"OBOK" de GÉRARD MANSET

Publié le par Zoso

La première chose qui m'est venue à l'esprit, en écoutant "OBOK" le dernier album de notre Gégé national, c'est que j'étais totalement passé à côté du précédent "Le langage oublié" ...


Certes, ce n'est pas toujours facile de rentrer dans un album de Gérard Manset. Mais là, deux ans après je suis toujours à la porte et c'est donc avec une petite inquiétude que j'ai glissé le dernier opus dans ma platine disque.



Pendant que démarrait "L'enfant soldat", deux bonnes nouvelles s'offraient à moi.


Premièrement, une dédicace du livret de l'édition limitée  nous apprenait que Manset n'est pas l'ours qu'on nous a tant décrit. Il aime ses fans et le leur prouve à travers ces quelques mots : " Ces neuf alternatives à Obok sont destinées tout particulièrement aux fidèles d'entre les fidèles. Merci à ceux qui sont présents depuis "Animal on est mal" en passant par "Orion", "Y'a une route"..."

Merci Gégé, ceci me va droit au coeur. Pour la peine je viendrais te voir en concert la prochaine fois... (pour être tout à fait honnête, je n'étais pas né lors de la sortie d"'Animal on est mal", mais je me suis bien rattrapé depuis.)





Deuxièmement, cette même dédicace, nous annonce donc neuf alternatives, qui sont des textes explicatifs sur chacune des chansons de l'album. Et là, forcément, on ne peut se retenir de crier "Chouette !" (oui, parfois je suis assez expansif) enfin quelques explications ! Il faut dire à tous ceux qui ne sont pas familiers des textes du Gégé, qu'ils sont parfois brumeux voir peu explicites ("Camion bâché" ça parle bien du Paris-Dakar ?? Non ??).



Me voilà donc à chaque morceau en train de décortiquer d'un oeil leste le commentaire de chacun des textes que mon oreille, forcément devenue inattentive, tente d'appréhender (Si vous êtes comme moi et que vous ne savez pas faire deux choses en même temps, je vous conseille plutôt d'écouter d'abord et de lire ensuite, on y gagne certainement beaucoup !). Et là, se fut parfois une cruelle déception !


Prenons par exemple mon morceau préféré à la première écoute

"Ne les réveillez pas".

"Ne les réveillez pas

Ils sont dans leur sommeil

Comme de petits oeufs

Comme de jeunes abeilles

De simples arbrisseaux

Poussant près des fontaines

D'où naissent toutes les eaux

Toutes les rivières idem

Ne les réveillez pas

Ils sont dans leur sommeil

Un ongle de Mica"....



A première vue, difficile de savoir de quoi ça parle. Que faut-il donc laisser dormir et ne surtout pas réveiller ? Les fascistes, les staliniens, les supporters du PSG ? A coup sûr, c'est quelque chose de grave mais quoi ?

Gégé lui même nous donne la réponse :


"On était tous pompettes ; un peu... Cela se passait chez Fabien. Appartement en haut de la rue St Jacques. Fallait remonter Maubert. (...) Ce soir là j'étais reparti le dernier. dans le vestibule je devais chercher ma veste et mon écharpe (...) Réjane m'avait fait signe. C'était près de la cuisine, une petite pièce en recoin. (...) Elle a ouvert cette porte, a allumé.


Très bref.


J'ai eu le temps d'imprimer, de constater... Une sorte de cube fermé, de surface d'à peine six mètres carrés ou le petit frère et la petite soeur dormaient en chiots, affalés dans leur songe, tétine, pour l'un, couverture de doudoune pour l'autre. (...)

J'étais sonné.

Époustouflant, cette intrusion d'une brève seconde au paradis des songes.(...)

Je me suis retrouvé sur le boulevard. On ne sait comment les choses se passent, comment le miracle revient pour titiller... C'est dans le taxi que la phrase m'est venue, j'ai demandé un stylo... A peine rentré, crevé et incrédule, j'ai aligné les vingt-cinq lignes : dans la chambre lilas... ne les réveillez pas... "





Gégé... Non... Mon Gégé...


Me dis pas que "Camion bâché" ça parle vraiment du Paris-Dakar ?

 

Publié dans HANG THE DJ

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Timothée Lahary 23/12/2007 15:05

Rien de trivial dans cette anecdote, mais plutôt le fait que l'universel est tapi au sein du quotidien et du banal, et que le poète est celui qui sait voir. Et toujours un thème cher à Manset, le nouveau-né est pur, l'être de tous les possibles épargné (pour combien de temps ?), non encore perverti par l'Histoire et le monde.

zoso 20/12/2007 17:30

Oui, il est certes émouvant... mais pas très intemporel ! Il nous parle d'une anecdote absolument dénuée de tout intérêt, alors qu'on pouvait espérer un sujet tout autre.

bruno 19/12/2007 14:01

Bonjour,J'aime bien cet article que je découvre en même temps que le blog.Là où je ne comprends pas, c'est ce qui te chiffonne dans le "texte alternatif" de Ne Les Réveillez Pas. Pour ma part, je le trouve assez émouvant, finalement, ce texte.a+BB.

johannis 06/04/2007 11:28

ma différence à moi, (comme disait naguère ou plutôt jadis Julien Clerc), c'est que lors de la sortie d'Animal, j'avais 18 ans.
Dans certains cas, je suis content d'être vieux, pour au moins avoir le privilège de ce genre de souvenir.
Quand on a entendu "Sgt Pepper's" ou "Nights in White Satin" tout frais tout chaud de la galette 33 ou 45 à 17 ans, et dans la foulée "Animal" ou "On ne tue pas son prochain", et bien sûr "La Mort d'Orion, "Vivent les Hommes" ou "Caesar" (en latin) eh bien, on ne s'en relève pas tout à fait. Ou alors, différemment...
Orion... comme Sgt Pepper, un vinyle que j'ai dû racheter plusieurs fois tant je l'ai écouté...

PS : bravo pour le site, et peut-être un jour, rdv à l'Olympia

zoso 19/02/2007 13:52

c'est un peu ce que je dis aussi...
Il vaut mieux éviter de l'entendre parler !