TANIA MOURAUD, "OR DONC" à la galerie DOMINIQUE FIAT

Publié le par Zoso

Tania Mouraud, dont je vous avais déjà parlé ici, expose en ce moment chez sa galeriste, Dominique Fiat, 16 rue des Coutures St Gervais à Paris.


Je n'aime pas beaucoup les vidéos présentées mais c'est au moins l'occasion de voir un de ses wall-painting, avec ici "NOWISTHETIMETOSTANDUPANDSPEAKUP".


Pour vous donner une idée voici son célèbre "HOWCANYOUSLEEP". (installation permanente vue du FRAC Lorraine)




 

Le but est toujours de faire travailler le spectateur, de l'obliger à s'interroger. Au premier abord le motif a l'air décoratif et puis peu à peu on décode le texte. La phrase "How can you sleep" provient du livre de Schoenberg "Un survivant de Varsovie" où le narrateur raconte l’invasion du ghetto par les SS.




Extrait de l'interview de Pierre-Évariste Douaire dont vous trouverez l'intégralité ICI.



Vos travaux nécessitent toujours de la patience, du temps pour être compris. Il faut de l’obstination pour déchiffrer vos typographies allongées et stylisées.


Je vous répondrai comme Agnès Martin, dont j’admire le travail. Elle disait qu’elle peignait pour les personnes capables de s’asseoir sur un banc et prêtes à contempler un coucher de soleil. Je ne peux pas mieux dire, car l’art doit se mériter. Selon moi, l’art c’est prendre du temps. Il faut pouvoir rester devant les œuvres, être capable de changer de monde, de traverser les univers proposés. L’art se distingue de la communication et de la publicité, il est à l’exact opposé de Disneyland. Il faut convier le spectateur à prendre le temps de vivre une expérience nouvelle. S’il est pressé, tant pis. Quand des phrases, comme celle de Martin Luther King, sont traduites dans plusieurs langues, il y persistera toujours une difficulté de compréhension.


Il faut du temps pour vous lire sur les murs, mais d’un coup d’œil on reconnaît votre travail, c’est assez paradoxal.


C’est sans doute dû à ma longue carrière. Au bout d’un moment les artistes investissent des champs de compétence, ils inventent des signes qui leur sont propres. Pour ma part, je cherche à créer des ambiances personnelles. Ce qui est vrai pour ma peinture murale l’est tout autant pour mes vidéos. Prime Time n’est pas sans rappeler mes Chambres de méditation des années 1970. Je ne cesse d’interroger, avec d’autres médiums, des problématiques artistiques qui m’intéressent.

Publié dans EXPOs

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