Le synopsis d'abord (si vous avez raté l'épisode précédent)
A la fin de ses études un étudiant décide de rompre avec toutes ses activités et de mener une vie végétative : manger, dormir, lire le journal et se promener dans la ville. Vivant tout d’abord dans un parfait équilibre, il est peu à peu atteint par l’angoisse et l’inquiétude de cette vie neutre. "Un Homme qui Dort", déclarent ses auteurs, est le journal strict et précis de cette constatation radicale et existentielle de la société, à la limite de la schizophrénie.
Les bonus ensuite :
DVD1 : Un Homme qui dort
Le film en version originale
Versions américaine, allemande, espagnole.
Bande-annonce originale
DVD2 : Les suppléments
Propos amicaux à propos d’espèces d’espaces
Lire-traduire Georges Perec
Deux documentaires réalisés par Bernard Queysanne autour de l’oeuvre et de la personnalité de Georges Perec
Le texte intégral inédit du film
Préface par Georges Franju (article paru dans Positif en 1974)
Présentations du film par Georges Perec et par Bernard Queysanne
Histoire du film
En vente chez l'éditeur www.lavieestbellefilms.fr
Orson Welles
On a toujours un peu peur de s'ennuyer au mois d'août. L'actualité oscillant entre les "feux de forêts" et les différents festivals des "Imbéciles heureux qui sont nés quelque part".
En plus cette année il fait pas trop chaud, pour les feux de forêts c'était pas gagné !
On a cru un moment que la tendance forte de l'été serait foetale. Et puis non, ça n'a pas duré. C'est décevant, ça partait pourtant bien toutes ces histoires d'embryons dans des bocaux et des frigos. Un vrai musée des horreurs...
Non et non, la vérité était ailleurs et elle est double !
Les deux seules nouvelles dignes d'intérêt en France, cet été 2005, sont :
- le retour de Zidane en équipe de France de football;
- des avions qui décident qu'ils en ont marre de voler.
La télévision (les médias en général) jongle brillamment depuis 3 jours entre la tristesse de la première nouvelle et l'allégresse que suscite la seconde. Euh, non pardon, c'est le contraire !!! Je m'y perds un peu, désolé...

J'aurais bien un moyen pour les réconcilier, mais si on apprend demain que Zidane est mort dans un accident d'avion, c'est deuil national pendant un an ! Minimum...
Je hais la télévision. Je la hais autant que les cacahuètes. Mais je ne peux m'arrêter de manger des cacahuètes.
Orson Welles
Vu ce week-end à la télévisison, le spectacle navrant de la paimpolaise et de son massacreur de hareng en train de se trémousser au son de la cornemuse.
La Bretagne me navre de plus en plus. Passe encore leur quinzaine folklorique de la merguez. Le pire c'est ce qui dure toute l'année, leurs maisons toutes identiques aux toits d'ardoises, murs de granit, et surtout, surtout, l'innommable jardinière d'hortensia...

Je hais les gens qui sont nés quelque part.
"La ballade des gens qui sont nés quelque part.
C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
C'est pas un lieu commun celui de leur connaissance
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part"
Georges Brassens
Ah, au fait, Brassens est vivant. La preuve...



