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"Ils finiront par le trouver. Dans un quelconque bois aux martyrs, ou un simple terrain vague. Peu importe. La “traque” sera fructueuse, quel que soit le délai qu’on lui fixera pour qu’elle aboutisse. On retrouvera les ossements de Michel Seurat parce que la mathématique des dépouilles est notre nouvelle gloire nationale, et que cette science ne se pose comme questions que celles dont elle connaît la réponse. On le retrouvera. On expédiera ses ossements dans un avion pour Paris, et, après une cérémonie funèbre très officielle, on prononcera de fortes paroles diplomatiques, qui respecteront les sensibilités de chacun, sans pour autant rien dire. C’est ainsi que se terminera, ou du moins certains l’espèrent, le dernier acte de cette comédie de la honte qui a commencé un beau jour de mars 1985, lorsque Michel Seurat fut enlevé, lui et son compatriote journaliste Jean-Paul Kaufmann, sur le chemin entre l’aéroport et le centre-ville de Beyrouth. (...)"
Samir Kassir
"Aujourd’hui nous accueillons le corps de Michel Seurat dans sa patrie. Nous l’accueillons entouré de sa famille, de ses amis, de tous ceux qui l’aiment, qui l’admirent et le respectent, entouré de tous ceux qui ont été solidaires de son drame et qui n’ont jamais cessé d’agir pour qu’il puisse recevoir ici, en France, une sépulture digne. Je veux rendre hommage à votre courage, chère Marie, à votre détermination, à votre combat. Je veux rendre hommage au courage de vos filles, fières de ce père exceptionnel qu’elles n’ont pas assez connu : Alexandra, qui a hérité de la passion artistique de ses parents ; Laetitia, cavalière émérite, fidèle au Liban dont elle défend les couleurs dans l’équipe nationale d’équitation. Je veux rendre hommage enfin à tous ceux qui n’ont cessé de s’engager pour que la mémoire de Michel Seurat soit honorée. En ce jour, je souhaite aussi remercier les autorités libanaises et le gouvernement dirigé par M. Fouad Siniora pour l’aide précieuse qu’ils nous ont apportée. (...)"
Dominique de Villepin |
En cette journée mondiale de l'alimentation, Action contre la faim, manifestait devant Beaubourg, le musée national d'art moderne. Comment exister de façon originale devant le centre Pompidou, entre un concert de tambour, un cracheur de feu et l'exposition Big-Bang ?
En donnant aux gens ce qu'ils viennent chercher, bien sûr ! Avec une installation batisée "horloge contre la faim", l'ONG a forcément touché tous les amateurs d'art contemporain.
Le principe est extrêmement simple.
Toutes les 4 secondes, dans le monde, une personne meurt de faim. D'après Benoît Miribel, directeur général d'ACF, "La faim tue plus que le sida, la malaria et la tuberculose réunis. C'est la première cause de mortalité dans le monde".
Donc, toutes les 4 secondes, un "affameur" représentant les causes de la faim dans le monde (guerre, épidémies...), posait à terre une silhouette noire pour symboliser le décès d'un être humain. La chute du corps avait lieu après l'énnoncé de son nom, tel un verdict implacable. Les silhouettes étaient de différentes tailles, adultes et enfants. La bâche sur laquelle elles étaient posées, représentait un visage d'enfant africain.
L'afrique subsaharienne est comme souvent la partie du monde la plus touchée. 30 millions de personne y souffrent de malnutrition.
Et pour info, votre don, vous ouvre désormais droit à une réduction d'impôt de 75%.
Une bien belle polémique vient de débuter aux Etats-Unis sur le traitement journalistique des évènements de la Nouvelle-Orléans.
Voici une photo commentée par l'Associated Press, en ces termes :
"Deux habitants se frayent un chemin dans l’eau après avoir trouvé du pain et du soda dans une épicerie..."
Jusque là, tout va bien.
http://news.yahoo.com/news?tmpl=story&u=/050830/photos_wl_afp/050830005619_sx9ch4bd_photo7
Voici une autre photo de l'AFP, que l'on pourrait trouver assez identique mais avec un commentaire légèrement différent :

un jeune Noir “marche avec de l’eau jusqu’à la poitrine après avoir pillé une épicerie”.
http://www.canada.com/news/world/story.html?id=0e7c5093-b7f4-418a-9f7b-0adca4e1b946
Alors, Pillage ou lutte pour la survie ?
Les deux photos, avec leurs légendes, publiées sur Yahoo News, ont déclenché une polémique sur plusieurs blogs.
On pouvait lire entre autre “N’oubliez pas : si vous êtes blanc, ce n’est pas du pillage”
Ou encore, “Comment un photographe sait-il que la nourriture a été volée par l’un et pas par les autres ?”
On notera, en tous cas, que l'article de la deuxième photo a depuis été supprimé. Pas très courageux AFP...




