Mercredi 31 août 2005

Pour fêter son 10ème anniversaire, le festival JAZZ A LA VILLETTE, rend un hommage appuyé à notre père éternel, JOHN COLTRANE en personne.


Parmis les heureux élus au royaume des cieux, on notera entre autre, la présence de Pharoah Sanders, Charles Gayle, Archie Shepp et McCoy Tyner.


Et qui pouvait mieux que ses apôtres, débuter cet évangile selon saint John ?


Alice Coltrane, la veuve de John. Oran Coltrane au second plan, son dernier fils.


Voici donc en ouverture du festival (mardi 30 août 2005), un quartet de stars regroupé autour de la sainte vierge elle-même, Alice Coltrane, avec par ordre d'apparition : Ravi Coltrane, Charlie Haden, Jack DeJohnette et Oran Coltrane. Excusez du peu !



Alice Coltrane au piano, Ravi Coltrane aux sax, Jack DeJohnette à la batterie


Première évidence, si Alice s'est entourée des musiciens de son dernier album (après 27 ans de silence discographique), c'est probablement pour jouer principalement des morceaux de celui-ci : "Translinear light". Effectivement, pas de harpe en vue, nous n'aurons donc pas le droit à ma période préférée, "Journey in Satchanandia", "A monastic trio", "Ptah the El Daoud".



Alice ici au synthé, mais aussi au piano et à l'orgue Wurlitzer pour un son très 70's.


Deuxième évidence, si elle sort si peu de son ashram californien, c'est qu'elle a quelques bonnes raisons. A 68 ans, il ne faut pas trop compter sur elle pour chauffer la salle. Qu'à cela ne tienne, c'est Jack DeJohnette qui s'y colle, avec quelques solos furieux.



Alice au pays des Coltrane. Ici avec le plus célèbre, Ravi. Mais aussi avec Oran son troisème fils.


Les fistons, se font plutôt discrets, et j'ai trouvé Charlie Haden assez transparent (en plus j'étais allongé au premier rang, je ne l'ai vu que lorsqu'il est venu saluer). Au final, c'est vraiment Jack DeJohnette qui s'en sortira le mieux, les autres semblant hésiter entre free et hard-bop, sans jamais vraiment choisir.



Alice & Ravi Coltrane


La communion n'aurait pu être totale sans une dernière prière adressée au père éternel, et c'est avec "Acknowledgement" que s'achève cette grand-messe.


La salle écoute religieusement




Et si vous n'êtes pas encore perusadé que John est un saint (ou le christ ? Après tout, ils ont les mêmes initiales), venez faire un tour à l'église africaine orthodoxe de Saint John Coltrane, à San Fransisco. Tous les dimanches, on y célèbre un office dédié à sa mémoire, où les fidèles reprennent en transe " A love supreme ", "A love supreme ", " A love supreme " ....



Saint John Coltrane Eglise Saint John Coltrane Saint John Coltrane, jouez pour nous...


AMEN...

 
Mardi 30 août 2005
 

Vendeur de champignon à la frontière germano-polonaise

 

Quand il n'y a pas de

travail, il faut bien

s'occuper...

 

Construction d'un pont sur une autoroute polonaise

 

Ah, des travaux.

Construction d'un pont.

 

Des nains de jardin en vente dans une station service

 

Des nains de jardin !

Bienvenu au royaume

du KITSCH.

 

Un marchand de myrtilles au bord de l'autoroute

 

Quand  il n'y a plus de

champignons, il y a des

myrtilles.

 

Un chateau aux alentours de Zakopane

 

Mais il y aussi

de jolis châteaux...

 

Panneau de signalisation devant le chateau

 

Oui, mais forcément avec

une touche kitsch !

 

WOJNE POKOJE ! Chambre à louer

 

ZAKOPANE, ses chambres

à louer, ses touristes,

ses chambres à louer,

ses touristes...

 Des vendeuses de fromage fumé.

Le fromage fumé.

Laissez vous tenter,

c'est délicieux.

 

500 km d'autoroutes en travaux, 60km/h de moyenne

 

Tiens, un pont en

construction !

 

Vente de peaux au bord de l'autoroute

 

Des peaux de bête !

Ca nous change des

champignons.

 

Pierogi, les raviolis polonais

 

Les PIEROGI, peuvent se

fourrer aux champignons

ou avec des myrtilles....

 

Touristes devant une vitrine contenant des boites vides de Zyklon B, Auschwitz.

 

Des touristes, qui se

pressent pour

photographier des boites

de Zyklon B.

C'est à AUSCHWITZ.

 

Un marchand de champignon

 

Oh, les jolis cèpes !

En Pologne on a pas

de pétrole, mais on a

des champignons.

 

Bureau de poste de Zakopane

 

Dans les bureaux de

poste, on vend des

cigarettes, du dentifrice

et du papier-toilette...

 

Une jeune femme propose une chambre à louer

 

WOLNE POKOJE !

Chambre à louer.

Elle est belle ma chambre,

elle est belle !

 

Maison caractéristique du style de Zakopane

 

Les chalets qui font la

fierté de ZAKOPANE !

4 étages, 12 chambres...

à louer bien sûr !

 

Karol, un homme devenu pape

 

Un mythe absolu !

Je suis pas sûr que ce

film sorte ailleurs qu'en

Pologne.

Pont en construction

Je vous ai parlé des

autoroutes en travaux ?

 

Vente d'artisanat au bord de l'autoroute

 

L'avantage, à cette vitesse,

c'est qu'on peut admirer

l'artisanat local.

 

Maison dans les carpates

 

Des endroits plus

authentiques, si on

s'extirpe des zones

touristiques.

 

Centre ville de Cracovie

 

Cracovie, c'est beau

comme Venise !

Un centre ville préservé

par la guerre...

 

La place de Cracovie intégralement "occupée" par une manifestation spotive sponsorisée discrètement par Mc Donald

 

Mais pas par Mc Donald,

Reebook, Nike, Adidas...

 

500 km d'autoroute en travaux, ça s'est terminé quand déjà la guerre ?

 

Un pont ! Un champignon.

Un pont, un champignon.

Un pont....

 

La chapelle "Kinga" dans la mine de WIELICZKA

 

La bigoterie polonaise,

jusque dans les

mines de sel.

 
Lundi 29 août 2005

"Peindre ou faire l'amour", le film d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu, est un film oscillant.


A l'instar des personnages du film, les réalisateurs semblent avoir avancé dans le noir, dans l'inconnu.

Tout d'abord, par l'utilisation d'un casting de stars "banquables". Ensuite, par la réalisation d'un film dans les Alpes et non plus dans les Pyrénées, avec une mise en scène impressionniste. Enfin, par un propos émoustillant, qui pouvait pour une fois ratisser large.

Mais il faut bien reconnaitre, qu'ils nous avaient déjà préparé, avec leur précédent film "Un homme, un vrai", à un casting plus "parisien" (Mathieu Amalric, Hélène Fillières). Si nous ne sommes pas dans les Pyrénées, nous sommes toujours à la montagne. Et, s'il s'agit bien d'une histoire d'échangisme, le propos du film tourne avant tout autour d'un de leur thème récurrent, le couple.



Peindre ou faire l'amour



Ainsi, avant même le générique de début, le spectateur est confronté à l'idée de choix et de prise de risque. Le film va osciller sans cesse, sans jamais choisir où tomber :

  • - malaise ou quiétude,
  • - jour ou nuit,
  • - abandon ou maîtrise,
  • - naïveté ou finesse,
  • - pluie ou beau temps, 
  • - démonstration ou timidité,
  • - sensualité ou pudeur,
  • - province ou exotisme,
  • - sociologique ou anecdotique,
  • - vie active ou retraite,
  • - comique ou sensible,
  • - été ou automne,
  • - tentations ou regrets,
  • - grand public ou "art et essai" (Cannes c'est quoi ? La reconnaissance artistique du meilleur du cinéma grand public ou la part grand public du cinéma d'art et d'essai?)

 - peindre ou faire l'amour ?


D'ailleurs il ne tombe pas. Jamais le film ne décide pour nous. Jusqu'au bout on est balancé entre le comique des dialogues/situations et la sensibilité de la mise en scène et du propos. Jusqu'à la fin, les personnages hésitent entre l'aventure et la tranquilité. A peine une scène a t-elle installée le spectateur dans un certain confort, qu'un énième rebondissement (saugrenu mais pas trop) vient le tirer de sa torpeur.


Peindre ou faire l'amour



Le film joue ainsi sur l'équilibre ou plus exactement sur le déséquilibre. Tout "est" et à la fois "est son contraire".

Les chansons à texte, illustrant les propos du film sont à la fois culottées et grotesques ("Les marquises" de Brel pour illustrer ... les marquises). Une scène de noir absolu pour symboliser la capacité de l'aveugle à sentir mieux ou autrement dans certaines circonstances (naïf ou sublime ?). Le bonheur du couple Azéma-Auteuil qui n'est jamais très loin du sentiment de malaise (on les sent à la fois très proche et sans aucune complicité). Des scènes à la fois sensuelles (Amira Casar s'offrant nue à la vue du peintre) et des scènes d'amour assez sèches (Daniel Auteuil est visiblement mal à l'aise avec son corps).  Adam et Eva, avec Eva qui introduit l'idée de pêcher dans le couple + l'idée du feu purificateur + le paradis terrestre (allégorie ou facilité ?).


Peindre ou faire l'amour, finalement, c'est quoi ? Le choix entre la reproduction figée de ce qui existe, ou le risque de la remise en question par un acte vivant et éphémère ? Mais si la peinture fige, elle n'en est pas moins une prise de risque et faire l'amour, même avec son voisin, est-ce encore vraiment subversif en 2005 ?
 

Peindre ou faire l'amour


Au bout d'une heure trente-huit dans le noir, la lumière se fait de nouveau, et il faut bien admettre que l'on ne s'est cogné nul part. C'est à la fois la force et la faiblesse du film, on se déplace de façon extrêmement fluide entre des aspérités que jamais on ne heurte. Le film nous démontre de façon magistrale la "plausiblité" d'un couple de cinquentenaire devenant naturellement échangistes, sans jalousie, sans déchirure. C'est à la fois superbement maîtrisé et à la fois, un peu anecdotique. Chacun penchera du côté qu'il veut (qu'il peut ?).


Je me suis laissé guider, faites de même, et allez voir

"Peindre ou faire l'amour".

PENSÉE DU JOUR

"C'est sur ce quai-là, au 18, que mes bons parents firent de bien tristes affaires pendant l'hiver 92, ça nous remet loin. C'était un magasin de "Modes, fleurs et plumes". Y avait en tout comme modèles que trois chapeaux, dans une seule vitrine, on me l'a souvent raconté. La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C'est moi le printemps."

LFC


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Gérad MANSET

Les pamphlets de Louis Ferdinand Céline
Un homme qui dort

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