"L'ÉCOLE DES CADAVRES" de LOUIS FERDINAND CÉLINE (4ème partie)

Publié le par Zoso

 



LOUIS–FERDINAND CÉLINE


L'ÉCOLE DES CADAVRES


4eme partie





Israël geôlier priapique, bluffeur, gaffeur, tyran périlleux, bourrique, frelon turlupiné, nousen veut d’une de ces haines pas concevables, pas imaginables. C’est comme de certainsoiseaux, on entend jamais leurs appels parce qu’ils sifflent beaucoup trop haut, trop aigu, trop strident pour nos oreilles. Ça nous surpasse l’auditif. Le Juif c’est pareil dans un sens, il brûle de beaucoup trop de haine pour notre entendement. Ça nous fatigue rien que d’y penser. Lui pas… À la rigueur, sa figure devrait peut-être nous prévenir, sa gueule visqueuse, ses regards de pieuvre. Mais on le dévisage pas beaucoup. On évite. On regarde ailleurs. Milliardaire toujours grelottant, Israël triomphant maudit, est pas content de nos présences, il nous trouve des vraies insultes, rien que d’exister, avec nos manières trop blanches. Il en sursaute du chromosome, rien que de nous voir aller, venir… Il peut pardonner qu’à nos femmes et encore à condition qu’il les encule de plus en plus, qu’elles arrêtent pas de le sucer. Mais pour nous, les mâles, c’est midi, jamais de pardon. Une de ces haines il nous voue, d’obsédé, de bâtard, d’hybride, inexpiable, irrévocable, infinie. Le perpétuel rongeant délire. Une haine cosmique, à cause de ce chromosome, de ce quart de chromosome loupé, teinté, maléfique, tiraillé, tordu. [104] Israël nous pardonnerait peut-être, en l’en suppliant, au bout du compte, toutes nosinsolences, mais pas ce quart de chromosome. Ce millième d’onde de tiffe crêpu. Ça jamais. S’il a fallu des flots de parfums d’Arabie pour effacer quelques traces d’un pauvre forfait crapuleux, que Madame Macbeth était bien ennuyée, ça sera pas trop à présent de plusieurs guerres, de tout notre sang pour effacer quelques taches sur les chromosomes d’Israël.

Hitler n’a pas fait que souffler aux Juifs leur vertigineux, mirobolant, programme dit marxiste (d’Engels en réalité, volé par Marx). Il les a encore doublés sur la question du Racisme. Comment ? Comment ? Insolence ! Horreur ! L’Aryen, cette nature de beurre, si docile, infiniment plastique, toujours en tout temps soumis aux volontés Juives, que le couteau juiftritouille, barbouille, écrabouille, tartine de toute éternité, la denrée parfaite du commerce, par excellence, pour tous les trafics de guerre et de paix, que n’importe quel youtre chiasseux, tranche, débite, spécule, troque, mijote, avilit, merdifie tout à loisir, le voilà qui se prend en masse à présent, d’un coup ! rebiffe ! soudain ! La rébellion du beurre ! L’insurrection deséternels écrémés ! Cela ne s’était jamais vu ! entendu, soupçonné possible, jamais ! Le beurre aryen qui tourne raciste, coriace, hostile, intraitable, nazi ! Ah l’immondice ! Jamais depuisTibère, Israël n’avait subi tel affront, enduré défi plus atroce. Avant la venue d’Hitler, les Juifs trouvaient ça très normal les méthodes racistes. Ils se faisaient pas faute eux-mêmes d’être racistes, largement, effrontément, frauduleusement. À cepropos pas plus de race sémite que de beurre dans les nuages. Mais une franc-maçonnerie d’hybrides [106] bien sournois, bien parasites, bien révolutionnaires, bien destructeurs, bien haineux, bien dégueulasses. La religion judaïque est une religion raciste, ou pour mieux dire un fanatisme méticuleux, méthodique, anti-aryen, pseudo-raciste. Dès que le racisme ne fonctionne plus à sens unique, c’est-à-dire dans le sens juif, au bénéfice des Juifs, toute la juiverie instantanément se dresse,monte au pétard, jette feux et flammes, déclare le truc abominable, exorbitant, très criminel. Le racisme n’est plus alors qu’un effroyable dégueulasse subterfuge crapuleux pour détrousser les Juifs, un charabia de préjugés rétrogrades, puants, le vestiaire, l’affreuse friperie du capitalisme aux abois, le refuge des anti-humains qu’il convient de pétroler immédiatement, de réduire en cendres tout de suite. Une diablerie sinistre. Le sort, l’avenir, lasauvegarde du monde dépendent de la célérité de cette opération. Par la foi des anti-racistes ! Le bûcher ! Raciste égale Sorcier ! Le racisme aryen ? Pouah ! Quel scandale ! Qui avait jamais entendu parler d’une si extravagante pitrerie ? Quelle régression ! Quelle négation de tous nos progrès moraux, sociaux, si douloureusement acquis par l’élite si maçonnique de nos philosophes à travers les siècles ! Et les Droits de l’Homme piétinés ? Et tous les usages agréés ? (Juifs bouffentAryens). Et les cinquante siècles d’enculeries éperdues d’indigènes ? Et les cent mille traditions convenables ? Quelle peste à nos portes ! Brune ! Jaune ! Verte ! Violette ! Spumeuse ! Pfoui ! Les obscènes déments ! Qu’on les enferme ! Qu’on les fricasse ! Qu’on les branche ! Qu’on les fouette tous jusqu’à l’os ! Que ça gicle ! Que ça éclabousse ! Ah ! vous allez me la respecter l’Apostellerie judaïque ! Merde ! La plus tendre des entreprises de rénovation des humains par exhortations persuasives ! Saloperies râleuses ! Vous les adorer pas encore vos philosophes ? vos juifs ?vos anges ? Il est temps ! Il est moins cinq ! Vous allez pas tout de suite les plaindre, Nom de Dieu ! vos bourreaux chéris ! Foutre racaille ! Avant qu’ils vous fassent crever ? [107] Ah ! Que voilà des bonnes paroles ! bien claires, bien simples, bien émouvantes ! Qui vous vont directes droit au cœur !

Non, il n’est pas possible aux chrétiens de participer à l’antisémitisme. Nous reconnaissons à quiconque le droit de défendre ce qui menace ses intérêts légitimes. Mais l’antisémitismeest inadmissible. Nous sommes, spirituellement, des sémites. Le Saint-Père. le Temps, 20 septembre 1938. C’est donc une témérité folle d’oser un beau matin comme ça annoncer aux Juifs en pleine face : « Salomon ! Renonce ! Ça ne va plus ! Je ne veux plus guerroyer pour ta gueule ! c’est fini ! La mère des héros vient de mourir ! Ne t’évertue ! Ne plus ! Ne traficote ! Balpeau ! Marre ! Tes crosses tu peux te les foutre au train ! Celles d’Hitler et puis toutes les autres !T’es con ! T’es trop vicieux ! Tu pues ! Tu complotes ! Tu me navres ! Décampe ! Si dans huit jours t’es pas trissé, ça va être ta désinfection ! » Mais les gens polis que nous sommes, mais les obligeantes personnes ne parlent pas de cette façon. Elles s’expliquent rhétoriquement, elles comprennent tous les arguments de la casuistique, elles connaissent les trois cents façons, les afféteries particulières pour se faire plus, mieux enculer. Elles n’y manquent jamais, de plus en plus courtoisement, à tous les détours de la dialectique. Le grand flux démocratique, le grand dégueulis salivataire les a parfaitement amollies del’âme et du pot. Ça rentre maintenant vraiment tout seul. Et plus ils sont énormes les cruels ! nombreux ! exigeants ! plus on les adore. Dans l’ivresse on ne sait même plus lequel des bourreurs l’on préfère ? Juifs de Hongrie ? Maçons de Pesth ? Askenazimes de Cracovie ? Nervis du Levant ? Marranes [109] deLisbonne ? Tartares ? Kirghizes ? Huns ? Hottentots ? Ça serait encore à discuter. On s’en fait foutre à pleins ghettos. Jamais trop. D’Évian, on nous a promis encore cinq cent mille, en plus des deux millions que nous possédons déjà. Ça devient une reluisance divine. C’est plus de l’endosse c’est du génie…

Au temps où Ricord enseignait vers 1850, on observait encore dans la clientèle d’hôpital, des syphilis tout à fait somptueuses, des tertiaires mutilantes magnifiques, tous lesdélabrements de la grande affection. Des vrais spectacles d’amphithéâtre. Voilà l’histoire que l’on raconte à propos de la grande vérole. Ricord se trouvait en clinique, certain jour devant un malade tout particulièrement fadé, sphacélé, délabré de partout, rongé, des bourses, du scrotum. En pleine gangrène. Il lui demande un peu pour voir de sauter, de rebondir, sur place comme ça… Là ! Saute ! Saute mon ami ! Saute encore ! Encore ! Écarte les jambes ! À force de sauter, tout se décroche, tout le paquet, secoué, trop secoué, arraché, tombe à terre. C’est tout pareil pour les nations quand elles deviennent trop pourries. C’est les Juifs qui les font sauter, sursauter, rebondir encore. Jusqu’au délabrement suprême. Tout s’arrache alors, tout se décroche, on balaye. C’est terminé. Réminiscences amusantes. La Franc-Maçonnerie en plein effort, à la veille de 89. « Sous Louis XVI, l’intimité, la camaraderie qui régnaient sur les navires de guerre entre les chefs et leurs subordonnés conduisaient ces derniers à discuter les ordres qu’ils recevaient… Pour la manœuvre du navire l’inférieur donnait son avis, discutait, et les chefs, irrités, préféraient souvent céder plutôt que de se faire des ennemis. « Ce fut précisément le relâchement dans la discipline qui coûta à la France la possibilitéd’affermir l’emprise qu’elle avait mise sur les Indes. En 1782-83 la flotte française, numériquement supérieure et commandée par le plus habile des amiraux qu’elle ait jamais eu, Suffren, livra quatre batailles à l’escadre anglaise dans la mer des Indes et chacune de ces batailles resta indécise parce que les capitaines n’obéirent pas aux ordres de Suffren, n’agirent pas comme des unités constituantes de l’Escadre, mais suivant leur opinion au sujet de cequ’il y avait à faire. « J’ai le cœur transpercé – écrivait Suffren plus tard – au souvenir de cette défection générale. Il est terrible de penser que j’aurais pu détruire quatre fois l’escadre anglaise et qu’elle existe toujours. [112] « Une seule de ces batailles eût été décisive et les communications des armées anglaises et des entreprises commerciales de l’Inde dont elles dépendaient eussent été entièrement coupées. Le manque de discipline coûta un empire à la France. » Majors Eliot et Dupuy : Si la guerre éclatait…

Actualités amusantes : Maçonnerie 38 en plein effort. À la veille du Grand Triomphe Mondial Juif (Le super 89). « Plus d’esprit de capitulation ! Le sort des Juifs du monde entier dépend de l’issue decette lutte contre le fascisme. Nul ne peut plus nier que les Juifs sont devenus l’enjeu entre le fascisme et l’anti-fascisme. » Bernard Lipschitz-Lecache : le Droit de Vivre. Lipschitz lui au moins ne trompe personne ! L’Humanité, le Populaire, le Jour non plus ! Mais le P.S.F., ghetto du Colonel de la Rocque ? Voilà de l’excellent travail des Loges !dans la meilleure tradition maçonnique : Simulacres ! Redressements pourrisseurs ! États-Généraux ! Connivences ! Les Amis des Amis de tous, etc. « Je fais appel à tous les Israélites, et Dieu sait si nous en avons de très nombreux et de très chers dans nos rangs. » La Rocque : discours de Lyon. [114] État-Major du colonel La Rocque-Ghetto : Carvalo (Juif) secrétaire particulier de M. de la Rocque, placé là comme par hasard. F :· Pfeiffer : ancien secrétaire du Parti Radical, l’œil de la Franc-Maçonnerie. Silbert (Juif) délégué à la presse, de son vrai nom Silberberg. Wormser (Juif) conseiller aux comptes (achat du Petit Journal). Barrachin, directeur politique, apparenté à la famille des Juifs Lazare-Weiller. Robbe-Cohen, chef des parlementaires des P.S.F. dont la mère est Juive (famille Cohen). Devaud, député du P.S.F., marié à une Juive (famille Gougenheim). Thibaut, fils du violoniste Jacques Thibaut, dont la mère était juive (famille Goldsmith). Lange (Juif) rédacteur au Petit Journal. Treich (Juif) rédacteur au Petit Journal. Schwob dit d’Héricourt (Juif) commanditaire au P.J. (3 000 actions) ex V.N. du 16èmearrondissement, Paris. Sternberg dit de Armella (Juif) commanditaire au P.J. (1 100 actions) ex V.N. du 16èmearrondissement, Paris.

Javal (Juif) commanditaire au P.J. avec 1 500 actions. Historiographe du Colonel Ghetto : Henri Malherbe, de son véritable nom Grünwald. Il est tout naturel qu’un jour prochain, le colonel Ghetto devienne, la guerre aidant, directeur de l’Humanité ; prophétie facile. Le colonel Ghetto est aux gages, au service de la même racket israélite, que Messieurs Blum, Cachin, Thorez, Verdier, Lebrun. Aucune différence essentielle. Autant de chefs de rayons de la même grande entreprise maçonnique. Rien ne les sépare.

Moi je m’en fous énormément qu’on dise Ferdinand il est fol, il sait plus, il débloque lavache, il a bu, son bagout vraiment nous écœure, il a plus un mot de raisonnable ! Quand vous prendrez sur l’avant-scène les joyeuses bombonnes d’ypérite, d’arsine, qu’on s’apprête à vous déverser, vous me direz si c’est raison ? Si le ciel vraiment vous estime àvotre judicieuse valeur ? Quand on viendra vous dépecer, vous épurer individuellement par dissections à vif des membres…

Visitant la maison Ipatiev quelques jours après l’affreuse tragédie, le précepteur du tsarévitch, M. Pierre Gilliard,découvrait dans l’embrasure d’une fenêtre « le signe préféré de la tsarine (la croixgammée) qu’elle faisait mettre partout comme porte-bonheur ». Elle l’avait dessiné au crayon en l’accompagnant de la date de son arrivée : 17 avril 1918. Le même signe se retrouvait sur le papier du mur à la hauteur d’un lit. le Temps, 20 juillet 1938 Aryens, il faut toujours vous dire à chaque Juif que vous rencontrez que s’il était à votre place il serait lui nazi 100 pour 100. Il vous trouve en son intime stupide à dévorer du foin de n’avoir encore rien compris. Et plus vous lui donnerez des preuves de bienveillance, d’amitié,et plus il se méfiera, forcément… À chaque seconde, il se demande si ça va durer toujours… Il aime pas beaucoup vous regarder en face. Plutôt il vous bigle de travers, à la dérobée, comme on observe les cocus, de biais, vaquer à leurs petites affaires, encore pas inquiets du tout, encore très loin des orages.

Je propose un décret : Le Travail est inhumain pendant la digestion. Prolétaires, ouvriers, paysans, cessez donc un petit peu de vous gratter, de vous tripoter, de vous distendre, de prétendre que vous êtes partageux jusqu’aux fibres, socialistes, communistes, égalitaristes fanatiques, vous n’êtes rien de tout ceci. Pas plus que Monsieur Jouhaux, pas plus que Blum, pas plus que Staline, pas plus que M. Lebrun, pas plus que M. Bader, moins que le charbonnier du coin. Vous êtes tous, un pour chacun, férocement personnels, hypocrites, ravageurs, envieux. Vous n’attendez que le signal des journées émancipatrices pour foncer sur le bazar et vous servir personnellement, vous régaler personnellement, tout en réglant au passage quelques petits comptes personnels, sur des ennemis très personnels. Jamais les révolutions n’ont servi à autre chose, celle-ci, la prochaine, la marxiste, sera encore pire que toutes les autres,perfectionnée. Par la raison raisonnante, la dialectique matérialiste, l’enseignement obligatoire prosaïste, vous voici très au point, formant la plus belle horde hargneuse, muflisée, dénigrante, poubelleuse, ravagière, qui sera jamais tombée sous le caparaçon des Juifs, depuis Constantin. Vous m’en direz des nouvelles. [118] Butés, jobards, sceptiques, présomptueux et cocus vous voici enfin prêts, affranchis pour les plus mirifiques réformes ! Ça va être propre ! Le progrès vous attend ! Progrès nous voici ! Frais comme l’œil ! Saouls comme trente-six papes ! Sanglants comme la Villette ! Cons comme une affiche ! comme trente-six millions d’affiches électorales ! Rationnels comme les chiots ! Ça ira ! Ça ira très bien ! C’est l’évacuation qui commence ! Sus aux bourgeois ! Allons-y ! Le bourgeois ? mais lui aussi c’est un chiot ! Et comment ! « L’homme chie… il a faim, c’est tout ! » Il est frère du peuple, le bourgeois ! sang par sang, bourgeois maudit ! Le frère envié ! trop jalousé ! Le frère qui a réussi ! Quelle situation dans le monde ! La plus adorable de toutes : Bourgeois ! Votre idole rationnelle Peuple ! Votre Dieu fait Bourgeois ! Vous ne rêvez que d’être lui, à sa place, rien d’autre, être lui, le Bourgeois !
encore plus que lui ! toujours plus bourgeois ! C’est tout ! L’idéal ouvrier c’est deux fois plus de jouissances bourgeoises pour soi tout seul. Deux fois plus de boyaux, deux fois plus gros,deux fois plus long pour soi tout seul (22 mètres au lieu de 11). Deux, trois autos plutôt qu’une, quatre forts repas par jour, huit apéritifs, et pas d’enfants du tout, donc trois fois plus d’économie. Une super bourgeoisie encore bien plus tripailleuse, plus motorisée, beaucoup plus avantageuse, plus dédaigneuse, plus conservatrice, plus idiote, plus hypocrite, plus stérile que l’espèce actuelle : qui ne pensera plus à rien, qui ne rêvera plus à rien, sauf au menu du prochain gueuleton, aux bouteilles qu’on pourrait boire, avec trois ou quatre gosiers, bedaines en plus. Et puis alors « vivent les gendarmes ! » Un coup ! vivent tous les gendarmes ! et les gardes-mobiles ! et les Propriétés Foncières. Boyaux avides prolétaires contre boyaux contractés bourgeois. C’est toute la mystique démocratique. C’est consistant, mais ça rampe, c’est lourd, ça fatigue, ça pue. Pensez-vous que cette farce, cette gangrènerie poussive puisse durer encore très longtemps ? Salut ! [119] Nenni mes beaux sires ! Nous y sommes ! La chandelle est morte Je n’ai plus de feu ! Ouvrez-moi la porte, crapauds rouges ! Entrez Merveilleux ! Têtes d’épingles, vous n’avez compris dans le communisme que l’admirable instantanée façon d’assouvir immédiatement, en férocité, au nom d’une nouvelle pureté, vertu prolétarienne, inexistante, toutes vos rancunes de rentiers ratés, de chacals déçus. Votre planintime, personnel, ne va pas plus loin. Je vous connais assez bien. Évidemment, l’Humanité parle pas comme ça. Tout flatteur vit aux dépens… et dans la terreur des masses. 93 ! 71 ! 36 ! grandes masses démocratiques à la gloire du Peuple-Dieu ! du Peuple-Bétail !Peuple-Dieu dans les paroles, Peuple-Bétail dans les faits. Peuple pour tous les Abattoirs. Mais qu’avez-vous donc fait de votre fienterie personnelle ? de votre égoïsme de pourceaux sournois ? de votre fainéantise spirituelle ? de votre mesquinerie ragoteuse ? De votre rage éternellement dénigrante ? De votre paresse vinassière ? Où les avez-vous cachés tous ces trésors prolétariens, Masse de masse ? pendant la grande Élévation ? Le grand service divinatoire populiste ? La sublimation du peuple ? Peuple-Roi ? Peuple-Dieu ? Peuple-Tartufe ?Un système social quelconque livré aux instincts magnifiques du peuple (Humanité dixit), système de n’importe quelle formule, la plus ingénieuse, la plus méticuleuse, la plus astucieuse, la mieux équilibrée, ne peut aboutir après huit jours, quinze jours de tentativequ’aux gigoteries sadiques, aux cirques de décapités, aux pitreries infernales genre Russie,genre Bela Khun, genre Barcelone, c’est écrit. C’est gagné d’avance. À table ! peuple ! aux aveux marrants ! Sournois martyrs ! Damnés coquins ! Vous vous cognez éperdument tout un chacun du sort de votre classe ! C’est le dernier de vos soucis prolétaires, le sort de votre classe ! Qu’ils y restent donc tous dans la merde, les frères de classe ! pourvu que vous, personnellement, vous trouviez le filon d’en [120] sortir. Vousfaites tous, toutes les grimaces du communisme. Vos convictions ne dépassent pas la grimace, le beuglement. Les voix ne coûtent rien. Les bulletins non plus. La conscience de classe est une foutaise, une démagogique convention. Chaque ouvrier ne demande qu’à sortir de sa classe ouvrière, qu’à devenir bourgeois, le plus individuellement possible, bourgeois avec tous les privilèges, les plus exécrables, les mêmes égoïsmes implacables, les mêmes préjugés, renforcés, les mêmes singeries, toutes les tares, la même avarice et puis alors une de ces haines pour la classe ouvrière ! Le prolétaire, le militant le plus ardent, il a envie de partager avec son frère damné de
classe, à peu près comme le gagnant à la loterie nationale, il a envie de partager avec tous ceux qui ont perdu. Il veut bien partager la merde ce prolétaire, mais pas le gâteau. Il donnerait même bien à ses frères de classe toute la merde pour avoir lui tout seul tout le gâteau. Sa ventripotence juive Jouhaux, avant de devenir empereur à la C.G.T., il avouait assez carrément ne l’avoir jamais rencontrée, la conscience de classe. Elle a donc surgi depuis peu la conscience de classe ? Ça m’étonnerait, j’ai rien vu. Pasplus de communisme véritable dans les classes prolétariennes que de pâquerettes au Sahara. Aussi loin d’un “fidèle lecteur”, d’un effervescent de la “Base” au communisme authentique, que de la chaisière bigoteuse à Sainte-Thérèse d’Avila. Le communisme est avant tout vocation poétique. Sans poésie, sans ferveur altruistebrûlante, purifiante, le communisme n’est qu’une farce, le dépotoir de toutes les rages, de toutes les rancunes plébéiennes, le tréteau pourri de tous les faisans, de tous les barbeaux tragiques, de tous les Juifs en performance d’imposture talmudique. À combien d’univers sommes-nous de cette Grande Passion altruiste ? Unanime ? de la foi communiste ? jamais en défaut, jamais en tricherie, jamais en exploitation ? De ce fameux “état d’amour” dont le peuple et le bourgeois ont continuelle-[121]ment plein la gueule, qu’ils n’arrêtent pas d’invoquer, mais qui leur sert jamais qu’au cul, une ou deux fois par semaine, avec beaucoup de poils autour et tout pourri de jalousie. À combien d’Univers ?

On ne devient pas communiste. Il faut naître communiste, ou renoncer à le devenir jamais. Le communisme est une qualité d’âme. Un état d’âme qui ne peut s’acquérir. Rien ne peutmodifier, atténuer, exalter le ton, la valeur, la joie d’une âme. Propagandes, éducations, violences, intérêts, souffrances, et même le fameux Amour n’atteignent pas l’âme. L’âme s’en fout. Le fond d’un homme est immuable. L’âme n’apprend rien, n’oublie rien. Elle n’est pas venue sur la terre pour se faire emmerder. L’âme n’est chaude que de son mystère. Elle y tient, Elle le défend. Elle y tient par-dessus tout, envers et contre tout. La mort qui refroidit tout ne saisit pas toujours l’âme, elle se débrouille. L’airain, le platine, le diamant ne sont que flexibles, ductiles, capricieuses, trèsimpressionnables substances comparées à l’âme, à l’effroyable immutabilité d’une âme. Rien ne peut l’atteindre. Du premier au dernier souffle la même pauvreté, la même richesse, exactement. Tous les bavardages, toutes les menaces, tous les charmes, tous lessubterfuges flanchent, se dissipent devant sa porte, ne pénètrent jamais. Rien ne peutl’appauvrir, rien ne peut l’enrichir, ni l’expérience, ni la vie, ni la mort. Elle s’en va [123] comme elle est venue, sans rien nous demander, sans rien nous prendre. Le communisme dans la pratique c’est l’unanimité des âmes, des âmes toutescommunistes, toutes altruistes, toutes embrasées de passion unanime. Qui ? Que ? Où ? Comment ? Recrutement ? D’où vont surgir ces sublimes effectifs ? Imposture grotesque dans l’état actuel des hommes ! Vous dites ?Ces morveuses, ravageuses, hagardes hordes dénigrantes, enlisées dans les ragots, délirantes de conneries mesquines ? Ces anthropophages ? sournois ? Ces chiens de tous les charniers ? Ça ? Communistes ? Merde ! Vous abusez des animaux ! Nos sociétés croulent sous les richesses matérielles, mais elles crèvent de pauvreté spirituelle. Le fanatisme objectiviste nous tue. L’homme vole ? mais c’est un étron qui s’envole, l’esprit ne s’enlève pas, jamais la pensée ne s’est tenue plus basse, plus rampante, moins ailée,moins délivrante.

Foutre des poésies mécaniques ! Poésie est morte avouons-le ! Tous nos Arts gisent grotesques, lourds rebuts raisonnants, surchargés d’astuces malheureuses, de mufleries tragiques. Le Communisme raisonnable crèvera dans cette civilisation sans poètes comme tout le reste. Le Communisme doit être folie, avant tout, par dessus tout, Poésie. Le Communisme sans poète, à la juive, à la scientifique, à la raison raisonnante, matérialiste, marxiste, à l’administrative, au mufle, au peigne-cul, au 600 kilos par phrase, n’est plus qu’un très emmerdant procédé de tyrannie prosaïque, absolument sans essor, une imposture juive satrapique absolument atroce, immangeable, inhumaine, une très dégueulasse forcerie d’esclaves, une infernale gageure, un remède pire que le mal.

Prolétaires, communistes vous l’êtes sûrement moins, beaucoup moins que Louis XIV. Il avait le sens de l’État ce fastueux emperruqué. Vous ne l’avez pas du tout. L’État, pour vous, c’est une vache, comme pour les bourgeois. Vous lui disputez les tétons. Lutte de classes ! Bourgeois, Prolétaires, vous êtes devenus si méchants, tous les deux, par la raison raisonnante, la muflerie calculante, le débrouillage forcené, qu’on peut plus vous réunir qu’à coups de trompette guerrière. C’est la sonnerie des massacres qui peut seulement vous rassembler. Bourgeois, ouvriers, pas plus cher les uns que les autres. Vous n’avez retenu tous les deux, à travers tant de croyances, que les immondices. De toutes les Églises, à travers les siècles, relevé que les pires conneries, les préjugés, les singeries, grimaces, toute l’ordure de chaquereligion, les plus désastreuses charogneries. Le « chacun fait son salut comme il peut » des premiers apôtres (déjà juifs), vous a menés parfaitement de Rome à 93. « Le Paradis n’est pas au ciel, mais sur la Terre et en tout Or » des nouveaux apôtres (toujours juifs) va vous menerun peu plus loin. On va rire. Le communisme c’est exactement le contraire de ce que désire le Peuple. L’âme des prolétaires : une envie… L’âme des bourgeois : une trouille. [125] Vous n’avez jamais respecté, vénéré, les uns comme les autres que la trique, d’où qu’elle vous tombe. Dans chaque Révolution, vous n’avez jamais compris, admiré les uns comme les autres qu’un genre de Tombola terrible, fantastique, à la vinasse et au sang, où les plus fauves, les plus sournois, les plus vicieux, les plus tueurs, gagnaient à coup sûr. Et pas une trique d’opérette qu’il vous faut ! Non ! Non ! Non ! Du gourdin ! terrible, impeccable. Le grand dressage, sans pitié, inexorable. L’étrivière féroce, l’assommoir parfait,la trempe absolue pour le mutin, le frondeur, le badin, le causeur, le bel esprit. La volée gouvernementale annihilante, sans réplique, réconciliatrice, rédemptrice, rénovatrice, miraculeuse.Observez un peu les choses. Si vous vous rendez aimable avec un chien, il vouscomprendra peut-être, il vous mordra peut-être pas. Vous pouvez risquer. Mais avec un homme ? Vous êtes cuit d’avance. Il ne comprend que la violence, le sang, les raclées atroces.Et plus il en reçoit et plus c’est beau. Il trouve jamais que c’est trop. La preuve : les guerres !... Il s’en faut de cent mille élevages, de cent et cent mille sélections raciales, éliminationsrigoureuses, (entre toutes celle du Juif) avant que l’espèce ne parvienne à quelque tenue décente, aux possibilités sociales.

Tous les végétaux, tous les animaux ont passé par la sélection. Pourquoi pas l’homme ?Ce qu’on a fait pour la betterave, pour le porc, pour la basse-cour, on peut pas le tenter pour nous ?Par l’effet de quelle providence le chien est-il devenu fidèle, vigilant ? sociable ? La vache, laitière ? Le cheval, trotteur ? Le coton, cotonneux ? Le mouton, tout en laine ? Le blé, panifiable ? Le raisin, buvable ? Le serin, vocaliste ? Par la sélection raciste, par l’élimination très stricte de tous les immondes, avant le dressage, de tous les confus, les douteux, les hybrides néfastes, de tous les sujets trop bâtards, récessifs. Pour traquer le diable dans l’homme, exorciser l’homme, deux seuls moyens conjugués : l’Élevage et la Trique. [126] Et puis d’ailleurs l’homme le sait bien, d’instinct. Nous n’avons rien à lui apprendre. Il nous joue la comédie, il se joue la comédie du Progrès, du Relèvement par les phrases. Il n’est pas dupe, il est fixé parfaitement. Dans les entr’actes du boyau, gavé, on ne trouve pas pire masochiste que l’homme. Pour le désir de punition il a pas son pareil l’homme dans toute la série animale. La preuve encore : les guerres. C’est un avide de martyre, des cent mille tortures. Dans ses bons moments il sent que ça lui fait du bien, que c’est par là son salut. Il souffre de ne pas souffrir assez. Jamais assez. Les dresseurs très féroces lui manquent. Il y supplée comme il peut. Ça commence au martinet etça finit dans les barbelés. Mais c’est du gâchis perpétuel, des tortures bâclées, improvisées,absurdes. Moi, qui visionne, je les vois très bien comment qu’elles devraient défiler, les masses des masses. Pas du tout comme actuellement, pleines de prétentions, plein la gueule. Mais non ! Mais non ! Plus du tout hostiles, plus désordres. Ouvriers, prolétaires, bourgeois, en chiens de faïence, mais non ! mais non ! tous très bien ensemble sous la même bannière ! Et comment ! Absolument fraternels. Des calicots grandeur immense ! Plus grands qu’on aurait jamais vus !bâtards, braillards, haineux, croquants, raisonneux, morveux, tordus, louchons, râleux, pour une fois bien tous unanimes, réconciliés, à pleins chœurs, âmes déployées, pour une fois joliment sincères. C’est la trique ! C’est la trique ! C’est la trique qu’il nous faut ! Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ça serait pas du flan cette fois-là, ça serait conforme au grand dressage. Staline, il s’y connaît un peu. Hitler, il est pas cave non plus. Mussolini, pour la musique… Franco, attendez donc qu’il gagne… Les Mexicains ils se demandent… ils ergotent encore. C’est des écoles qui se cherchent… qui sont aux épreuves de technique.

À qui a profité je vous le demande un petit peu le Front populaire ? Aux Juifs strictementet aux maçons, (juifs synthétiques). Les Aryens ont tout paumé. Bourgeois, ouvriers, paysans, petits commerçants, artistes, petits fonctionnaires : repassés. C’était écrit ! Dandins ! Vous l’avez voulu ! Inventaires des joyeux gagnants : Les Trusts juifs, les Prix Uniques, les Banques juives, Florès ! trois, quatre, cinqdévaluations ! Quelle manne ! Les politiciens juifs ou enjuivés, les hobereaux du Syndicalisme, l’empereur démagogique juif Jouhaux, les petites satrapes de Cellules, toute l’obédience des Loges, les bourriques au train du complot et les Bistrots, ces Loges du Pauvres. Toute la Racket du plus grand asservissement, du plus grand abrutissement, les barons de la Cocaïne (dont les rabbins de la Cocaïne), les acheteurs de biens, d’hypothèques (tous juifs), les marchands de canons, d’avions, (tous juifs ou enjuivés essentiellement), nos deux cents familles juives, nos deux mille familles juives internationales, nos grands Molochsaffameurs, affairistes, mobilisateurs, nos Rothschild, nos Lazares, nos Cohens, nos Sterns, nosPâtenotres, nos Baders, nos Dreyfus… Jamais mieux passionnément obéis, régalés, comblés, adorés… enfin, de la même canaille youtre, les touristes, dits visi-[128) teurs providentiels ! releveurs du commerce, soi-disant ! en réalité très désastreuse engeance au pillage de nos derniers stocks, de nos dernières camelotes qu’il faudra racheter à prix d’or, chez eux, l’hiver venu. La Gribouillerie parfaite. Ce pays, Royaume des Larves, des enflures saoules, par le bonneteau politique, le jeu des paniques, des grèves perlées ou formidables, les fripouilleries bancaires endémiques se trouve aux 9/10èmeruiné. Et puis encore le petit dixième qui reste, l’ultime subsistant, faudrait pas se faire d’illusions, il a aussi pris le train de même. Il est là-bas comme tout le reste de patrimoinedans les fourrières de la Cité, dans la cave des Juifs. C’est gagné ! Trois centimes qu’ils nous ont laissés sur un franc ! et trois millions de morts ! De fil en aiguille, de démagogie en loisirs, l’industrie française est retombée en enfance. Si les juifs hésitent un tout petit peu à nous ruiner à zéro, comme ils pourraient très bien le faire du jour au lendemain, c’est pour pas vider la bête complètement, avant qu’elle arrive aux Arènes, à la suprême Corrida, qu’elle fournisse encore une course à peu près décente, que les spectateurs lointains en aient tout de même pour leur pognon. Mais, enfin, ça va se terminer. Ça peut pas durer toujours, les sursis.

Qui donc a mis comme ça Rothschild sous les verrous ? pour spéculations ?C’est pas Schussnig, c’est pas Cachin, c’est pas Jouhaux, c’est pas Blum, c’est pas Chamberlain, c’est pas Staline, c’est Hitler. Quel est le véritable ennemi du capitalisme ? C’est le fascisme. Le communisme est un truc de Juif, un moyen d’asservir le peuple plus vachement encore, absolument à l’œil. Quel est le véritable ami du peuple ? Le Fascisme. Qui a le plus fait pour l’ouvrier ? L’U.R.S.S. ou Hitler ?C’est Hitler.Y a qu’à regarder sans merde rouge plein les yeux. Qui a fait le plus pour le petit commerçant ? C’est pas Thorez, c’est Hitler ! Qui nous préserve de la Guerre ? C’est Hitler ! Les communistes (juifs ou enjuivés), ne pensent qu’à nous envoyer à la bute, à nous faire crever en Croisades. Hitler est un bon éleveur de peuples, il est du côté de la Vie, il est soucieux de la vie des peuples, et même de la nôtre. C’est un Aryen. Les “chiens enragés de l’Europe” sont de ce côté du Rhin, Maurras ! Nos meneurs à nous, nos ministres ne sont que des larbins de juifs, Jean-Foutres maçons, envieux bousilleurs, [130] arrivistes insensibles, qui se foutent de notre existence comme deleur première couche-culotte. Ils nous sacrifient tout naturellement, c’est leur fonction naturelle. Ils nous flattent et nous chient.

Ça serait intéressant de savoir combienil y a eu de suicides de soldats, (active et réserve) pendant la dernière semi-mobilisation.Les Juifs c’est leur souci principal, leur grande pensée, leur grand dada, l’Armée française démocratique. Ils ont misé des sommes énormes, les Juifs, sur l’Armée française. Il faut que les choses se passent très correctement, que rien ne flanche, que ça mobilise dans les règles, sans anicroches, sans trafalgars, sans ombre au tableau, dans le plus fol enthousiasme, au moment le plus opportun, sur un “casus” amené aux pommes par le plus grand Kahal, quelquebrûlot patriotiquement parfait, impeccable, irrésistible, que la croisade antinazie commence pas par des cafouillages, par des débandades ignobles, des guerres civiles dégueulasses. Non. C’est impossible. De l’Union nationale ! Because ! Un peu molo s’il vous plait, là-bas sur les bases… Pour la propagande !... Minute ! Attention les brutalités… Virulents… toujours, certes… maisraisonnables… Pas l’impossible !... Attention, les extravagants… les persécuteurs de “mous”… du tact ! Ça va ! Ça va !... le communisme compréhensif… Contingent… Beaucoup de mainstendues… Ça fait plaisir… Ça ne coûte rien… Recommandé ! Plus du tout de confiscations ! de reprises intégrales, de jacobinisme 100 pour 100… On reparlera de tout ça plus tard… [132] De trop nombreux camarades ont maintenant leur voiture… Faut pas froisser pour des vétilles des personnes de condition… des damnés qu’arrivent à se faire dans les 160 francs par jour… le moment est mal choisi… De la tactique s’il vous plaît… De lacompréhension mutuelle… du savoir-faire… Rentrez ces terreurs ! Lénine, lui-même, savait biaiser, surseoir, planquer, attendre une meilleure époque. Lesfous seuls vivent dans l’absolu. Contingences… Confiance… Tactique… Adresse… Confidences…

Les bourgeois ça leur file des transes, des aigreurs atroces d’entendre gueuler « Soviets partout ! Soviets tout de suite ! » Ils y tiennent à leurs papiers de rente. « Qu’ils s’en torchent ! mais qu’ils les gardent !Foutre ! Les jolis ! » Voilà ce que répondent les maçons. Ne rien détruire, tout pourrir, c’est le dernier mot des Loges. Que tout s’écroule, mais sans fracas, sans émeute. Les Français de droite comme de gauche, sont conservateurs avant tout, par-dessus tout, ils redoutent les changements sociaux pire que la peste, pire que la guerre. Ne plus retrouver leurs habitudes c’est la fin du monde, pour les Français authentiques, de droite ou de gauche. Le peuple pour les habitudes il est encore pire que les plus naphtalants bourgeois. Une fois l’ouragan passé il se précipite sur les décombres, le Peuple, il sauve tout ce qu’on peut sauver, il ramasse tout, il reprend tout, les pires vacheries, les pires impostures, les pires fariboles, les pires préjugés, toutes les morales les plus crasseuses, il va aux nues que de sottises, il repompe tout ça, il rafistole, il adopte. C’est son sentiment. Pas affranchi pour deux ronds. S’il fait des révolutions, le peuple, c’est pas pour se libérer, c’est pour réclamer desTyrannies plus solides. [134] S’il y a une chose qu’il déteste le peuple, c’est la Liberté. Il l’a en horreur, il peut pas la voir. Le Peuple c’est un vrai Musée de toutes les conneries des Âges, il avale tout, il admiretout, il conserve tout, il défend tout, il comprend rien.

Le petit bourgeois ce qui le tracasse, le coagule, le chiffonne énormément c’est la destruction des rentes, la fonte des économies, il peut pas s’y faire, ça le dépasse. Ça le démoralise. C’est trop d’escroqueries coup sur coup. Qu’à cela ne tienne ? Toutes les concessions doctrinales pourvu que Petit Bourgeois laisse pas tomber l’armée française, reprenne sa place aux effectifs, qu’il bondisse à la gare de l’Est, qu’il saute sur les marche-pieds aux premiers roulements du tambour, qu’il fournisse, encore une fois, les cadres à la pipe ! Voilà l’essentiel ! Les Cadres ! La très impérieuse condition du prochain tabac ! Les Cadres ! C’est tout bourgeois les petits cadres ! Gafe ! Pas de divagueries ! Pas de dorages de pilules ! C’est tout cuit ! Impossible de mobiliser sans les petits cadres petitsbourgeois ! C’est midi ! On irait jusqu’à rembourser à Petit Bourgeois l’Emprunt Russe pour qu’il retrouve sa vaillance, tout son cran, tout son moral avec ses coupons, son patriotisme exultant, toute sa combativité, sa joyeuse furia de 14 ! Petits Bourgeois ! En avant ! les Incomparables ! La partie vraiment sérieuse, essentielle de l’armée française, sans aucune substitution, suppléance possible, c’est la gradaille petite bourgeoise. Tous les bacheliers dans la danse ! Sans les petits gradés bourgeois, sergents, serre-[136]files, lieutenants, capitaines de réserve, l’Armée française existe plus. La horde seulement, comme ça, toute seule, c’est la débrailleriequi commence, la foire aux Armées, le vertige de toute la canaille. À la première anicroche !Tatouille ! Catastrophe ! C’est pesé ! Ça se terminerait en huit jours. Les petits cadres ne serecrutent bien que dans la petite bourgeoisie, évolutions de masses impossibles, plus de raccrochage au terrain. La ténacité, le ressort, la tête de cochon dans le malheur, la fierté du devoir accompli, le sens hargneux du sacrifice, toutes ces balancelles sinistres sont des vertus petites-bourgoises, très proches parentes traditionnelles du “très bien savoir se priver”, du “jamais rien prendre àcrédit”, de la “prévoyance du lendemain”, de la “féroce économie”, de “l’existence pauvre mais honnête”, du “rien demander à personne”, du “faire honneur à ses affaires”. Ces dignités cafardeuses font merveilles sur les champs de batailles. Elles valent à l’armée française ses extraordinaires petits cadres, admirablement sérieux, valeureux, de bravoure tranquille, sans limites, infiniment prévoyants de toutes les embûches, inlassablement redresseurs de toutes les situations, les plus précaires, les plus effroyables, jamais défaillants,jamais déprimés, jamais vautrés, jamais saouls, jamais exigeants pour eux-mêmes, jamaisgaspilleurs, d’hommes ni de mots, toujours regardants, toujours soupçonneux des démonstrations coûteuses, pas spectaculaires pour un rond, petits gradés parfaitement responsables, jamais gaspilleurs de rien, ni d’un chargeur, ni d’une gamelle, ni d’un homme, anti-prodigues, seulement généreux de leur propre sang et jusqu’à la dernière goutte et pour les autres, pour leur escouade, leur unité. Toujours les premiers à la pipe, sans arrière-pensée de gloriole ou de récompense. Citations et médailles peuvent pas beaucoup les régaler vu leurs dispositions jalouses,hargneuses, dénigrantes. Ils se trouvent mieux dans le devoir tout sec. Les honneurs pour autrui les vexent, les honneurs pour eux-mêmes les gênent. Petits Bourgeois de la sorte, si crasseux, si rebutants, si dégueulasses, si peu lyriques entemps de paix deviennent [137] facilement à la guerre des drôles de héros formidables, martyrs extrêmement susceptibles qui ne demandent rien à personne et calanchent comme ils ont vécu, dans la haine des témoignages et des appréciations flatteuses. Vous pensez bien que les Juifs sont parfaitement au courant de ces qualités petites-bourgeoises si authentiquement guerrières, si parfaitement combattantes. Y a pas de bassesses qu’ils ne fassent en ce moment pour envelopper Petit-Bourgeois, pour qu’il boude pas à la Croisade, qu’il laisse pas tomber ses galons. C’est pas les cohortes ouvrières rugissantes de bourdes conasses, perdues en pitanche, pourries de slogans marxistes, absolument hébétées, larbinisées, vachardisées par les jérémiades revendicatrices, qui vont comme ça, du jour au lendemain, relever les petits-bourgeois dans les petits cadres ! Clopinettes ! Prolo a pas le sens du devoir, il faut que le boulot le conduise, sans pointeau il existe pas. Sans la gradaille bourgeoise au cul, tout seul, c’est plus qu’un Robot jouisseur, un anarchiste fade. C’est la petite bourgeoisie, en France, qu’est la classe sérieuse, pas mystique, mais consciencieuse. Le peuple il est rien du tout, que de la gueule et du moindre effort. C’est la petite bourgeoisie qu’a l’habitude de se priver, de se refuser tout plaisir, de mêmejamais rien désirer d’agréable, de prévoir toujours les pires catastrophes et toujours en définitive de se trouver marron, encore responsable. C’est pas le peuple. Voilà l’entraînement à la guerre 100 pour 100 ! Incomparable ! L’État-Major il est pas fou, il se rend bien compte que, sans les petits cadres petits-bourgeois les pommes sont cuites.D’abord les gradés ouvriers jouissent d’aucun prestige sur le peuple. Pas de bachot, pas de prestige ! Le peuple, dans les circonstances graves, il veut avoir des cadres bourgeois, des bacheliers. L’ouvriérisme c’est pour la gueule, pour les élections, pour les chorales, pour l’Humanité, pour le Théâtre, c’est pas pour les moments tragiques. Pas plus qu’un médecin né du peupleça fera jamais un vrai médecin pour les ouvriers. Ça n’existe pas. [138] Qu’ils reprennent donc tout de suite leur autorité sur le trèpe les petits bourgeois ! Et que ça saute ! Et que ça fulmine ! le Salut de la Patrie l’exige ! Avant tout ! qu’ils empaquettent tout ce bétail ! qu’ils emmènent tout ça dégueuler dans l’Est leurs cent mille sottises, toute leur tripaille de cocus, dans les bourbiers Maginot, dans la folle farandole Marseillaise Internationale ! Sous les torrents d’ypérite ! La situation rétablie ! Les hiérarchies retrouvées ! restaurées, les choses redevenues normales ! Très bien ! Parfait ! Soupirs ! Ah ! Les affranchmanes ! Les insatiables de justice ! On va vous servir ! Les Lions de cellule ! Attendez mes turlupins ! Vous allez jouir ! On vous estime à vos valeurs en très haut lieu ! On vous prépare des fins d’artistes ! Des révélations mirifiques sur vos authentiques natures ! Bougez pas ! Des reluisances impériales ! Le Bastard, fils de Céleste ! Mérotte Alphonse ! Laridon Paul ! Portu Joseph Marmadou Louis ! Sengoux François ! tous répartis bien en guirlande autour du lieutenant Verlet Jules, licencié en Droit. Ça va, Madame laMarquise, très bien ! Des agonies pas banales ! vous finirez en vraies dentelles ! Plein les barbelés ! Vous finirez transparents, frémissants aux moindres rafales, ondoyants aux bouffées d’obus. Quels trépas ! Héros des viandes rouges ! Limés, repassés, fondus, lustrés, empesés, mousselinés par les tanks, vaporeuses résilles ardentes, oriflammes d’or et de sang.

Vous entrerez dans l’Histoire, drapeaux tout vifs, tout “rouges internationaux” de tout le sang des goyes, classes unies. Jéroboam Pelliculman viendra vous prendre en photos, comme ça, merveilleux, suspendus, pour les “Regards de la Victoire”, le super-youtro-périodique, l’hyper-prodigieux illustré de la ferveur Croisadière. Le nouvel organe “jusqu’au bout” du parti central communiste. Vous enflammerez les “morals” rien que par la vue de vos carnes, décomposées, dansantes dans les brises. Rachel Madelon, Max Préput, chanteront vos trépas sublimes aux A.B.C… Alors ça vous dit rien, figures ? Vous [139] êtes pas émoustillés ? On vous prépare toute la gloire, vous avez plus qu’à rejoindre… Merde ! Rien vous suffit !

Saisissez-vous un peu les tendances ? Allons, maniez-vous ! D’abord votez bien patrioteet même “Oignon national”, le prochain coup, plutôt radical dans l’ensemble, aux élections 41 (si on vous laisse le temps) au commandement juif. Les Anglais voteront plus à gauche, plus agressifs, anti-fascistes très exigeants. Une fois que vous serez partis, biffins, fleur au fusil, faire des prouesses dans les mitrailles, ils épauleront tous vos efforts, les Anglais, toutes vos vaillances, par l’aviation, la Navy. Vousserez bien contents. Leurs Loges milliardaires et Royales prêteront tout leur concours auparfait service des Étapes. Vous les retrouverez, les Anglais, aux bifurs, prestigieux et reposés. L’Angleterre c’est tout plein d’Élites, toujours prêtes à jouer les beaux rôles, élevés, distingués, officiels, les fonctions d’arbitre dans les corridas “jusqu’au bout”. Et la prochaine sera fadée. Ce sera une merveille de rendement, d’organisation. Remarquez déjà la classe dugrand travail préparatoire. Vous ne faites rien, ne décidez rien, Français, ouvriers, bourgeois. Vous ne pensez rien, vous ne savez rien, vous ne votez rien, vous ne hurlez rien, qui n’ait été ordonné, manigancé, mijoté, ourdi pour votre gouverne, des années, des années d’avance par l’Intelligence Service.[141] N’est-ce pas splendide ?Votre destin est en fiches à “White-Hall”. Vous serez expédiés, wagonnés, retranchés, éclatés, émiettés à l’heure W.-H. pour la jubilation des Banques, des Rabbins, du Komintern, de la Grande famille ?Tout cela est écrit, inscrit, répertorié, prévu, dans les plus infimes détails avec les poids, les qualités, les nervosités, les convictions de toutes les viandes, de toutes les provenances,pour chaque pays, chaque province, chaque bataillon. Vous n’existez plus, vous n’êtes déjà plus que des souvenirs. Vous n’en savez rien ! Ça c’est prestidigitateur !


LA 5eme PARTIE DE "L'ÉCOLE DES CADAVRES"

de LOUIS FERDINAND CÉLINE EST ICI

Commenter cet article

Alonso 19/04/2016 13:57

Lu enfin ces trucs. Mais que le début. C'est horrible et con, même en style Céline...