KRAJCBERG "VILLE FORET" au parc de Bagatelle
Dans le cadre de l'année du Brésil en France, la mairie de Paris organise dans les jardins de Bagatelle (bois de Boulogne à Paris) une exposition sur l'oeuvre de Frans Krajcberg, sculpteur brésilien d'origine polonaise, du 4 juin au 16 octobre 2005 :
"Ville-forêt"
L'oeuvre de Krajcberg a une très grande qualité, elle est immédiatement compréhensible. Son travail nous propose de réfléchir sur les violences que l'homme fait subir à la nature, et tout particulièrement sur la déforestation.
"Mon message est tragique : je montre le crime" F.K.
Le travail de Krajcberg est hanté par le deuil. Lui dont la famille a été décimée par la Shoah, semble poursuivre une interminable quête dans son oeuvre : faire revivre ce qui est mort.
N'est-ce pas une sorte d'Holocauste (du Grec "holos" en entier, et "kaustos" brûler)qu'il reproduit ainsi inconsciemment (ou consciemment) ?
"Je suis né de ce monde qui s'appelle nature et le grand impact de la nature, c'est au Brésil que je l'ai eu. J'y suis né une seconde fois." F.K.
"Mes travaux sont mon manifeste. Le feu est la mort, l'abîme. Le feu m'accompagne depuis toujours. La destruction a des formes. Je cherche des images pour mon cri de révolte." F.K.
Le travail présenté ici ne rend compte que d'une partie de l'oeuvre de Krajcberg. Il s'agit de son travail sur le feu, les "bois brûlés" (à partir de 1987).
"Pour des gains immédiats de terrains, on détruit ses forêts, on détruit à long terme, à côté d'une misère noire. Pourquoi délaisse-t-on les cultures vivrières pour des monocultures industrielles ? La Terre peut-elle supporter ça ? Les problèmes posés par l'évolution technologique sont la pollution et le surpeuplement. Des hommes naissent chaque jour sur la planète, qui n'auront ni nourriture, ni travail." F.K.
Je ne suis évidemment pas contre la protection de la forêt amazonienne. Mais juste pour remettre les choses dans leur contexte, il y a 2000 ans la surface de la France était constituée à 80 % de forêt, aujourd'hui, à - de 30 %. Et bien entendu, plus du tout par de la forêt primaire mais exclusivement par des arbres utiles à l'industrie.
Il faut donc tout faire pour préserver cet écosystème unique qui est désormais le principal poumon de la planète, mais je suis à court d'arguments pour expliquer aux propriétaires brésiliens qu'il faut arrêter la déforestation pour créer des champs de soja parce que .... on l'a fait avant eux, et que désormais on a besoin de leur forêt pour survivre à notre propre polution.
Dans l'hypothèse, fort improbable, où les sculptures ne vous aient pas parlé d'elles-même, l'exposition au Trianon vous offre une seconde chance.
La mise en parallèle est on ne peut plus limpide :
Autant les photos me touchent beaucoup (voir l'excellent ouvrage "Art & révolte"), autant les sculptures me laissent assez froid. Ce doit être le côté factice ou trop retouché. J'avais d'abord vu le catalogue et le côté "fabriqué" des oeuvres m'a un peu déçu. J'aurais préféré un travail plus "brut". Mais c'est un avis personnel.
Vous découvrirez dans l'expo du Trianon les autres aspects de l'oeuvre de Krajcberg, tableaux et ombres portées, ainsi qu'une très bonne vidéo expliquant son travail.
L'entrée au parc est payante, mais voilà une des rares expos d'art contemporain où vous pourrez emmener vos enfants sans les entendre râler. En effet le parc est immense et si vous vous munissez d'un ballon de foot, ils vous foutrons probablement une paix royale.
Pour poursuivre l'aventure sur le net, je vous propose deux sites, celui, extrêmement complet, d'un fan français et celui d'un ami de Krajcberg, photo-reporter américain.











