Mardi 3 janvier 2006

Voici le film événement du moment. La presse cinéma en fait des gorges chaudes et à Paris, on y va comme à la messe.

 

Et pourtant, qu'est-ce qu'il y a derrière ? Premier film sur mai 68 ? Peut-être, mais à l'image on en voit pas grand-chose, l'Histoire est off. Trois heures de film pour 20 minutes d'histoire, n'est pas Jean Eustache qui veut. Et c'est d'ailleurs bien le souci, on ne peut s'empêcher de penser à La Maman et la Putain. L'époque, le sujet, le noir et blanc et surtout les deux acteurs masculins François et son ami (mais comment Philippe Garrel a-t-il réussi à dégoter le clone de Jean-Pierre Léaud ?) qui parlent, s'habillent et ont les mêmes répliques qu'Alexandre dans le film d'Eustache.


"La maman et la putain" de Jean Eustache"Les amants réguliers" de P. Garrel





 

 

 


On a pas ici le même talent de dialoguiste, mais certaines séquences comme  celle entre le père (Maurice Garrel) qui perd la tête en essayant d'expliquer à son petit-fils un tour de magie minable, ne sont pas sans rappeler certaines scènes absurdes de la Maman (le jeu de la grenouille au plafond, "je suis en vert et contre tout", le fauteuil du paraplégique...). 

 "La maman et la putain" de Jean Eustache"Les amants réguliers" de P. Garrel



Par ci par là, quelques scènes arrivent à nous dérider, particulièrement au travers de l'humour second degré du personnage de Nicolas Maury (Gautier). On pense notamment à la scène de danse sur "This time tomorrow" des Kinks (quelle idée géniale de faire la bande annonce avec cette unique scène !) mais aussi bien sûr à celle du délire vestimentaire dont je vous livre le texte ci-dessous :

 

Mais le problème. Enfin, je veux dire le vrai et unique problème... C'est ... résoudre la contradiction qu'il y a entre le plaisir de porter des couleurs vives et le nécessité de porter des couleurs sombres.

- Pourquoi la nécessité ?

- Parce que. Le sombre c'est beaucoup plus sayant que les couleurs vives mais c'est beaucoup moins marrant. Le choix, si tu veux, il doit se faire entre se voir soit, ou être vu. Par exemple là... Tu vois là, avec ce rouge, ce violet, ce rose, ce vert ... j'ai l'air d'un perroquet affolé.

Tandis que si j'avais ce costume, tu te rappelles là, dans la vitrine de bouquin....  en panne de velours grise.

- Ah oui ! T'as raison t'aurais l'air d'un Fragonard.




Dialogue extrêmement séduisant mais qui, là encore, n'est pas sans rappeler une certaine séquence de la Maman :

 

 

 

 

Alexandre : A propos, pourriez-vous regarder des flanelles à Londres. J'en voudrais une marron... ou bleue avec des rayures blanches. Je crois qu'il n'y a pas de secret en flanelle. C'est purement une question de prix. Si vous pouvez m'avancer l'argent. Je vous rembourserai dés que possible. Je voudrais un costume comme ça. Ce genre de costume qui fait croire à la plupart des gens qui n'y connaissent rien, que ceux qui les portent ont une élégance naturelle. Ils attribuent à la personne la distinction qui appartient au costume. Alors tout se confond, Mick Jagger et René Biaggi.

 

 

"La maman et la putain" de Jean Eustache





Comme dirait Jean-Marie, préférez l'original à la copie ! Allez voir "La maman et la putain" de Jean Eustache, le Garrel mais en mieux, beaucoup mieux....

 

 

 

 
Et vous ne devriez plus attendre beaucoup pour cela, si vous ne l'avez jamais vu. Mon petit doigt m'a dit que Marin Karmitz avait acheté les droits et sortait bientôt (1er semestre 2006) un coffret intégral Jean Eustache ! Depuis le temps qu'on l'attendait.... Enfin La maman et la putain en DVD.

par Céline & Zoso publié dans : LA NUIT AMÉRICAINE
Lundi 2 janvier 2006

L'idée de supprimer les sacs plastiques (qui mettent des siècles à se dégrader dans la nature) semble effectivement assez séduisante. Ils sont remplacés par des cabas à la durée de vie bien supérieure, échangés gratuitement dès qu'ils sont trop abîmés (j'imagine que les vieux sont alors recyclés).


On peut toutefois s'interroger sur la 2e fonction des sacs plastiques. Certes ils transportent nos courses du Monop ou de Carrouf jusqu'à la maison (fonction que les cabas remplissent mieux) mais ils servent aussi à transporter nos déchets ménagers de la cuisine jusqu'à la poubelle (fonction que les cabas ne rempliront pas pour les déchets organiques).

Dès lors, si l'on se retrouve obligé d'acheter des sacs plastiques au supermarché (transportés dans des cabas), pour vider nos poubelles, je me demande si tout ceci a bien un sens économique (pour les marchands de cabas sûrement ! ) et écologique.


Pourquoi n'impose t-on pas tout simplement les sacs biodégradables déjà existants ?

PENSÉE DU JOUR

"C'est sur ce quai-là, au 18, que mes bons parents firent de bien tristes affaires pendant l'hiver 92, ça nous remet loin. C'était un magasin de "Modes, fleurs et plumes". Y avait en tout comme modèles que trois chapeaux, dans une seule vitrine, on me l'a souvent raconté. La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C'est moi le printemps."

LFC


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Gérad MANSET

Les pamphlets de Louis Ferdinand Céline
Un homme qui dort

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