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Vendredi 31 mars 5 31 /03 /Mars 14:27

Tania Mouraud, dont je vous avais déjà parlé ici, expose en ce moment chez sa galeriste, Dominique Fiat, 16 rue des Coutures St Gervais à Paris.


Je n'aime pas beaucoup les vidéos présentées mais c'est au moins l'occasion de voir un de ses wall-painting, avec ici "NOWISTHETIMETOSTANDUPANDSPEAKUP".


Pour vous donner une idée voici son célèbre "HOWCANYOUSLEEP". (installation permanente vue du FRAC Lorraine)




 

Le but est toujours de faire travailler le spectateur, de l'obliger à s'interroger. Au premier abord le motif a l'air décoratif et puis peu à peu on décode le texte. La phrase "How can you sleep" provient du livre de Schoenberg "Un survivant de Varsovie" où le narrateur raconte l’invasion du ghetto par les SS.




Extrait de l'interview de Pierre-Évariste Douaire dont vous trouverez l'intégralité ICI.



Vos travaux nécessitent toujours de la patience, du temps pour être compris. Il faut de l’obstination pour déchiffrer vos typographies allongées et stylisées.


Je vous répondrai comme Agnès Martin, dont j’admire le travail. Elle disait qu’elle peignait pour les personnes capables de s’asseoir sur un banc et prêtes à contempler un coucher de soleil. Je ne peux pas mieux dire, car l’art doit se mériter. Selon moi, l’art c’est prendre du temps. Il faut pouvoir rester devant les œuvres, être capable de changer de monde, de traverser les univers proposés. L’art se distingue de la communication et de la publicité, il est à l’exact opposé de Disneyland. Il faut convier le spectateur à prendre le temps de vivre une expérience nouvelle. S’il est pressé, tant pis. Quand des phrases, comme celle de Martin Luther King, sont traduites dans plusieurs langues, il y persistera toujours une difficulté de compréhension.


Il faut du temps pour vous lire sur les murs, mais d’un coup d’œil on reconnaît votre travail, c’est assez paradoxal.


C’est sans doute dû à ma longue carrière. Au bout d’un moment les artistes investissent des champs de compétence, ils inventent des signes qui leur sont propres. Pour ma part, je cherche à créer des ambiances personnelles. Ce qui est vrai pour ma peinture murale l’est tout autant pour mes vidéos. Prime Time n’est pas sans rappeler mes Chambres de méditation des années 1970. Je ne cesse d’interroger, avec d’autres médiums, des problématiques artistiques qui m’intéressent.

Par Zoso - Publié dans : EXPOs
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Lundi 20 février 1 20 /02 /Fév 00:00

L'évènement de ce début d'année, en matière d'exposition, c'est bien sûr Pierre Bonnard au Musée d'art moderne de la ville de Paris. Depuis deux ans le musée était fermé pour travaux et il rouvre avec une exposition majeure. Autant dire qu'il y a du monde et même en y étant allé en semaine à 11h du matin, 2 semaines seulement après l'ouverture, j'ai fait plus d'1h de queue !

Un petit truc donc, pour mes fidèles lecteurs, pour éviter cette interminable fille d'attente (qui empirera au fur et à mesure que l'on se rapprochera de la date de fin, 7 mai 2006).


Toutes les expositions permanentes des musées de la ville de Paris étant gratuit, il suffit de se présenter à l'entrée en disant que l'on veut juste voir cette dernière. Les gardiens vous font passer par une porte de l'étage inférieure (celui de la librairie, du café et de l'expo permanente) et il ne vous reste plus alors qu'à remonter acheter vos billets pour Bonnard en ayant gagner 1h !


Mais puisque vous êtes en bas, profitez-en pour voir la nouvelle accroche. Il y a quelques très belles nouveautés, comme deux Soutine merveilleux que je n'avais jamais vu avant.


Alors ? Merci qui ?

Par Zoso - Publié dans : EXPOs
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Mercredi 30 novembre 3 30 /11 /Nov 00:00

J'adore les polémiques (surtout si elles son stériles, ce sont les meilleures !) , je n'allais donc pas rater l'occasion de vous parler de "FLYING RATS" de KADER ATTIA, installation au combien controversée de la huitième biennale d'art contemporain de Lyon.



"FLYING RATS" de KADER ATTIA 2005 à la sucrière dans le cadre de la biennale d'art conteporain de Lyon "l'expérience de la durée"




Les faits : occupant entièrement une salle de La Sucrière, une grande cage grillagée enferme 45 mannequins d'enfants et 150 pigeons bien réels et bien vivants (le tout ressemblant à une cour de récréation). Les représentations des enfants sont en mélange de mousse et de graines et constituent donc la seule source de nourriture pour les pigeons ! Vous sentez venir l'astuce ? Donc, puisqu'ils sont là pour ça, les mannequins d'enfants se font peu à peu picorer par les pigeons et la jolie cour de récréation se transforme en champ de bataille. Le rapport avec l'expérience de la durée est évident, puisqu'il s'agit d'une oeuvre qui évolue tout au long de son exposition (dites "Work in progress", ça fait chic) et qui traite de l'enfance (période sensible et tabou de l'être humain).



"FLYING RATS" de KADER ATTIA 2005 à la sucrière dans le cadre de la biennale d'art conteporain de Lyon "l'expérience de la durée"




Ce qu'en dit l'artiste : (propos extraits du journal "20 mn" )

-Pourquoi avoir créé une volière de pigeons " mangeurs d’hommes "?


-C’est parti d’une anecdote. Enfant à Sarcelles, je me suis évanoui dans la cour de l’école. Quand j’ai repris connaissance, les pompiers m’ont demandé si j’avais vu les oiseaux ! Ne connaissant pas cette expression populaire, je n’ai pas compris ce qu’ils voulaient dire. Du coup, j’ai grandi avec cette phobie des oiseaux.

-Que signifie ce titre, Flying Rats ?


-C’est le nom donné aux pigeons aux Etats- Unis. Ils sont propres quand ils vivent dans les falaises. Ceux des villes, bourrés de maladies, constituent une dégénérescence de la race. La volière est une métaphore de la décrépitude de notre société, où l’homme crée des choses qu’il ne maîtrise plus. Cette œuvre, c’est pareil : elle est sous l’emprise des pigeons…

-Comment va- t- elle évoluer ?


-Les premières sculptures ont été dévorées en une semaine. On verra bien ce qu’il restera fin décembre…



"FLYING RATS" de KADER ATTIA 2005 à la sucrière dans le cadre de la biennale d'art conteporain de Lyon "l'expérience de la durée"




L'interprétation : On ne peut s'empêcher d'y voir une allusion aux Oiseaux d'Hitchcock. Et là au moins, on sait pourquoi les oiseaux attaquent les enfants, parce qu'ils n'ont rien d'autre à manger. Kader Attia semble avoir voulu montrer sa nostalgie de l'enfance, cette période qu'on voit disparaitre avec mélancolie. On peut aussi y voir la décrépitude du temps qui passe ou une attaque contre la société de consommation (le capitalisme s'engraissant même sur le dos d'innocents bambins : prostitution, marketing publicitaire, guerre, travail des enfants.... )



"FLYING RATS" de KADER ATTIA 2005 à la sucrière dans le cadre de la biennale d'art conteporain de Lyon "l'expérience de la durée"                              "FLYING RATS" de KADER ATTIA 2005 à la sucrière dans le cadre de la biennale d'art conteporain de Lyon "l'expérience de la durée"



Personnellement (et je pensais dans un premier temps que c'était aussi l'interprétation de l'auteur), j'y ai plutôt vu une métaphore sur la cruauté de l'enfance et à l'instar de Didier Super, je suis assez partisan du massacre ( ou tout au moins de l'internement en camp de concentration ) de tout ce qui fait moins d' 1m20 sur cette planète. Non mais sérieusement, c'est gentil un enfant ? C'est vraiment le symbole de l'innocence ? Vous avez déjà essayé de prendre un jouet à un gosse ? Vous vous êtes promené récemment dans une cour de récréation pour voir comment la masse des morveux traite le moindre d'entre eux ayant le tort d'être un tout petit peu différent ? (gros, noir, grand, handicapé...)  


Je m'attendais donc plutôt à une polémique autour du sujet de l'enfance, à base de ligue familiale pour la sauvegarde de nos chères têtes blondes .... et bien que nenni ! Polémique il y a bien, mais pas autour du traitement métaphorique réservé aux enfants, mais autour de celui réservé ... aux pigeons !!!



"FLYING RATS" de KADER ATTIA 2005 à la sucrière dans le cadre de la biennale d'art conteporain de Lyon "l'expérience de la durée"



L'auteur est accusé de tous les maux, parce qu'il a osé traiter les pigeons des villes, de race dégénérescente vecteur de maladies !! En plus il utilise des animaux vivants sans leur avoir demandé leur consentement (si ça se trouve certains étaient mineurs au moment des faits !) Non, mais Kader, ça va pas mon garçon ?!? Engraisser des pigeons à coup de grains de maïs, au chaud, en plein hiver, sous surveillance vétérinaire... Tu peux pas les laisser jouer dehors dans la neige ???


Sincèrement, j'ai jamais vu des pigeons aussi gras de toute ma vie. Ils tiennent plus du poulet que du pigeon, à tel point qu'on s'attend bientôt à une nouvelle levée de boucliers contre les méfaits du cholestérol...

         

"FLYING RATS" de KADER ATTIA 2005 à la sucrière dans le cadre de la biennale d'art conteporain de Lyon "l'expérience de la durée"

 

Faut-il utiliser des animaux vivants dans une oeuvre d'art ? L'artiste est-il libre de tout faire ? Faut-il absolument choquer pour faire parler de soi ? Un artiste juif et arabe, peut-il intégrer le mot "rat" dans le titre de son oeuvre (sic !) ? Le pigeon c'est meilleur avec des petits pois ou des patates sautées ?


Voici quelques-unes des passionnantes questions auxquelles vous trouverez la réponse en lisant l'article qui suit : http://cousin.pascal1.free.fr/coups_g1.html


Et je tiens tout particulièrement à vous signaler le sublime (et malheureusement constant) délire de ma consoeur de chez Over-Blog : http://psychanalyse-et-animaux.over-blog.com/article-891458.html. Là, on atteint vraiment des sommets !!!



Et bien si non, ça s'appelle "Flying rats" et c'est une installation de Kader Attia à La Sucrière, dans le cadre de la huitième biennale d'art contemporain de Lyon, "Expérience de la durée", jusqu'au 31 décembre 2005.

Par Zoso - Publié dans : EXPOs
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PENSÉE DU JOUR

"C'est sur ce quai-là, au 18, que mes bons parents firent de bien tristes affaires pendant l'hiver 92, ça nous remet loin. C'était un magasin de "Modes, fleurs et plumes". Y avait en tout comme modèles que trois chapeaux, dans une seule vitrine, on me l'a souvent raconté. La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C'est moi le printemps."

LFC


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