opérer et pas pendant, mais vingt bonnes minutes sous pression, extrêmement scrupuleux. A.B.C. de l’Art chirurgical. Tout est mystérieux dans le microbe comme tout est mystérieux dans le juif. Un tel microbe si gentil, un tel juif si louable hier, sera demain la rage, la damnation, l’infernal fléau. Nul ne peut se porter garant de l’avenir d’un microbe, pas plus que de l’avenir d’un Juif. C’est la bouteille à encre. Les vagues de virulence passent sur l’espace et puis c’est
tout, comme elles veulent, quand elles veulent. Saprophytes inoffensifs, Juifs inoffensifs, germes semi-virulents, virulents seront demain virulissimes, foudrouyants. Ce sont les mêmes Juifs, les mêmes microbes, à divers moments de leur histoire, c’est tout. Personne n’a le droit de se risquer seul, c’est tout. Personne n’a le droit de se risquer d’introduire un seul microbe, un seul juif dit inoffensif, dans le champ opératoire. Personne ne sait ce que deviendra, ce que futautrefois, comment va tourner le microbe ou le Juif le plus bénin d’apparence. Tous les adversaires de Pasteur n’étaient pas incurablement, irrévocablement crétins, ou de mauvaisefoi. Certains d’entre eux firent même de très honnêtes efforts pour appliquer dans leur chirurgie les nouvelles méthodes pasteuriennes. Ils ne demandaient pas mieux que de stériliser leurs instruments avant d’opérer. Ils croyaient en toute probité les avoir stérilisés parfaitement, leurs instruments, de très bonne foi, quand ils les avaient bouillis au préalable quelques minutes, comme un œuf à la coque, un-deux-trois minutes, dix minutes au maximum. Lesrésultats étaient effroyables. « Monsieur Pasteur est un charlatan ! Son antisepsie n’est qu’une farce. Je les ai fait bouillir, moi, mes bistouris ! Selon sa fameuse méthode ! [240] Mes statistiques démontrent que la méthode Monsieur Pasteur n’est qu’une faribole de maniaque. Rien ne change par sa méthode ! Même infection ! Même mortalité ! Les microbes ! Ses microbes ! Quelle duperie, quel battage ! » À cette époque l’infection post-opératoire enlevait à peu près 95 pour 100 des opérés. Pasteur eut toutes les peines du monde (dix ans de parlotes furieuses) à faire comprendre à ses adversaires qu’ils étaient tout de même, eux, responsables de leurs échecs opératoires, pas sa méthode. Les découvertes pasteuriennes furent formellement niées en France, banniespendant dix ans, et par les plus grands savants français de l’époque. Les méthodes pasteuriennes n’acquirent droit de cité que grâce à Lister, après un long exil en Angleterre. Ces petits démêlés tout à l’honneur du fameux esprit français, tout de lumière, de lucidité, de logique, de cartésianisme, de narcissisme. Bref, Pasteur dut renoncer pendant dix ans à faire admettre aux savants de la Race la plus intelligente de la Terre qu’entre une ébullition de troisminutes et une ébullition de vingt minutes, il existait un abîme, un monde, qu’une stérilisation de trois minutes demeurait imparfaite, donc absolument inutile (plutôt nuisible), tandis qu’une ébullition de vingt minutes, scrupuleuse, stérilisait véritablement, parfaitement, les instruments opératoires, supprimait tous les germes (et leurs spores), et par conséquent toute possibilité d’infection. Pour ces éminentes cervelles latines le mot “stérilisation” suffisait. Elles avaient eu le mot !Elles avaient eu la chose ! Ébullition ? N’est-ce pas ? Très bien ? Antisepsie ? Alors ? Deux ! Dix ! Vingt minutes ! Qu’est-ce que ça pouvait bien foutre toutes ces histoires de minutes ? Des échappatoires ! Des alibis ! Des faux-fuyants ! Des chichiteries ! ces minutes ! Quelle différence ? Y avait bien eu tout le mot : ébullition ? On avait bien fait bouillir ? Alors c’était l’essentiel ! Pasteur était condamné devant l’Académie de Médecine française, latine, verbale, puisqu’il avait prononcé le mot ! Il était foutu. Ils avaient tous répété, les quarante académiciens, le mot. Alors c’était suffisant. Si ça marchait pas c’était tant pis pour sa gueule !Les latins, les latinisants [241] sont conifiés par les mots, toujours, ce ne sont pas eux quiconduisent les mots, ce sont les mots qui les conduisent. Ils croient aux mots, ils ne croient qu’aux mots. Ils pensent que le monde est un mot, que le juif est un mot, que la stérilisation est un mot, que tout peut s’arranger avec des mots, avec un mot, avec un mot juste, avec unmot heureux. Ils raffolent des solutions verbales, dites heureuses, ils n’en reconnaissentjamais d’autres. Si les événements comme à Munich viennent bousculer leurs petites solutions verbales, vous les voyez longtemps, longtemps encore, demeurer tout déconfits, malheureux, ne reconnaissant plus le monde, leur monde, qui est un monde essentiellement de mots. À force de tout arranger, de tout trancher avec des mots, ils finissent par croire forcémentque tout est arrivé. Et en avant ! Et en avant les mots ! Nous possédons maintenant en France le plus soufflé brelan de vaniteux crétins pontifiants imaginables, les plus grands rhétoriciens, raisonneurs de travers de la Planète, les plus fieffés culottés épouvantables grands moralistes à faux de l’univers. Revenons à nos juifs.


LA 8eme PARTIE DE "L'ÉCOLE DES CADAVRES"

de LOUIS FERDINAND CÉLINE EST ICI

Par Zoso - Publié dans : LOUIS FERDINAND CÉLINE
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PENSÉE DU JOUR

"C'est sur ce quai-là, au 18, que mes bons parents firent de bien tristes affaires pendant l'hiver 92, ça nous remet loin. C'était un magasin de "Modes, fleurs et plumes". Y avait en tout comme modèles que trois chapeaux, dans une seule vitrine, on me l'a souvent raconté. La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C'est moi le printemps."

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