"BAGATELLES POUR UN MASSACRE" de LOUIS-FERDINAND CELINE (7eme partie)

Publié le par Zoso

Ce préambule n’est pas vain, il nous met en présence d’un autre petit roi de France, monarque à son tour, secondaire, suzerain, vizir fidèle du grand roi juif... vieux preux lui-même, chevronné, de l’abrutissement des masses, par le zinc, le bavardage et le jus de grappe à la chimie... Le Roi Bistrot, possède, lui aussi, tous les droits, par accord politique absolument intangible, à l’immunité complète, au silence total, à tous les encouragements, pour l’exercice de son formidable trafic d’empoisonneur et d’assassin... Rien ne peut le troubler : la presse, la radio, les Préfets, l’État entier lui sont, pour son négoce, entièrement soumis, à ses ordres, empressés, effrénés à mieux le servir... Les deux lions rugissants de la publicité contemporaine au-dessus de tous les autres fifres, sont Cinéma l’abrutisseur et Vinico l’empoisonneur. Effleurer les abracadabrants privilèges de la vinasse, voici le seul crime en France rapidement châtié... La France est entièrement vendue, foie, nerfs, cerveau, rognons aux grands intérêts vinicoles. Le vin poison national !... Le bistrot souille, endort, assassine, putréfie aussi sûrement la race française que l’opium a pourri, liquidé complètement la race chinoise... le haschisch les Perses, la coca les Aztèques...

Le Juif, quand on lui demande de voir un petit peu ses papiers, se déclare instantanément vieil auvergnat laborieux, bigouden fidèle, corse loyal, tourangeau, landais, etc. Le picrate lui aussi ne possède que des vertus, des références unanimement, suprêmement favorables une bonne fois pour toutes, c’est entendu ! promulgué à milliards annuels... Le pinard n’est jamais autre chose qu’inoffensif, anti-rachitique, hygiénique, gaulois, digestif, antiseptique, fortifiant, carburant de l’Intelligence (le peuple le plus spirituel du monde) et panacée au surplus de "longue vie". Mais la mortalité française demeure malgré tout l’une des plus élevées du monde...

France, 15.7 (pour 100), Angleterre, 11.7, Allemagne; 11.8, Belgique, 12, Espagne, 15.6, Irlande, 14.4, Grèce, 15.5, Suède, 11.2, Suisse, 12.1, Norvège, 10.2, Australie, 9.5, Nouvelle-Zélande, 8.2.

A cet égard, comme à tous les égards ou presque, en dépit des lourds tombereaux d’écœurantes flagorneries que nous déverse à pleines colonnes poubelles et chaque matin notre jolie presse démagogique, la France demeure un des pays les plus arriérés du monde... Chiffres en mains. Rendons cependant justice au pinard. Rien ne saurait le remplacer pour pousser les masses au crime et à la guerre, les abrutir au degré voulu. L’anesthésique moral le plus complet, le plus économique qu’on connaisse, c’est le vin ! Et de première force... "Un coup de clairon ! Et ils voleront tous aux frontières ! " Prétend Gutman. Il a raison Gutman, il voit juste. "Ayant bu ! " Ajoutons ! Le clairon ne suffit pas. Le cœur au ventre c’est " vin à discrétion "... Le clairon cocoricant c’est la musique, l’âme même du vin...

Les élections de la gauche je trouve se font encore plus au bistrot que les élections de la droite, sans parti pris. Jamais les bistrots n’ont connu d’affluences comparables à celle que leur vaut "les 40 heures ". Le peuple ? Jamais tant de loisirs, Jamais tant picolé... Jamais les affaires de la limonade n’ont été si encourageantes, jamais les grands apéritifs n’ont connu pareille prospérité. Regardez un peu leur matériel ?... Quel luxe !... Un perpétuel 14 juillet... La démocratie déborde... Jamais la publicité du vin (et dérivés vins cuits etc.) ne fut tellement effrontée, tellement insolente... L’outrecuidance des grands nectars est à son comble... Que risquent-ils ?... Rien !... Les 350 000 bistrots de France ont tout remplacé dans la vie des masses... L’église, les chants, les danses populaires, les légendes, etc. Le petit peuple, la foule la plus pauvre, est amenée, drainée au zinc comme le veau à l’abreuvoir, machinalement, la première station avant l’abattoir. Le peuple ne ressent plus le besoin d’autres choses que de nouveaux bistrots, "plus de loisirs et plus de bistrots ".

Les bibliothèques ?... Demandez un peu, si davantage on les fréquente depuis les 40 heures... On lui a ôté même jusqu’à l’idée, au peuple, l’imagination, qu’il pourrait peut-être s’évader, se "transposer" d’une autre manière qu’en se saoûlant... chroniquement... Le centre spirituel, le foyer d’esprit, d’attraction, la puissance, la "catalyse" du village n’est plus l’église, ni le château ni la mairie même... C’est le bistrot, bel et bien... Quel gain spirituel !... et dans les villes le bistrot plus le cinéma... Le " complet " de l’ahurissement moderne. Les 350 000 bistrots de France, garde-chiourmes flatteurs et mielleux du petit peuple ouvrier sont 350 000 fois plus redoutables, inamovibles, méticuleux que tous les autres tyrans évidents, précédents, patrons, châtelains, curés, bourriques... Aucune comparaison... Ils saignent et sonnent le peuple à la base... Ils le livrent aux Juifs, aux généraux le peuple, moulu. roteur, titubant, dégueulasse, parfaitement consentant à toutes les galères, à tous les massacres...

Qu’ont-ils entrepris ? Qu’ont-ils même tenté nos immenses humanitaires ? Nos grands frères douloureux ? Ces "infinis participants" à toutes les souffrances du peuple, pour affranchir le peuple de son plus intime, son plus implacable, son plus insatiable bourreau, l’alcool ?... Absolument rien du tout !... Au contraire ! Ainsi que jamais les spéculateurs en Bourse, agioteurs de tous poils, en matières premières, juifs ou enjuivés n’avaient connu de période semblable aussi magnifiquement fructueuse, que celle que nous traversons depuis le triomphe du Front des masses, de même les "grands vinicoles et distillateurs", doivent la plus merveilleuse des chandelles au gouvernement "Boom Bloum" pour les miraculeuses quarante heures et l’accroissement inouï des pouvoirs vinassiers des foules.

Qu’ont-ils fait, nos frémissants dissipateurs, dispersateurs de ténèbres, pour disperser un petit peu tout cet alcool dont nous crevons ?... Ah ! Ils seraient eux-mêmes dispersés bien vite par le plus vrombissant orage qui souffla jamais dans les porcheries de Lucifer !... S’ils risquaient un traître mot ! Qu’ont-ils tenté nos grands révoltés de la grande gueule, nos mirifiques pourfendeurs de toutes les iniquités pour assainir un peu la rue ?... Pour secouer même un petit peu, la plus écœurante, la plus vile et la plus lâche de toutes les dictatures connues, celle des 350 000 bistrots ? Tout éblouissants, miroitants en pleine gloire et fortune... drainant, décimant, putréfiant, avec la pleine protection de tous les pouvoirs publics, à pleins goulots tous les fameux loisirs ? Toute l’étendue de ce territoire n’est plus qu’une formidable entreprise d’abrutissement, un gigantesque cloaque de Juifs et de vinasse... Personne n’est au courant ?... Personne ne moufte ?... Pas un simple bœuf mais un Himalaya sur la langue des grands Juifs ! "Commodo et incommodo "... Quelle faribole ?... Le Français est livré pieds et poings liés aux grands industriels de la vinasse, juifs ou pas... La Limonade est reine, si le Juif est roi... On s’en va tracasser, croisade ! deux ou trois malheureux bordels en province, au nom de l’hygiène générale, de la moralité publique, de telles ou telles calembredaines, mais impunément à côté, on vous file de la folie, du crime, du gâtisme à plein comptoir, sur la longueur de quatre cent mille zincs et personne ne tique ! et tout le monde est bien content !... Quelles saloperies d’hypocrites fumiers !

D’ailleurs tous nos youtres du grand socialisme (eux qui ne trinquent guère), se montrent dans la pratique, dans la cuisine politique, solidaires à fond de toutes les vinasses, ils vont ramper naturellement vers l’empereur Bibine, pour se faire avaliser, voter, introniser. Précautions, hommages, et reconnaissance... Leur seconde circoncision. Le Midi bavard, resquilleur et vaniteux est un excellent bled pour les Juifs, absolument accueillant. L’opium du peuple ce n’est plus la religion, pauvre légende aux abois, mais bien la vinasse en plein triomphe. La religion se discute, se réfute, offre mille prises au ridicule mais pas la vinasse... Entre lui et le néant, le Français n’a plus que le juif et la vinasse... Juifs et vinasse triomphent ensemble... n’oublions jamais que 80 pour cent de l’énorme quantité d’alcool consommé en France provient du vin "Le long vaing de nos pères !"... Nos pères qui ne buvaient eux, en vérité, ces simples, que d’innocentes "petites bières " familiales et de naïves piquettes. Jamais ils n’ont soupçonné l’existence même, ces aïeux, de nos terribles casse-poitrine, de nos poisons farcis, de ces vitriols d’étiquettes, de nos Élixirs d’Asile, dont on garnit, surplombe, inonde aujourd’hui comme s’il en pleuvait les guéridons et les zincs du peuple souverain, sous l’œil ravi de ses grands apôtres ! La Bastille ?... Rigolade !... Mais regardez donc tout autour sur l’emplacement même de la Bastille... Tous les bistrots étalés.. Mais ils valent à eux tous cent mille Bastilles !... Pour la férule et l’exploitation. Le peuple souverain ?... Mais depuis 93 il souveraine dans un alambic ! Il en est jamais sorti ! Il n’en sortira jamais !... Pas une mesure, un Édit, un simple arrêt, depuis ce fameux souverain jour, qui n’ait été médité, promulgué, conçu à la gloire, pour la gloire, pour l’impunité, l’insolence, pour la parfaite prospérité du proliférant bistrot ! Nous avons tout vu, le comble ! Nous avons vu un ministre, et de l’Instruction Publique, pousser par circulaires formelles à la  consommation du vin dans toutes les écoles de France !... Peur que l’on y pense un peu moins... Presser les instituteurs, par très vives exhortations, à se donner entièrement dans leur classe à l’éloge de la vinasse, la fabrication de plus nombreux épileptiques en somme par ordre souverain.

O le gouvernement du peuple pour le peuple, par la vinasse !
O l’Hydre de l’ignorance !...

Dans un pays, notons-le. où 50 % des conscrits sont éliminés, à chaque année pour diverses causes rachitiques, "ajournés" tout à fait minables, par le Conseil de Révision, de plus en plus indulgent, très soucieux de maintenir les effectifs et de retenir le plus de monde possible sous les drapeaux... 50 % de la population française, grâce au pinard, est donc ainsi tombé très nettement au rang de rebut physiologique. Cette imbibition, ce massacre alcoolique de la race entière n’est d’ailleurs pas l’une des moindres causes à ce fléchissement général... à cette très grande anémie, stérilité, banalité, ennui, à cette carence de toute inspiration, efféminisation, rabâchage, ragotage vétilleux, mesquinement vindicatif, ensemble de tares bien fâcheuses, mais fort remarquables, dont semble grevée depuis bientôt cent ans, toute la production intellectuelle française... Les intellectuels, après le peuple, ont perdu peu à peu toute signification, toute puissance, toute entreprise, toute véritable musique... Velléitaires enfermés dans une viande profondément, fatalement alcoolisée, diluée dans la vinasse... Le drame habituel de la dégénérescence mentale et physique des races alcooliques, condamnées. Les grands juifs du front populaire parfaitement avertis, ne s’y trompent pas... Ils établissent tout naturellement leurs quartiers généraux dans les grands département viticulteurs... Ils savent bien qu’une dictature en France ne peut tenir, ne peut durer que dans l’énorme imbibition, la trempette, le colossal ahurissement vinassier de tous les individus, enfants compris, héréditaire... Le Français est actuellement le seul être vivant sous la calotte des cieux, animal ou homme, qui ne boive jamais d’eau pure... Il est tellement inverti dans ses goûts, que l’eau lui paraît à présent toxique... Il s’en détourne, comme d’un poison. De quelle manière les Chinois, je vous le demande, furent-ils, en définitive, absolument détroussés, conquis annihilés, dissous, affalés ? Par l’opium !... Et les Peaux-Rouges ? Eux qui dérouillaient si splendidement tout d’abord les Yankees partout où ils les rencontraient, par qui furent-ils, ces vaillants, finalement réduits en esclavage ?... Par le brandy !... Et tous les nègres ?... Tous les colonisables en général ? Par le tafia !... Par le poison le plus populaire à l’époque de la conquête... Rien de plus malin...

Les Français subiront leur sort, ils seront mis, un jour, à la sauce vinasse... Ils le sont déjà. Pas d’erreur !... Le conquérant doit être sûr de ses esclaves en tous lieux, toujours en mains, sordidement soumis, il doit être certain de pouvoir les lancer, au jour choisi. Parfaitement hébétés... dociles... jusqu’ aux os... gâteux de servitude, dans les plus ronflants, rugissants fours à viande... sans que jamais ils regimbent, sans qu’un seul poil de ce troupeau ne se dresse d’hésitation, sans qu’il s’échappe de cette horde le plus furtif soupçon de plainte... Le cheptel gravit d’ailleurs admirablement, il faut le dire, tous les calvaires qu’on lui présente, il monte au crématoire fort bien, tout seul, simplement stimulé par les exhortations, les hurlements de la galerie c’est entendu. Ce miracle est devenu banal, il a lieu chaque jour depuis le commencement des siècles, des tyrannies et des guerres... mais tout se passe encore bien mieux, bien plus admirablement, plus spontanément, vertigineusement pour tout dire quand les organisateurs peuvent amorcer, préparer, bercer le grand sacrifice dans les buées de quelques philtres, de quelque magie pourriture chimique bien tassée, quelque solide, constant, indéfectible, économique poison nervin, pour nous Français, notre vinasse... Alors, c’est du plein billard ! Du Paradis de charnier sur terre, on gagne en tout, sur tout, en surface comme en profondeur... D’un côté l’abattoir, on le pomponne et l’apprête... de l’autre côté l’on distille à pleins tuyaux, muids, péniches... Les banques sont heureuses, on presse, on filtre, on souque, à tout cabestan !... L’instinct fait le reste... Toujours là, présent, tapi, l’instinct, immanquable, intrompable, l’instinct de Mort, au fond des hommes. Au fond des races qui vont disparaître, l’instinct dont on ne parle jamais, qui ne parle jamais, le plus tenace, le plus solide, impeccable, l’instinct muet... Lui qui n’est jamais ivre, attend, entend... Que d’affiches ! Que de promesses ! Que d’euphories !... La démagogie nectarde, tonitrue, explose !... C’est la foire ! Le grand carnaval du verbe mentir... Écoutez ces valets de torture ce qu’ils hurlent à pleins mensonges devant leurs victimes... Ils ont des mensonges plein la gueule :

"Que veut le peuple ?... Qu’exige le peuple ?...
" Du travail. Et du pain !..."

Mais non ! Saloperies ! Mais non !... Et vous le savez bien ! Mieux que tout autre !... Le peuple il exige du loisir et de la vinasse ! Avant tout. Il s’achète dans une famille ouvrière en France beaucoup plus de vin que de lait ou de pain... L‘alcool et le tabac coûtent au peuple beaucoup plus cher que sa nourriture. Avouez-le donc pourris !...

Wendel ! Wendel ! Wendel ! Tartuferies ! Pouffantes offusqueries ! Je connais cent distillateurs, cent fois plus criminels que Wendel !... qui tuent bon an, mal an, cent fois plus de monde que tous les Wendel de la terre... Et leurs affaires en sont beaucoup plus solides, beaucoup moins menacées que celles de Wendel !... Mais, ceux-là tiennent, vous le savez bien, tous vos électeurs toutes les listes en mains, et vous fermez tous vos sales gueules puantes de cabotins torves, parce que vous avez peur, une trouille infernale des distillateurs vos maîtres ?... Regardez un peu leurs "actions" ?... Leurs augmentations de capital !... Les avez-vous même effleurés d’un commencement de rigueur ?... Pas si sots !... Ce sont les chouchous du régime, de tous les régimes et de celui que vous préparez. Ils peuvent toujours, ces prétoriens du poison, attendre, comme les Juifs, sous l’orme, avec leurs "permanences bistrots" en toute sérénité, la fin de vos pitreries, mascarades. Bouleversements fariboles... Ils savent ce que vaut l’aune de toute Révolution... Ils les ont pesées toutes en muids, en barriques, toutes, ils savent que sans eux, toute autorité en France s’effondrera, sans recours, sans appel... Ils savent qu’on ne se passera jamais d’eux... Ce sont eux qui font ramper vos électeurs aux urnes, ce sont eux qui font bouillir le sang de vos soldats. Sans bistrots, vous n’êtes rien, avec les bistrots vous êtes tout. Demain, la révolution faite, la "communiste", plus de bistrots que jamais sur le territoire... "La France libre, titubante, dégueulasse et heureuse !..."

Aussi vains, bornés et frivoles que vous puissiez être... il est des leçons de l’Histoire que l’on retient... Vous avez sûrement retenu que le Tzar a payé durement pour ses derniers "Ukases", ses rescrits contre la Vodka. Ce sont ses propres édits qui l’ont fait basculer le Tzar, dégringoler du trône, et finalement étriper dans la cave de Sibérie... bien mieux que tous les bavardages du juif Oulianov-Lenine. Staline lui, n’est pas si fou... Il laissera toujours malgré tout, quelques roubles à ses moujiks pour qu’ils puissent, n’importe comment se noircir, en dépit de toutes leurs misères, bien profondément la gueule. Celui d’abord, qui n’est pas de tout temps, plus ou moins saoul, "entre deux vins", ne sera jamais ici, ou là-bas, qu’un pâle citoyen, pointilleux con, vilain camarade et douteux soldat. C’est un homme équivoque, tout bouffi de défiance, un anarchiste plein d’eau, qu’il convient de trouer.

Avec la rançon que vous versez aux Juifs, à vos maîtres, banquiers internationaux, demain grands commissaires du Peuple, vous auriez de quoi vivre à rien faire deux jours sur trois.

Encore un effronté mensonge, un credo pour gueules vinasseuses, une culottée d’infamie, "l’Internationale prolétaire" ! Il n’existe en tout au monde qu’une seule vraie internationale, c’est la raciale tyrannie juive, bancaire, politique absolue... Celle-là, est internationale ! on peut le dire ! Sans interruption, sans une défaillance, totale, d’Hollywood, de Wall-Street la youtre, de Washington (Roosevelt n’est que l’instrument cabotin des grands Juifs Morgenthau, Loeb Schiff, Hayes, Barush et consorts) à Moscou, de Vancouver à Milan... Une véritable internationale, bien intégrale, bien intriquée, bien inflexible, bien sinueuse, aurifiée, racleuse, soupçonneuse, criminelle, angoissée, insatiable. Toujours en conquête, jamais assouvie, jamais lassée, jamais somnolente... L’"Internationale" des Aryens, des ouvriers, c’est qu’une chanson... exactement ! rien qu’une chanson pour esclaves, rien de plus... Il faudrait que le peuple s’arrache un jour violemment, furieusement, la mite des cils pour se rendre compte que son "Internationale" de gueule, sa fameuse tonitruelle, c’est encore qu’un autre bidon, un autre disque bien tordu, bien gondolé, l’énorme fantastique fumisterie de ses meneurs attitrés... Encore une escroquerie de youtres !... pas plus d’"Internationale" pour les "damnés de la Terre" que de beurre au balcon !... L’Internationale ouvrière c’est la prestidigitation, l’imposture socio-gigantesque du très grand ancêtre "Marx Brother" le premier de nom... l’Hirsute, pour arnaquer les cons d’Aryens. Il a joliment réussi ! Aux Juifs les ors et les beefsteaks, aux cons d’Aryens trique et chansons... chacun son genre... sa destinée.

Une clameur : l’Internationale ! Une complainte d’ivrogne, une berceuse pour captifs. Pas plus de fraternité ouvrière à travers ce grand monde que de Juifs en première ligne... C’est même tout le contraire qui existe, c’est l’évidence même, d’un bout à l’autre de la planète... Ces peuples qui se cherchent pour s’étreindre, se rejoindre par-dessus les frontières maudites... Empêchés qu’ils sont les malheureux de se presser cœur à cœur par les méchants capitalistes... Quelle effroyable turlutaine ! Quelle dévergondée imposture !... Rien de plus absolument contraire à toute réalité !... Dans les Congrès, mais oui ! Sans doute ! Dans les palabres et les bavures, bien sûr ! À la Grange-aux-Belles, ou ailleurs, certainement qu’on se fraternise ! Entre "délégués" bien verveux, bien cossus, pas fatigués, pas empotés, qu’on gueule à s’enrouer de pareilles sottises ! Cette bonne foutaise ! Qu’est-ce qu’on risque ? On trinque ! On remet ça ! On se  promet !... et comment qu’on fustige !... à hure que veux-tu ! Tous les profiteurs des Régimes, les iniquités, les exploiteurs, les organisants de la "Rareté" ah ! Ah ! Cette bonne craque !... les gavés de par-ci... les repus féroces de cela... Mais dans la pratique ? Messieurs, Mesdames ?... Une fois retournés chez eux, les mêmes, exactement les mêmes vendus, comment qu’ils foncent à la police. Exiger, supplier qu’on renforce les restrictions, sévérise l’immigration. Tourne la vis ! Alors plus de phrases, Messieurs, Mesdames, plus de soupirs ! Plus de salades !... Plus de trémolos !... Des réalités ! Des directives bien égoïstes, bien vaches, bien formelles... Sus aux pouilleux !... Sus aux communistes "de fait" ! A ceux qui voudraient tâter, partager entre les peuples les richesses du sol !... organiser la justice, la répartition... Tous ces chiens maigres. Errants, renifleurs ! Au large ! Nom de Dieu ! et puis à la trique ! Voici le concret langage des fraternisants délégués des plus opulents "trade unions" une fois qu’ils ont rentrés chez eux...

Les patries existent plus ! Mais les beaux "standards" d’existence, ils ont jamais tant existé... Autant de pays, autant de "standard" d’existence et férocement défendus, je vous prie de le croire, par ceux qui se régalent... et fébrilement enviés par ceux qui la sautent... C’est la guerre profonde, permanente... sourde... inavouable... entre tous les prolétariats... et non moins féroce que l’autre... entre les plus bas "standards" et puis "les standards-plein-la-tête"... Les standards ont des frontières et barbelées, je vous l’affirme, encore plus que les Patries... Allez donc vous essayer, vous, prolétaire, tourneur, coiffeur, modiste, dactylo, barbouilleur quelconque, de gagner un peu votre croûte aux États-Unis !... en Angleterre, en Suède, en Hollande... comme ça, au flan... tout nature !... de vous régaler un petit peu... d’un plus haut "standard d’existence" (de marner donc un peu moins tout en se faisant payer plus), vous allez voir un petit peu, comme vous allez rebondir ! Et séance tenante ! Sans discussion... éliminé à grands coups de lattes, comme un effronté purulent galeux ! Ah ! ça sera pas beau à voir !... Ah ! Elle est bien morte, c’est trop triste, la fraternité ouvrière !... si elle a jamais existé !... Au moment qu’on sort des formules, qu’on s’amène gueule enfarinée, naïf croyant, pour déguster les fruits de la promesse, l’excellente chose fraternelle, tant vantée, hurlée, la grande participation dont on parle dans tous les congrès, à tous les échos du monde, alors comment qu’on se fait étendre !... C’est pas la peine d’insister ! Cette adorable fraternité, c’est une rhétorique, elle existe pas !... On vous fait voir, dès la frontière, une de ces triques implacables, une de ces matraques "embouties fer", qui vous précipite d’autor dans la niche dont vous sortez ! Impertinent fou !... pas de pitié ! Pas de jérémiades !... dans la pratique des esclaves, chacun sa galère... Pas de rêvasseries... Le bord où on est mieux nourri il prend pas du tout les fuyards, les resquilleurs des autres chiourmes... ceux qui viennent nager le long des bonnes coques comment qu’on les rebute ! à grands coups de mandrins plein la fiole ! Qu’ils aillent au fond ces saloperies ! se faire gonfler !... Ah ! C’est bien organisé la défense des bonnes frontières démocratiques ! Pas de pitié ! Pas d’erreur ! Pas de resquille ! Les envieux ! Les pougnasses, aux chiots ! Chaque peuple pour soi !... Et au surin ! à la grenade si c’est utile ! A la porte de chaque pays c’est écrit, bien noir sur rose... le bel accueil qui vous attend tous les prolétaires du monde ! "Ici c’est complet"... Voilà ! C’est pesé !... Allez pas vous imaginer pour vous faire une explication, que ce sont spécialement les "gros", les "deux cents familles", qui refoulent les truands d’ailleurs... Mais non ! Mais non ! Comprenez bien... ça leur ferait plutôt plaisir... les "exploiteurs" d’en recevoir des quantités ! Des "peigne-cul" des autres hémisphères !... Pourquoi pas ? Ils auraient qu’à y gagner... Main-d’œuvre moins coûteuse... clients plus nombreux... Pour leur gueule tout bénéfice !... Ce sont bel et bien pour la circonstance, dans chaque pays, les prolétaires farouchement en quart, syndiqués, organisés, retranchés derrière les patrons qui défendent absolument leurs abords... leur "standard" acquis leur radio, leur frigidaire, leur auto leur habit-à-queue, l’espèce de luxe en somme (à crédit le plus souvent) par tous les moyens de la force et de la mauvaise foi... par "l’Émigration" surtout, par la police intraitable. Il faut en découdre de ces billevesées affectueuses qu’on déconne à plein tube, à longueur de parlotes. N’importe quel "Trade-Union" anglais, américain, danois, etc. est infiniment plus charogne envers les travailleurs "maigres" des autres pays, que tous les patrons possibles ensemble réunis... implacable !... L’Hypocrisie puante de tout cet immense racolage, sentimentalo-maçonnique, de cet infernal babillage à la fraternité des classes constitue bien la farce la plus dégueulasse de ce dernier siècle... Tous les faits de toutes les frontières contractées devant nous, prouvent absolument l’opposé, dans la pratique de la "croque", la seule qui entre en ligne de compte, "ouvrièrement parlant". Jamais les prolétaires "favorisés" n’ont été si fort attachés à leurs relatifs privilèges patriotiques, ceux qui détiennent dans leurs frontières des richesses du sol abondantes, n’ont aucune envie de partager. "La nature ne fait pas de frontières" Salut ! Elle a parfaitement doté certains territoires de toutes les richesses du Monde tandis qu’elle laissait aux autres pour toute fortune appréciable, des silex et du choléra. Les frontières sont venues toutes seules, tout naturellement... Les hommes ils se mettent en quart terrible tant qu’ils peuvent, ils y tiennent plus qu’à l’honneur, à ces bonnes richesses du sol... Ils les défendent à vrai dire, comme la prunelle de leurs yeux... contre toute immixtion, contre tout genre de partage avec les prolétaires des autres pays miteux, avec les enfants de la malchance, qui sont pas nés sur du pétrole... Tout le reste n’est que batifoles, pitreries, marxeries. Jamais on a vu, entendu, la riche "Trade-Union britannique" présenter à ses "Communes" quelque jolie motion d’accueil en faveur des chômeurs spécialistes belges, français, japonais, espagnols, valaques, "frères de classe" dans le malheur. Jamais !... Ni les syndicats U. S. A demander qu’on débride un peu les "quotas" féroces... Pas du tout ! des clous ! au contraire !... Pour les prolétariats cossus, les autres n’ont qu’à se démerder ou tous crever dans leur fange... ni plus ni moins... C’est mérité... C’est des ennemis... ennemis de la même "classe" sur la terrible question du bœuf... Catégorique ! Chacun pour soi !... Galériens sans doute ! Tous ! Mais ne pas confondre galères et galères !... Celles qui râlent au banc d’avirons, celles qui bondissent au mazout, les "à voiles" et les "à vapeur"... Y a de la différence partout ! Des nuances capitales... Pas de transfuges... Pas de stratagèmes ! Ceux qui doivent rester resteront !... C’est pas une armée du Salut !... du très solide manche, plein la gueule pour celui qui comprendra pas !... Seuls les Juifs, peuvent à toute heure, tout moment, pénétrer, filtrer, s’installer dans tous les États du monde, ils jouissent en tout et partout, des mêmes privilèges exactement que les citoyens romains d’autrefois à travers tout leur Empire... Les Juifs sont chez eux, partout... dès lors c’est justice !... Les Juifs, "Civis devorans", n’arrêtent pas de foncer, te remonter à la curée, toujours, encore, sur quelques nouvelles étendues... Ils s’amènent alors par bande ! Tous camouflés, bien sinueux, bien souples, bien avides... banquiers, Virtuoses, pèlerins, cousins, cinéastes, ministres, Puissances d’équivoque... Ils sont tout de suite adoptés, adaptés, choyés, dopés, rencardés à fond... chéris... Ce sont les seigneurs du monde... Rien n’est plus normal !... Ils se régalent dès l’arrivée. Mais nous, les simples boulots, les frustes taquins, que nos seules mains recommandent et nos petites astuces... qu’est-ce qu’on va foutre, nous dans l’aventure ?... si loin de nos clochers ?... L’Aryen peut pas peser très lourd aux barrières de l’immigration... On va lui faire perdre d’un coup toutes ses illusions, ses "humanités" prolétaires. Il va se faire, dès la première douane sursauter, expulser, propulser, dissoudre. Il aura pas jeté un regard, un premier coup d’œil sur la terre promise, le rivage heureux, qu’il sera déjà déconfit, navré, mis en boîte, relancé dans les fonds de cargo... Ça lui apprendra ce cave, à répéter les ritournelles, des choses qu’il peu pas comprendre... Jamais les frontières, les, ports n’ont été pour les Aryens si farouchement interdits, hérisses de règlements absolument exclusifs, de prescriptions draconiennes, de lazarets et de bourriques... L’amende, les interrogatoires, la fouille, les quarantaines dégueulasse, c’est tout pour lui... tout le brelan des humiliations policières, crasseuses et prophylactiques. Tous les armements de la bonne guerre contre le fumier qui s’apporte, il faut le rembarrer d’emblée ! Lui enlever et pour toujours l’idée de revenir... de repiquer au petit truc le guérir de l aventure... qu’il se tisse ! Qu’il aille pourrir ailleurs ! C’est la loi des pays forts. Des "quotas" impitoyables protégeant très bien tous les États, où la vie est un peu moins dure, contre la ruée des mendigots... le "prolétariat possesseur"... contre l’invasion des affamés qui viennent geindre à ses frontières, roder autour du pot-au-feu...

Il n’est qu’en France qu’on reçoive tout... C’est-à-dire tout ce qu’entraînent derrière eux, nos conquérants juifs... tous bicots, toute l’Afrique, le proche Orient, tous leurs janissaires, leurs tueurs, leurs hommes de main, tous ! Électeurs de plus en plus...

Évidemment, comprenons bien que le bas youtre, le fias, l’"unichemise" qui sort tout juste de son souk... du fond de son ghetto roumain, il trouve une sérieuse différence, un drôle de changement quand il voit la place Pigalle... Tous ces magasins, ces torrents d’ampoules, ces pyramides de bricoles, Ça lui en jette plein les mires... toutes ces petites vendeuses bien suçantes ça lui plaît énormément... Il se trouve à l’instant, ravi, transposés sinoqué, lui qui depuis 14 siècles, arrête pas de ruser, de tressaillir d’un choléra dans l’autre, d’un typhus dans trente-six massacres, de chier du sang de déroute, de toutes les steppes et les pogroms, il trouve ce pays tout ouvert, joliment, follement délicieux... Faut pas s’étonner qu’il délire... qu’il se prenne rapidement pour un pape... Mais nous faudrait pas qu’on déraille, qu’on déclare que c’est arrivée... La réalité c’est tout autre !...

La France n’est pas un pays riche, loin de là !... C’est un pays pauvre même, un pays de petite ressource, de petite économie, un pays naturellement avare et mesquin dans ses entournures. Un sol qui ne peut donner ni pétrole, ni cuivre, ni coton, qui ne permet en tout, pour tout, qu’une très médiocre agriculture, n’est pas un sol riche ! C’est un pays au sol miteux, pour miteux... C’est un pays ou l’on doit ramer, trimer, pour simplement vivre. Surtout avec l’énorme dîme que nous payons à nos parasites juifs, nationaux et internationaux (les 3/4 de nos revenus, à peu près). Si les natifs extravaguent, ils tardent pas à la sauter. C’est la loi des sols miteux, "regardants". C’est ainsi que les choses se présentent ni plus ni moins. Il nous faut nous procurer l’essentiel de notre existence, nos matières premières au dehors (sauf le vin hélas !) Ces conditions économiques nous rendent parfaitement tributaires au départ des étrangers... Pas plus de terre "bénie des dieux" que de sucre au balcon... Les régions bénies des dieux sont l’Amérique, l’Angleterre (et colonies), les Scandinaves (à cause de leur situation), la Hollande et quelques autres, dont les prolétariats ipso facto n’ont aucune espèce d’envie de partager leurs ressources natales avec les miteux d’ici... Mieux que cela, ils nous exploitent ! Et sans pitié, et comment ! Derrière leurs Juifs... comme un seul homme !... Ce sont des esclaves privilégiés, des captifs de la bonne galère... Il ne faut jamais confondre...

Tout bon prolétaire anglais se trouve joliment heureux, "in petto", solidaire à fond des Lords sur ce point, que 300 millions d’Hindous en loques et d’autres exploités frimards, lui font bien plaisir, demi-animaux, demi-humains, épars au fond de l’univers, fellahcieux, Incas à plumes, coolies, benibouffes, anthropogans, cafres rouges, orthocudes, Karcolombèmes, tout à fait d’avis que tous ces misérables la sautent, là-bas, la fument, la tortillent, la faminent, se cassent le cul tous pour lui... Farfouillent les mines, taillent les rizières, râtissent les pampas, pour lui envoyer son confort... Sur ça, il est impitoyable !... Egoïste, "Briton d’abord" ! Il se trouve pas du tout "frère de peine...". Il a pas envie de partager ni avec moi, ni avec lui... ni avec vous... Avec les "britons" seulement et ses maîtres juifs. Il trouve que la conquête des faibles représente bien des avantages... C’est l’hypocrisie puritaine, vous la connaissez pas encore, elle est reprise par les Syndicats et puis alors en "surbrasé"... Si vous voulez vous amuser, allez donc tenter l’expérience, vous présenter un petit peu, aux "Alien offices" (du latin alienus : fou) en n’importe quel port de la côte... Douvres, Folkestone ou ailleurs... Allez donc vous renseigner si vous pouvez pas débarquer... vous chercher à Londres un petit boulot... quelque chose un peu dans vos cordes... Si vous avez jamais valsé de votre pénible existence, vous allez apprendre en moins de deux... Vous serez soufflé, volatilisé dans les atmosphères tellement vous provoquerez, violente, leur indignation... Kif ! Pour l’Amérique, la Suède, la Hollande, les ports argentins, Cuba, Canada... Honduras... etc. Partout où on peut se démerder, dans tous les coins ou c’est mangeable... on vous attend pas...

Si vous voulez du pétrole, du coton, du cuivre, prolétaire d’ici, mon ami, il faut d’abord, éclairer, engraisser, un petit peu et sérieusement les copains, les prolos d’en face... de l’autre côté de la frontière, les boniments humanitaires, à ce moment-là, ne suffisent plus !... Il faut d’abord payer la dîme à ton frère de classe, mieux partagé que ta pomme par la naissance, le sol, la chance... Il est né là-bas, sur un puits de pétrole, ça compte... Et comment ! Et tant mieux pour lui ! II ne te fera jamais cadeau d’une bribe du gâteau qu’il croque... Il attend ta dîme... joyeusement ! Tu peux crever le long de son bord, il est tout à fait insensible sur la question du partage, comme un Juif, comme un patron... Il devient chauvin inflexible à partir de ce moment-là... "Confort" n’a pas d’oreilles à travers le monde... Tes salades tu peux les garder !... Le partage absolu de tous les biens de la terre, c’est un orchestre pour les Congrès. Un orphéon populaire !... Ça va pas plus loin que la musique, comme le bel hymne à Degeyter... C’est tout... Dans la pratique, les frères de classe, une fois qu’ils ont franchi leur douane, qu’ils sont rentrés des parlotes, qu’ils ont séché la salive, deviennent parfaitement patriotes, pour t’empêcher d’être emmerdant, ils se trouveront parfaitement solidaires de leur police, de leurs patrons, pour que tu restes crevé dehors. Même qu’ils ont de la came en rab, à ne plus savoir où la fourguer, ils préfèrent qu’on la bouzille plutôt que de t’en faire cadeau... ça leur ferait mal... Textuel... Ça ferait baisser tous leurs prix, leur train de vie, leur dîme sur ta pomme, et leur salle de bains. Dés lors, plus d’amis, plus de phrases ! Plus de fraternité galérienne ! Chien va coucher !... Ils veulent pas de ça, nom de Dieu ! Tout mais pas ça !... Effroyablement patriotes dès qu’on veut reprendre leur salle de bain... Bas les pattes...Arrière ! Hors d’ici ! Sales calamités ! crassouillants, morpionneux, faisandés !... Voilà comment qu’ils vous reçoivent ! Vous êtes renseignés... Immensément partageux ! humanitaires certes à perte de vue, redresseurs de torts infinis, tant que ça coûte pas un petit croc, pas un plus petit ressort de confort, de sommier, de la super-radio... Ou alors... Rien ! Ils se foutent en transe, en tétanos... Y a pas de quoi se frapper, vociférer au scandale, c’est humain, c’est bien naturel ! Seulement il faut bien se prévenir qu’on est pays "tributaire" et c’est le cas du nôtre, exactement, pour les denrées essentielles, pour les matières indispensables à la vie de tous les jours, que si l’on se met à fonctionner, au petit bonheur, à crédit, à la providence des oiseaux, alors c’est la fin des amours ! On peut s’attendre à un réveil, qui n’est pas dans une musette quand on se laisse prendre par l’absurde, qu’on outrepasse les moyens qu’on se met à flamber les réserves... qu’on pète plus haut qu’on a l’oignon... La fatalité vous attend... et elle est pas du tout marrante... Ça peut devenir bien étrange... Encore pire qu’on a jamais vu... se retrouver un beau matin avec ses boulets si lourds, tellement pesants après les pompes qu’on est esclave de tous les autres, décidément une fois pour toutes... de tous les Anglais de la terre, des Brésiliens, des cow-boys, de tous... et encore en plus des Juifs... Ça devient le bagne infernal, ça vous fait un poids énorme... on dégringole automatiquement au rang des botocudos, circonfits, yatagans, zouzous, cafres, tous les flagellés, des "Colonial Governments". Toute la pouillerie des sous esclaves qui laissent leurs os un peu partout, dans les déserts, les plaines, les glaces, pour que les gentlemen là-haut, bourgeois aussi bien qu’ouvriers pâtissent pas trop des temps si durs, que leur saison du cricket débute quand même à son heure, que la crise fasse pas trop souffrir les magnifiques chiens anglais, que tous les petits chats boivent leur lait, que la saison du football amène pas aux gentlemen trop de grippes et de catarrhes, que la pluie trouve à qui causer... des étoffes de premier ordre, des whisky à deux cents francs le litre, des dignités impériales.

J’étais en train de vous entretenir de certaines choses professionnelles à propos de la crise du livre... et puis je me suis interrompu... Je vais reprendre un petit peu... Ça vous délassera. Le "Livre" ce n’est pas très sérieux... C’est un sujet bien accessoire... un divertissement je l’espère... Tout le monde parle de "littérature". Je peux bien aussi, à mon tour donner ma petite opinion...

Je me soutiens, à ce propos, d’une petite série d’articles qui m’ont semblé fort marrants... dans les "Nouvelles Littéraires" (quand je veux me crisper je les achète)...

Yves Gandon, soi-disant critique, armé d’une forte brosse à reluire, passait en revue, avec quel soin ! pour l’admiration des lecteurs, quelques textes les mieux choisis, de quelques grands contemporains... L’astuce du commentateur, sa prouesse en tout admirable, consistait à souligner tout le Charme, les fins artifices, les pertinentes subtilités, tout le sortilège de ces Maîtres, leurs indicibles magies, par l’analyse intuitive, très "proustageuse", de quelques textes particulièrement chargés de génie. Labeur, entreprise, dévotion d’une extrême audace ! D’une périlleuse délicatesse ! Le commentateur frissonnant se risquait encore plus oultre... mais alors, perlant d’angoisse ! Jusqu’au Saint des Saints ! Jusqu’au Trésor même ! Jusqu’au style ! Au reflet de Dieu ! Jusqu’aux frémissements de la Forme chez ces Messies de la Beauté ! Après quelles pieuses approches ! Quel luxe inouï de préambules !... Que de fragiles pâmoisons !... Ah ! Si l’on me traitait de la sorte, comme je deviendrais impossible ! Regardons-le travailler... Bientôt chancelant... tout ébloui... notre guide se reprend encore... défaille. Les mots viennent à lui manquer... Haletant, il nous demande si nous pouvons encore le suivre... endurer tant de splendeurs... Somme-nous dignes ?... Sommes-nous dignes ? Lui-même qui croyait tout connaître... il se trouble à perdre les sens... Il se faisait une idée... quelque imagination confuse de l’étendue, de la profondeur, des gouffres de ces styles !... Présomptueux !... Il ne connaissait rien !... Les Prémices à peine !... Dans ce manoir aux mille et une merveilles, tout succombant d’admiration... Gandon titube !... tout chancelant... Grelotte !... Tragédie !... La Tragédie ! Ah ! I’Intrépide !... d’ornements indicibles en cascades exquises... de passages sublimes en plus sublimes encore... en chutes vertigineuses... ces textes de maîtrise... littéralement magiques se révèlent ruisselants d’apports infinis esthétiques... de bouleversants Messages... d’inappréciables gemmes spirituelles... On ne sait plus ou se prosterner davantage... Ah ! Vraiment c’en est trop !... Gandon, lui-même transposé cependant par la foi qui l’embrase, n’en peut plus... Il se rend !... Il se donne !... Il nous adjure à son secours. Ah ! Vite ! Agissons, assistons ! Soutenons Gandon !... Prévenons le pire ! Devançons quelque atroce dénouement... Pitié ! Détaillons ! Partageons son extase ! L’humanité le commande ! Courage ! Vaillance ! Pour lui tout seul, c’est bien simple s’il insiste, s’il s’obstine ! C’est la mort ! Dans les phrases ! Par les phrases ! Trépassé de beauté !... de Beauté phrasuleuse ! Gandon ! Ah !

C’est trop ! Tant de perfection verbatile... pour un seul adulateur... C’est la damnation !... nous suffoquons pour lui !...

O délices littéraires assassines ! O les encrières meurtrières délectations phrasiformes ! A quels paroxysmes atroces ! Épargnés aux vulgaires, n’entraînez-vous point Purismologie ! Vos meilleurs enfants ! Bienheureux frustes crottés ! Brutes béates !... accroupies clans les consonances !... De cuirs en velours vous monterez au ciel !...

Mais lui Gandon n’appartient pas à la race des officiants à peu-près-istes... qui montent des textes en abat-jour... C’est un janséniste, Mordieu ! Foutrement impeccable... la tiédeur le pousserait au meurtre... Il ne veut notre salut que par l’extase... et pas une extase roupilleuse... Une extase palpitante !... transfigurante !.. Ah ! De grâce, il nous exhorte... recueillez-moi là... cette nuance... ci !... au déduit de cette tournure instable... Ah ! Devant qu’un horrible zéphyr en disperse à jamais... l’onde irisée... l’avez-vous saisie ?... Je n’y survivrai pas !... Ah ! Tenez-moi, je succombe... Ah ! J’en défaille cher lecteur, à ravir... Ah ! La force de cette "épiphore"... à peine après cette "synthote" ah ! Ah !... Je m’affole... je blêmis... l’audace impayable... Ah ! Comme le Maître nous transfixe ! Ah ! Quel virtuose miraculant... Ah ! Malheur à qui ne soupire ! Et la violence ! Imaginez ! De cette simple virgule ! Mais c’est le génie ! C’est le génie !... Et la faiblesse irrésistible de cette chute différée ? Ah ! Mordez ce trait singulier... ces deux conjonctions... qui s’affrontent... Ah ! L’est-il caractéristique !... Il refait Pascal en trois mots... Racine en douze !... Ah ! Comme il nous prend par l’adverbe ! Ah ! Le monstre ! Ah ! Le divin !... Ah ! Ce Gide enfin !... Ce Maurras ! Ah ! Ce Maurois ! Qu’en dirait Proust ?... Ah ! Les vertiges de ce Claudel ! Ah ! L’infini Giraudoux ! Ah ! Gandon ! Pourquoi ne chanterais-tu pas ?... Ce serait encore, je l’assure, bien plus meilleur, bien plus merveilleux !... plus amoureux !...

Voyez par ci ! Voyez par là !

Comment trouver ceci ?...

Voyez par ci ! Voyez par là !

Comment troooouuvez-voûs cela ?

C’est ainsi dans les Cloches de Corneville avec la musique, l’ombrelle et les intonations...

Je ne voudrais pas certainement venir sur l’effort de Gandon, sur sa Messe, ses transes dévotieuses, venir faire le petit malin, le fielleux athée, le petit cracheur, le vandale. Le dénigreur à toute force, par système et sadique plaisir... C’est pas mon genre, mon intention... mais quand même je suis pas d’avis... Puisque les Lettres c’est pas bien grave on peut bien dire ce qu’on en pense... Moi, dans tout ceci, qu’il admire Gandon, je ne trouve pas un pet de lapin, je devrais peut-être avoir honte ! Mais j’ai beau m’écarquiller, les clartés ne m’arrivent pas... Je dois être bien opaque... Pour moi c’est tout du "Goncourt"... me rassembler, me raidir, me pincer encore, me suspendre, je ne trouve rien du tout... Dans aucun de ces gens-là, et puis non plus dans tous les autres de la même vendange. Je dois être vaguement infirme. A mon sens obtus, ils se ressemblent tous... farouchement dans l’insignifiance... Un petit peu plus un petit peu moins de plastronnage, de cuistrerie, tortillage, de velléités, d’onanisme. C’est tout ce que je peux découvrir !... Je me rends bien compte qu’ils essayent de faire des grands et des petits effets, qu’ils se donnent du mal, c’est exact pour faire lever un peu la pâte sur ces platitudes... mais la pâte ne lève jamais... C’est un fait... qu’on a beau prétendre le contraire, c’est loupé... ça flanche... ça découle...

Et plus ils se décarcassent, se malmènent la pauvre traguitte, plus ils sonnent affreusement factices de tous leurs organes et tambours... Plus ils sont pénibles à regarder... plus ils déconnent intimement et plus ils s’ébullitionnent de rage et de haine !... qu’on s’en doute et s’en aperçoive... Ils ne peuvent plus émettre jamais que de "l’informe", c’est indiqué dans les oracles du magma, de "l’inorganique"... Ils ne sont plus assez vivants pour engendrer autre chose que des histoires creuses et qui ne tiennent plus debout... Ce sont des grossesses nerveuses, infiniment prétentieuses, autoritaires, susceptibles, délirantes, d’orgueil. L’os à moelle est devenu tout creux... Ça fait encore des drôles de bruits... mais ils ne rendent plus de moelle du tout... C’est de la faute à personne, et ils en veulent à tout le monde... La plus belle fille du monde... Ils peuvent plus jamais aboutir... Ils ne parlent que de créations comme les femmes frigides ne parlent entre elles que de sexe... À perte de vue, babilleuses, idiotes vipérines. Moralisantes. Ils ont jamais joui non plus, les grands artistes de nos grands styles... Ce sont les plus mauvaises affaires qui passent leur temps à juger, prétendre, modifier, les affaires du sexe et des arts... Ce sont les pires pelures du livre qui nous font chier... interminable. Avec les ressources de leur style. Ils en ont foutrement jamais eu de style ! Ils en auront jamais aucun ! Le problème les dépasse de partout. Un style c’est une émotion, d’abord avant tout, par-dessus tout... Ils ont jamais eu d’émotion... Donc aucune musique. Se rattrapent-ils sur l’intelligence ?... Ça se verrait.

Ce n’est pas tout à fait de leur faute... À ces grands écrivains... Ils sont voués depuis l’enfance, depuis le berceau à vrai dire, à l’imposture, aux prétentions, aux ratiocinages, aux copies... Depuis les bancs de l’école, ils ont commencé à mentir, à prétendre que ce qu’ils lisaient ils l’avaient en personne vécu... A considérer l’émotion "lue", les émotions de seconde main comme leur émotion personnelle ! Tous les écrivains bourgeois sont à la base des imposteurs ! Escrocs d’expérience et d’émotions... Ils sont partis dans la vie du pied d’imposture... Ils continuent... Ils ont débuté dans l’existence par une imposture... L’originale planque, "Le lycée"... Ce séminaire du franc-maçon, la couveuse de tous les privilèges, de toutes les tricheries, de tous les symboles. Ils se sont sentis supérieurs, nobles "appelés" spéciaux, dès la sixième année de leur âge... Un monde émotif, toute une vie, toute la vie, sépare l’école communale du lycée... Les uns sont de plain-pied, dès l’origine, dans l’expérience, les autres seront toujours des farceurs... Ils n’entrent dans l’expérience que plus tard, par la grande porte, en seigneurs, en imposteurs... même Vallès. Ils ont fait la route en auto, les mômes de la communale, à pompes... les uns ont lu la route, les autres l’ont retenue, butée, soumise pas à pas... Un homme est tout à fait achevé, émotivement c’est-à-dire, vers la douzième année. Il ne fait plus ensuite que se répéter, c’est le vice ! jusqu’à la mort... Sa musique est fixée une fois pour toutes... dans sa viande, comme sur un film photo, la première impression... C est la première impression qui compte. Enfance des petits bourgeois, enfance de parasites et de mufles, sensibilités de parasites, de privilégiés sur la défensive, de jouisseurs, de petits précieux, maniérés, artificiels, émotivement en luxation vicieuse jusqu’à la mort... Ils n’ont jamais rien vu... ne verront jamais rien... humainement parlant... Ils ont appris l’expérience dans les traductions grecques, la vie dans les versions latines et les bavardages de M. Alain... Ainsi qu’une recrue mal mise en selle, montera sur les couilles de travers, pendant tout le reste de son service... tous les petits produits bourgeois sont loupes dès le départ, émotivement pervertis, séchés, ridés, maniérés, préservés, faisandés, du départ, Renan compris...

Ils ne feront que "penser" la vie... et ne "l’éprouveront" jamais... même dans la guerre... dans leur sale viande de "précieux", de sournois crâneurs... Encroûtés, sclérosés, onctueux, bourgeoisés, supériorisés, muffisés dès les premières compositions, Ils gardent toute leur vie un balai dans le trou du cul, la pompe latine sur la langue... Ils entrent dans l’enseignement secondaire, comme les petites chinoises dans les brodequins rétrécis, ils en sortiront émotivement monstrueux, amputés, sadiques, frigides, frivoles et retors... Ils ne comprendront plus que les tortures, que de se faire passer des syntaxes, des adverbes les uns aux autres, à travers les moignons... Ils n’auront jamais rien vu... Ils ne verront jamais rien... A part les tortures formalistes et les scrupules rhétoriciens, ils resteront fortement bouchés, imperméables aux ondes vivantes. Les parents, les maîtres. les ont voués, dès le lycée, c’est-à-dire pour toujours aux simulacres d’émotion, à toutes les charades de l’esprit, aux impostures sentimentales, aux jeux de mots, aux incantations équivoques... Ils resteront affublés, ravis, pénétrés, solennels encuistrés de toutes leurs membrures, convaincus, exaltés de supériorité, babilleux de latino-bobarderie, soufflés de vide gréco-romain, de cette "humanité" bouffonne, cette fausse humilité, cette fantastique friperie gratuite, prétentieux roucoulis de formules, abrutissant tambourin d’axiomes, maniée, brandie d’âge en âge, pour l’abrutissement des jeunes par la pire clique parasiteuse, phrasuleuse, sournoise, retranchée, politicarde, théorique vermoulue, profiteuse, inextirpable, retorse, incompétente, énucoide, désastrogène, de l’Univers : le Corps stupide enseignant...


La 8eme partie de "BAGATELLES POUR UN MASSACRE"

de LOUIS-FERDINAND CELINE est ICI

et ICI ses autres pamphlets.

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